Concert

Clermont Ferrand - Jazz en Tête - 16/10/2013

Catherine RUSSELL (Vocals) with Mark SHANE (piano), Matt MUNISTERI (guitar), Tal RONEN (bass)

Il y a des artistes que l'on rêve de voir sur scène tout en sachant que c'est tout à fait improbable. C'est le cas de Catherine Russell qui se fait très rare en Europe, mais dont je guette chaque nouveau disque avec gourmandise, tant j'aime sa musique. Il faut dire qu'elle a de qui tenir. Son père, Luis Russell, pianiste, compositeur et chef d'orchestre, fut le dernier directeur musical de Louis Armstrong. Sa mère, Carline Ray, chanteuse et bassiste fut une pionnière du Jazz vocal. La jeune Catherine devint donc tout naturellement chanteuse. Elle fut d'abord choriste, pendant des années, (Paul Simon, Steely Dan, Jackson Browne...) avant de débuter sa carrière solo en 2006. Depuis, elle enchaine les succès, saluée par la critique et le public, et les récompenses. La dernière en date, le grand prix de l'Académie du Jazz (catégorie Jazz Vocal pour l'album Strictly Romancin'). Absente de la proclamation du palmarès, le 15 janvier dernier, elle n'avait pu recevoir son trophée. Il lui a donc été remis à Clermont, en prélude au concert, par le critique Pierre De Chocqueuse, par ailleurs Secrétaire Général de l'Académie du Jazz. Ce dernier est un inconditionnel de "Jazz en Tête" qu'il considère comme le meilleur festival de l'hexagone (un peu éxagéré, peut-être !). Ceci étant, je vous invite à vous abonner à son Blog http://blogdechoc.over-blog.com/ dans lequel vous trouverez son compte rendu de "Jazz en Tête".

Pour en revenir au concert, commençons par le seul bémol de la soirée, un méchant coup de froid attrapé dans l'avion, voilait légèrement la voix de Catherine Russell et l'handicapait un peu dans les aigus. Ceci mis à part, ce fut un vrai régal. Dans son style, un Jazz - Blues très classique, elle est sans conteste la meilleure. Superbe voix, pleine de swing et d'émotion, répertoire choisi avec soin, sont sa marque de fabrique. Sa gentillesse et sa spontanéité sont évidentes. Elle raconte l'histoire de chaque chanson. "Lucille", par exemple, ce morceau a été composé en 1961 par son père Luis pour Lucille, la femme de Louis Armstrong. La demo avait été enregistrée par sa mère Carline mais Armstrong ne l'a jamais chantée. Carline l'a donc finalement enregistrée en 2011, à l'âge de 86 ans et Catherine l'interprète aujourd'hui, avec beaucoup d'âme, en mémoire de sa mère décédée en juillet dernier.
Catherine Russell est entourée par un trio de grande qualité, le jeune Tal Ronen à la contrebasse, l'excellent guitariste Matt Munisteri qui est également son directeur musical. Et enfin, Mark Shane au piano, dont le jeu s'accorde parfaitement à l'univers musical de Catherine Russell. Un vrai beau et grand concert (voir plus de photos et une video en bas de page)

  

Parmi les titres interprétés :
Ev'ntide - Romance In The Dark - Under The Spell Of The Blues - Wake Up And Live
I Let A Song Go Out Of My Heart - Everybody Loves My Baby - As Long As I Live
Lucille - Kitchen Man - I'm Ckeckin' Out, Goom' bye - Don't Leave Me

Gonzalo RUBALCABA

J'avais découvert le pianiste Cubain Gonzalo Rubalcaba, en 1991, avec l'album "The Blessing". Depuis, j'avoue avoir un peu perdu de vue sa carrière.
Sa prestation, en solo, en première partie de Catherine Russell, était une bonne occasion de le redécouvrir. Mon sentiment à l'issue de ce concert est un peu mitigé. Gonzalo Rubalcaba est d'évidence un virtuose du piano, au superbe doigté. Au fil du temps, l'héritage musical Afro-Cubain s'est estompé au profit de la musique moderne Française (Debussy) dont il est un grand admirateur. Sa musique s'adresse plus à notre intellect qu'à notre coeur. Elle a besoin d'être écoutée et réécoutée pour être comprise et appréciée et, au final, je crois qu'elle se prête mieux au disque qu'à la scène. Musicien très introverti, il ne communique pas avec le public d'où une certaine frustration. En rappel cependant, sa version du standard "All The Things You Are" nous a ramenés vers des territoires plus familiers.

Concerts à venir

A inscrire dans vos agendas, la merveilleuse chanteuse Sud-Coréenne Youn Sun Nah se produira à Niort, au Moulin du Roc, le 04 février 2014 et à "la 2Deuche" à Lempdes (près de Clermont Ferrand), le 12. Indispensable ! ! ! A noter également, le trompettiste Ibrahim Maalouf au Sémaphore, à Cébazat (toujours près de Clermont), le 08 mai 2014.

