Merry Christmas !

Les fêtes de fin d'année approchent, les cadeaux aussi. Une bonne occasion de faire plaisir ou de se faire plaisir. Le Jazz vocal est à la mode et chaque semaine ou presque, on nous vante le talent de la "pseudo nouvelle grande voix du Jazz" mais il ne s'agit souvent que de Marketing. Aussi, il est parfois nécessaire de revenir aux fondamentaux. C'est pourquoi je vous propose 12 albums, anciens ou modernes, que j'aime particulièrement. Il s'agit évidemment d'un choix totalement subjectif.

       

Chris Connor / Sings Lullaby Of Birdland (1954) - Premier album entregistré sous son nom par Chris Connor après qu'elle ait quitté l'orchestre de Stan Kenton. Sa voix suave fait merveille, en particulier sur "Lullaby Of Birdland" et "Gone With The Wind".

Anita O'Day / Pick Yourself Up (1956) - Inimitable Anita, timbre rauque et swing à revendre. Et puis, on garde en mémoire l'image devenue mythique de l'artiste chapeautée et gantée, sur la scène du Newport Jazz Festival 1958. 

                   

Ella Fitzgerald / Ella In Berlin (1960) - Ella au meilleur de sa forme vocale avec un "Mack The Knife" devenu légendaire (elle oublie les paroles, alors, elle improvise !).

Les Doubles Six / The Double Six Of Paris (1961) - Comment évoquer le Jazz vocal sans citer ces géniaux précurseurs qu'étaient les Double Six. Ecoutez leur version de "For Lena And Lennie" de Count Basie.

       

Sarah Vaughan / Sassy Swings The Tivoli (1963) - Dotée d'une tessiture vocale exceptionnelle, "Sassy The Divine" était aussi à l'aise dans les ballades que dans les impros "Bop" comme en témoigne ce Live, enregistré à Copenhague.

Frank Sinatra / At The Sands (1966) - Sur cet album Live enregistré au Sands Hotel & Casino de Las Vegas, "The Voice" est accompagné par le Count Basie Orchestra avec Quincy Jones à la baguette. Plusieurs plages de ce disque sont devenues des versions de référence (I've Got You Under My Skin, Fly Me To The Moon ...).

       

Blossom Dearie / Blossom Time At Ronnie Scott's (1966) - Une artiste indispensable qui a apporté une contribution majeure à l'évolution du Jazz vocal moderne.

Manhattan Transfer / Vocalese (1985) - Le groupe New Yorkais s'est parfois égaré aux limites de la variété mais il reste cependant une formidable machine à swinguer ("Airegin", par exemple). A écouter également, la version Live de "Vocalese", enregistrée en 1986 au Japon. En préparant cette Newsletter, j'ai appris une bien triste nouvelle. Le fondateur et leader de Manhattan Transfer, Tim Hauser, est décédé le 16 octobre dernier, à l'âge de 72 ans.

                      

John Pizzarelli / The Rare Delight Of You (2002) - Injustement sous estimé, le chanteur et guitariste au swing élégant nous propose une belle rencontre avec George Shearing.

Youn Sun Nah / Same Girl (2010) - LA grande voix de notre époque. Elle sait tout chanter, dans tous les registres et dans tous les styles. Magique !     

       

Cécile McSorin Salvant / Woman Child (2013) - Le monde du Jazz a été absolument estomaqué par le premier album de la jeune chanteuse Franco-Américaine. Pourvu qu'elle confirme !

Catherine Russell / Bring It Back (2014) - Si vous aimez le Jazz classique teinté de Blues, alors ne passez pas à côté de Catherine Russell, c'est la meilleure dans ce style.

    

