Disques

Catherine RUSSELL / Bring It Back

Ce 5e album de la merveilleuse chanteuse Catherine Russell est placé sous le signe de l'héritage. Celui de son père, Luis Russell, directeur musical de Louis et Armstrong et celui de sa mère, Carline Ray, elle-même chanteuse. Les 13 titres de l'album sont consacrés à quelques perles de l'âge d'or du Swing et du Blues. Une mention particulière pour "Lucille", composé par son père pour Lucille, la femme de Louis Armstrong et qu'elle interprète en hommage à sa mère, Carline, décédée en juillet 2013. Indispensable !
 
"Nobody in the band is copying anyone, they all have their own styles and forms of expression. The whole thing we're trying to do is find ourselves in this music. I won't be Ella, Dinah, Sarah, Peggy. I won't be them. So I have to find my own way to tell these stories."
Catherine Russell

Flying Home

Jean Michel Proust (Saxophone Tenor) - Armel Amiot (Guitare) - Oscar Marchioni (Orgue Hammond) - François Laudet (Batterie) - Sydney Haddad (Percussions)

Ce quintet constitué autour de l'excellent saxophoniste Jean-Michel Proust et du non moins talentueux guitariste Armel Amiot publie ce "Flying Home", disque hommage au Jazz des années 40 et à l'une de ses figures emblématiques, le saxophoniste Illinois Jacquet. Tour à tour bluezy ou débordant d'énergie, Le quintet signe un grand disque qui vient, à point nommé, nous rappeler que l'héritage des géants du Jazz doit rester vivant. Il serait dommage de passer à côté de ce disque qui réjouit l'esprit et donne des fourmis dans les jambes.

Le disque est disponible en magasin et sur les plate-formes légales de téléchargement habituelles. A noter toutefois qu'on le trouve aussi en téléchargement "audiophile" sur Quobuz. Il s'agit de la qualité Audio Master, c'est à dire la même qualité de son que celle avec laquelle le studio mastering a finalisé l'album.

http://www.qobuz.com/album/flying-home-armel-amiot-jean-michel-proust/3610153981087

Quelques mots sur Flying Home, le morceau qui donne son titre à l'album. Il a été composé en 1939 par Benny Goodman et Lionel Hampton pour la musique, et Sid Robin pour les paroles. La version la plus connue a été enregistrée en 1942 par le Big Band de Lionel Hampton. Sa notoriété est due au formidable solo du saxophoniste Illinois JACQUET, alors âgé seulement de 19 ans, qui est considéré comme un modèle du genre par les spécialistes du Jazz de cette époque. Le morceau est ensuite devenu « l’indicatif » de l’orchestre de Lionel Hampton. Voici ce que dit la légende : en 1939, Lionel Hampton n’a pas encore son propre orchestre et il joue du vibraphone dans celui de Benny Goodman. Un engagement à Atlantic City les obligent à s’y rendre en avion depuis Los Angeles. C’est la première fois que Lionel Hampton prend l’avion. Il n’est pas très rassuré et pour s’occuper l’esprit, il commence à composer un morceau. Quand Goodman l’interroge sur ce qu’il est en train de composer, il lui répond « Flying Home ». Ce titre lui est vraisemblablement dicté par son envie de rentrer chez lui. Le soir même, ils jouent le morceau sur scène !

Académie du Jazz

L'Académie du Jazz, présidée par François Lacharme, a décerné ses prix 2013 lors d'une cérémonie au théâtre du Chatelet, le 14 janvier dernier.

Parmi les lauréats, on retiendra Vincent Peirani, prix Django Reinhardt (musicien de l'année), Eddie Daniels & Roger Kellaway, grand prix de l'académie (meilleur disque de l'année) et Cécile McLorin Salvant, prix du Jazz vocal.

Livre

Françoise SAGAN / Avec mon meilleur souvenir

 

 

Au travers des 10 nouvelles qui composent ce petit livre, Françoise SAGAN évoque les gens et les choses qu'elle aime. La vitesse, le jeu, le théâtre, Orson Welles, Tennessee Williams, Jean-Paul Sarte et ... Billie HOLIDAY. En quatorze pages, elle parle de son admiration et de son amitié pour "Lady Day". Leur première rencontre a lieu, au milieu des années cinquante, dans le Connecticut où Billie, interdite de scène à New York, se produit. Les deux femmes sympatisent immédiatement. Elles se voient quotidiennement pendant quinze jours où plutôt quinze nuits chez le guitariste Eddie Condon. En 1958, elle se rencontrent une dernière fois à Paris. Billie est très diminuée et Françoise Sagan écrit : "C'était Billie Holiday et ce n'était pas elle, elle avait maigri, elle avait vieilli, sur ses bras se rapprochaient les traces de piqûres. Elle chantait les yeux baissés, elle sautait un couplet. Elle se tenait au piano comme à un bastingage par une mer démontée. Les gens qui étaient là l'applaudirent fréquemment, ce qui lui fit jeter vers eux un regard à la fois ironique et apitoyé, un regard féroce en fait à son propre égard". Avant de repartir, Billie lui confie "I am going to die very soon in New York, between two cops" (je vais bientôt mourir à New York, entre deux flics). En mai 1959, Billie est à nouveau arrétée pour possession de drogue. Elle souffre par ailleurs d'une cyrrhose du foie et de troubles cardiaques. Elle est conduite au Metropolitan Hospital où sa chambre est gardée par la police ! Elle s'éteint le 17 juillet 1959.