Bad News

Lou REED : 2 mars 1942 - Brooklyn / 27 octobre 2013 - Long Island

 

Lou Reed & Nico

Le 21 octobre dernier, je regardais l'excellente émission "Classic Albums" sur la chaine "Toute l'Histoire". Elle était consacrée à "Transformer", l'album phare de Lou Reed et je me disait qu'il faudrait que je vous parle de lui dans une prochaine Newsletter. La mort a été plus rapide que moi puisque Lou Reed est décédé le 27 octobre. J'avais eu la chance de le voir sur scène, dans les années 70, dans l'une des plus prestigieuses salles de concert du monde, l'Hammersmith Odeon de Londres. C'était l'époque de "Rock n' Roll Animal" et l'artiste était à son apogée. C'est un de mes grands souvenirs de concert. Difficile de résumer son incroyable carrière en quelques lignes. En 1965, il forme le groupe "Velvet Undergroung" avec John Cale, Sterling Morrison, Moe Tucker et épisodiquement, Nico. Ils rencontrent le peintre et père du "Pop Art", Andy Warhol qui sera leur producteur et ils deviennent des habitués de sa légendaire "Factory" New-Yorkaise, une sorte de capharnaüm rassemblant les artistes mariginaux de l'époque. En 1966, le Velvet publie sont premier album "The Vevet Underground And Nico" qui contient des titres fameux comme "I'm Waiting For The Man" ou "Heroin".

 

En 1970, Lou Reed quitte le Velvet et après avoir mis sa carrière en sommeil, il se lance dans une aventure en solo, en 1972. S'en suivront des albums qui marqueront l'histoire du Rock. "Transformer" en 1972, "Berlin" en 1973, "Rock'N'Roll Animal" en 1974 et "Lou Reed Live" en 1975. Lou Reed était le poète des bas-fonds, des paumés, du monde interlope de la nuit, du "Wild Side". Ses textes parlaient de sexe, de drogue, d'alcool, tout ce qui avait fait une bonne partie de sa vie, en somme. Il a créé un véritable courant musical novateur et inspiré de nombreux artistes (David Bowie, Mott The Hoople, Iggy Pop, Brian Eno, Mark Bolan, The New York Dolls...). Après une vie sentimentale tumultueuse, il s'était marié en 2008 avec Laurie Anderson, pionnière de la musique électronique expérimentale et dont le titre le plus connu est "Oh Superman", sorti en 1981.

Lou, Walk Now On The Peaceful Side !

Livres

Owen MARTEL - Intermède

Le 25 juin 1961, le trio de bill EVANS enregistre deux albums Live * "Sunday At The Village Vanguard" et "Waltz For Debbie" **. Aux côtés du pianiste, on retrouve le batteur Paul Motian et le bassiste Scott LaFaro. Ce dernier, âgé de 25 ans, se tuera quelques semaines plus tard, le 6 juillet, dans un accident d'automobile. Il revenait du Newport Jazz Festival où il avait accompagné Stan Getz. Bill Evans qui venait de trouver en la personne de Scott LaFaro, le "bassiste idéal" qu'il recherchait, mais aussi un véritable ami fut profondément affecté par son décès. Il mis alors sa carrière entre parenthèses pendant plusieurs mois. C'est cet "intermède" que raconte Owen Martell dans ce très beau roman qui ravira les amateurs de Jazz et leur donnera envie de réécouter le trio de Bill Evans.

Scott LaFaro - Bill Evans - Paul Motian

* Ces deux albums ont été réunis dans un superbe coffret de trois CD qui restituent l'intégralité des trois sets du trio, au Village Vanguard, ce 25 juin 1961. Cet enregistrement, qui devrait figurer dans toutes les "Jazzothèques", est l'un de mes préférés, toutes époques et tous genres confondus.

** Voir "Les News 2011" au sujet de "Waltz For Debbie".

Remember !

Il y a cinquante ans, le 22 novembre 1963, le président John Fitzgerald Kennedy était assassiné, à Dallas. Quel rapport avec le Jazz me direz-vous. Et bien, voici l'histoire. Au moment de l'élection de Kennedy, le pianiste Hampton Hawes était emprisonné à Dallas où il purgeait une peine de 10 ans pour traffic de drogue. Il vit dans l'élection du président démocrate une chance minime mais unique de solliciter une grace présidentielle. Il constitua alors son dossier et l'adressa à la Maison Blanche. Contre toute attente, il fut gracié le 16 août 1963, soit 98 jours avant l'attentat de Dallas. Hampton Hawes put alors reprendre sa carrière, jusqu'à son décès en 1977. Il n'eut cependant plus jamais le succès qu'il avait connu, pendant l'ère "Be Bop", dont il était l'un des meilleurs stylistes.

L'autobiographie de Hampton Hawes, "Lâchez-moi" (titre original "Raise Up Off Me"), est enfin disponible en Français (13E Note Editions). C'est un témoignage unique sur le milieu du Jazz des années 50 et 60.

Une photo, une histoire

New York  - High Line - 23 août 2013

Les Water Tanks (citernes d'eau) jalonnent les sommets des immeubles de New York. Il y en aurait près de 15 000, installés sur les toits depuis le 19e siècle. Leur fonction est double. Ils permettent d'obtenir une pression suffisante pour alimenter en eau les étages élevés des immeubles New Yorkais. Ils sont aussi utilisés comme réserves d'eau en cas d'incendie. Et si c'était eux les vrais symboles de "Big Apple" ?

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