             Anita O'Day - Newport 1958

Disques

Nguyên LE / Celebrating The Dark Side Of The Moon

Dans les News de septembre, j'évoquais "The Great Gig In The Sky" de l'album "The Dark Side Of The Moon" de Pink Floyd. Ce disque revient en pleine actualité avec le dernier enregistrement du guitariste Nguyên Lê. Après "Purple" (2002) consacré à Jimi Hendrix et "Songs Of Freedom" (2011) dans lequel il reprenait quelques grands classiques de la Pop des années 70, il s'attaque donc au chef d'oeuvre du Floyd. J'aborde toujours ce genre de disque avec curiosité, mais aussi, avec une certaine méfiance, tant le risque d'être déçu est grand. Pourtant, dès la première écoute, on est ébloui par cet enregistrement véritablement enchanteur qui n'est ni un hommage, ni une imitation, mais une véritable oeuvre créatrice. Nguyên Lê s'est entouré de l'arrangeur Michael Gibbs, du NDR Big Band et de quelques invités, dont Youn Sun Nah pour les parties vocales (un "Breathe" absolument magique). Les dix titres de l'album du Floyd sont complétés par cinq compositions originales qui se fondent dans l'ensemble et contribuent à lui donner une véritable identité. Un disque indispensable avec cependant un petit regret. L'interprétation de "The Great Gig In The Skyest instrumentale. J'aurais pourtant vraiment aimé entendre Youn Sun Nah dans l'improvisation de Clare Torry.

Sinne EEG / Face The Music

Au début de cette Newsletter, j'ironisais sur les "voix marketing". Heureusement, l'actualité musicale nous propose encore de belles choses. Certes, Sinne Eeg n'est pas encore entrée dans le Panthéon des vocalistes mais ce 6e album la situe au niveau des toutes meilleures "vraies" chanteuses de Jazz. J'avais déja été séduit par ses deux précédents disques "Remembering You(2010) et "Don't Be So Blue" (2011) et ce "Face The Music" ne fait que renforcer ce sentiment. Quelle voix ! Juste, nuancée, pleine de feeling, que ce soit sur les reprises ou sur ses excellentes compositions originales. A noter, une étonnante version de "Caravan" en duo voix / contrebasse.

Susie ARIOLI / Christmas Dreaming

Tous les Jazzmen y sont passés, le "Christmas Album" est un incontournable. J'apprécie particulièrement Susie Arioli en dépit des commentaires souvent mitigés des critiques de Jazz. Son "Christmas Dreaming" est une vraie réussite avec ses accents Jazz mais aussi Manouche et Country. La chanteuse est bien entendu accompagnée par le fidèle et excellent Jordan Officer à la guitare. Cà va swinguer sous les sapins !

The James BOND Sextet / The James Bond Songbook (1965)

Quand on est Jazzman et qu'on porte une tel nom, comment ne pas revisiter les musiques des films du héros de Ian Fleming. Voici donc des reprises fort réjouissantes des thèmes du plus célèbre des agents secrets dans un style, très West Coast, qui n'est pas sans rappeler le Quintet de Cannonball Adderley. Jimmy "James" Bond (basse) est ici accompagné par quelques pointures Californiennes : Buddy Collette (Saxophone et Flute), Harold Land (saxophone), Bobby Bryant (trompette), John Guarin (Batterie) et Joe Parnello (piano) qui fut par ailleurs le directeur musical de Franck Sinatra dans les années 80.

Ce n'est pas du Jazz, mais ...

Luzmilia CARPIO / Yuyay Jap'ina Tapes

Luzmila Carpio est née en 1954 à Kala Kala, un petit village perché à 3 294 mètres d'altitude, dans la Cordillière des Andes Bolivienne. Depuis sa plus tendre enfance, elle chante en Quechua, sa langue natale, pour les plantes et les oiseaux, d'une voix cristalline, presque enfantine. Dans les années 90, elle a enregistré, avec le concours de l'Unicef, quatre cassettes destinées à faire connaitre la musique Andine. Elle explique : "Jusqu'alors, on cachait notre culture, notre langue, nos chants : le résultat de cinq siècles de conquête Espagnole. Ces cassettes ont été distribuées gratuitement à la population, et en particulier aux femmes, souvent illettrées. Il y a eu un effet très positif, les gens ont commencé à relever la tête, à s'organiser pour l'alphabétisation". Ce disque rassemble un "Best Of" de ces cassettes, une musique déroutante pour nos oreilles Européennes mais pourtant simplement belle.

Un morceau, une histoire

Bernice PETKERE / Close Your Eyes

"Close Your Eyes" a été écrit en 1933 (paroles et musiques) par la compositrice Américaine Bernice Petkere. Elle était surnommée "The Queen Of Tin Pan Alley" par Irvin Berlin. Cette expression qui signifie "l'allée des casseroles en métal" était le nom donné, à New York, à la 28th Street West où on retrouvait la plupart des éditeurs musicaux. Parmi les compositeurs les plus renommés de Tin Pan Alley, on peut citer Hoagy Carmichael, George Gershwin, Irvin Berlin, Jerome Kern, Johnny Mercer ou Cole Porter. On doit le premier enregistrement de "Close Your Eyes" au chef d'orchestre Anglais Ray Noble mais le morceau connut véritablement le succès avec la version de Lee Konitz en 1956.