 

 

Bad News

Paco De LUCIA (1947 - 2014)

Dispartion le 26 février, à l'âge de 66 ans, du guitariste Espagnol Paco De Lucia. Formé à l'école du Flamenco dont il était un maître, il a ensuite élargi sa palette vers la musique classique (Manuel De Falla, Joaquin Rodrigo) et vers le Jazz qui lui a permis de décourir le monde de l'improvisation. En 1981, il connait un succès mondial, aux côtés de ses complices John McLaughlin et Al Di Meala, avec le disque "Friday Night In San Francisco", enregistré en Live. C'est grace à cette interaction des cultures qu'il aura largement contribué au renouveau du Flamenco traditionnel, "une musique qui était sur le point de finir dans le musée de l'hstoire musicale", comme il le disait lui-même.

Ce n'est pas du Jazz, mais

Marty ROBBINS / The Songs Of Robbins

Les spécialistes de la musique "Country And Western" s'accordent pour considérer, à juste titre d'ailleurs, que Marty Robbins (1925 - 1982) est l'un des meilleurs dans ce genre musical. Pour le découvrir, voici l'album "The Song Of Robbins", enregistré en 1957. On y retrouve quelques grands classiques, interprétés dans un style qu'on peut définir comme une synthèse entre Hank Williams et Elvis Presley. Robbins a mené de front sa carrière de chanteur et celle de pilote de NASCAR (35 courses, principalement sur les "Super Speedway"). Entre 1956 et 1984, il a enregistré pas moins de 52 albums dont les meilleurs, à mon sens outre celui-ci, sont "Gunfighter Ballads And Trail Songs" et "Devil Woman". Beaucoup de musiciens revendiquent l'héritage de Marty Robbins. Le "Grateful Dead" a enregistré l'une de ses plus célèbres compositions, "El Paso" et plus surprenant, Pete Townsend, le guitariste des Who, a écrit en hommage à Marty, la chanson" God Speaks Of Marty Robbins" qui figure sur l'album "Endless Wire". Peu de temps avant sa mort, Marty Robbins fit une dernière apparition dans le film de Clint Eastwood "Honkytonk Man".

 

Un morceau, une histoire

Mbube

Raconter l'histoire de cette chanson, c'est aussi une façon de rendre un dernier hommage à Pete Seeger dont je vous annonçais la disparition, le mois dernier.

Mbube ("le lion" en langage Zoulou) a été composé par le chanteur Sud Africain, Solomon Linda. Il l'a enregistré en 1939 avec son groupe "The Evening Birds". Tombée dans l'oubli, la chanson est redécouverte au début des années cinquante par l'ethnomusicologue Alan Lomax qui la fait entendre à Pete Seeger. Celui-ci l'enregistre en 1952 avec "The Weavers" sous le titre "Wimoweh" (une déformation du mot "Uyimbube" qui signifie "tu es un lion"). On la retrouve sur plusieurs enregistrements "Live" de Pete Seeger et l'on est toujours impressionné par la capacité qu'il avait, seul avec son banjo, à faire chanter des foules entières.

En 1961, le groupe "The Tokens" en fait un succès mondial avec sa version intitulée "The Lion Sleeps Tonight". De nombreuses autres versions ont été gravées dont celle d'Henri Salvador sous le titre "le lion est mort ce soir".

En 2006, les héritiers de Solomon Linda ont intenté (et gagné) un procès contre le studio Disney, l'accusant d'avoir empoché 1,6 millions de dollars grâce à la version figurant dans le film "Le Roi Lion".

High Tech

Application Google Sky Map

Par une nuit bien claire, regarder le ciel, c'est fascinant mais quel dommage de ne pas savoir identifier étoiles, planètes et autres constellations. Heureusement, voici "Google Sky Map" à télécharger sur vos smartphones et tablettes. Vous ouvrez l'application et grace à la géolocalisation, elle vous indique, en temps réel, le nom de tous ces points lumineux qui parsèment le ciel. Magique !

Une photo, une histoire

Inde - Rajasthan - 25 mai 2004

2004, c'est l'année de mon premier appareil photo numérique. Encore peu répandu en Europe, le numérique est inexistant en Inde. Les habitants du Rajasthan aiment être pris en photo et quand ils réalisent qu'on peut voir l'image juste après qu'elle ait été prise, ils sont fascinés et tout le voisinage défile devant l'objectif. Le plus difficile, leur faire comprendre que je ne peux pas leur donner la photo !

Les News 2014 - Mars
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