Bien sûr, beaucoup de belles versions, à commencer par celle de Kurt Elling sur l'album éponyme en 1995.

En voici quelques autres que j'aime particulièrement :

- Oscar Peterson " The Jazz Soul Of Oscar Peterson" (1959)

- Doris Day "Duet With André Previn" (1962)

- Harry "Sweets" Edison "Jawbreakers" (1962)

- Keith Jarrett "At The Blue Note" (1994)

- Stacey Kent "Close Your Eyes" (1997)

- Catherine Russel "Inside The Heart Of Mine" (2010)

Wayfaring Stranger

"Wayfaring Stranger", aka "Poor Wayfaring Stranger" (L'étranger qui voyage à pied) est une chanson Folk traditionnelle Américaine qui date du début du 19e siècle. Elle a été popularisée en 1940 par le chanteur Burl Ives qui en a fait le nom de son émission de radio et le titre de son autobiographie. C'est pourquoi, on lui en attribue souvent la paternité alors que son auteur est en fait inconnu. C'est une très belle chanson, plutôt fataliste, sur l'errance et le désespoir. Quelques très bonnes versions que je vous suggère d'écouter :

- Bill Smith Quartet feat. Jim Hall "Folk Jazz" (1959)

- Helen Merril "Sings Folk" (1966)

- Pete Seeger "American Favorite Ballads Vol. 1" (1969)

- Emmylou Harris "Roses In The Snow" (1980)

- Liz Mc Comb "Olympia Live" (1988)

- Doc & Merle Watson "Remembering Merle " (1992)

- Eva Cassidy "Eva By Heart" (1997)

- Johnny Cash "American III - Solitary Man" (2000)

- Neko Case "Live From Austin Tx" (2003)

- Eric Bibb "Booker's Guitar (2010)

On peut aussi entendre "Wayfaring Stranger" dans deux grands films, La Conquête de l'Ouest (How The West Was Won), le Western épique sorti en 1962 et dans Retour à Cold Mountain (Cold Mountain) en 2003, dans lequel elle est interprétée par Jack White.

Jazz Magazine

Jazz Magazine fête ses soixante ans. A l'initiative de cette "bible du Jazz", Nicole Barclay qui persuada son mari de créer, en 1954, cette revue devenue tellement indispensable. Quelques mois plus tard, elle fut reprise par Franck Tenot et Daniel Filipacci et depuis lors, chaque mois, nous attendons avec impatience notre nourriture Jazzistique. Ce numéro double, passionnant et que je vous recommande, annonce une ère nouvelle. Dès février, vous retrouverez une formule nouvelle avec une version digitale pour tablette, puis une appli pour smartphone. Ainsi, tradition et modernité continueront de former un couple intemporel.

Livre numérique - Rappel

Dans la Newletter de novembre, je vous ai parlé du livre numérique de Nicolas Rabel consacré à Joe Maini. Pour quelques Euros, soutenez cette initiative innovatrice !

http://www.ideo-libris.com/

Une Photo, une histoire

Madison - Wisconsin - 7 septembre 2006

La Cow Parade (Vach'Art en Français) est un concept d'exposition publique gratuite qui a vu le jour à Chicago, en 1999. Les vaches en fibre de verre sont livrées blanches puis décorées par les artistes locaux des villes où elles sont exposées. On estime que plus de 250 millions de personnes les ont vues à travers le monde. Après chaque exposition qui dure plusieurs mois, les vaches sont vendues aux enchères, au profit d'associations caritatives.

Celle-ci, décorée de flocons de neige est intitulée "Wisconsin Winter" et on la doit à l'artiste Dominica Glass. Elle faisait partie de l'exposition qui s'est tenue dans le centre de Madison, en 2006, les vaches étant disposées tout autour du capitole. 

Ed Paschke - "Minnie" - Art Institute Of Chicago - 10 Septembre 2006

Ed Paschke - "Minnie" - Art Institute Of Chicago - 10 Septembre 2006

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