Happy New Year !

Mes disques de l'année 2014

Aujourd'hui, on achète malheureusement de moins en moins de disques, et puis, les temps sont difficiles ! Aussi, je ne retiendrai dans cette sélection que 3 disques qui ont marqué mon année 2014 et que vous avez eu, ou aurez, plaisir à écouter.

  

Catherine Russell / Bring It Back - un disque jubilatoire, pétri de Swing.

Peirani & Parisien / Belle Epoque - Quand deux musiciens aussi talentueux se retrouvent autour de Sydney Bechet, cela donne un disque d'exception.

Stéphane Kerecki Quartet / Nouvelle Vague - Jazz et nouvelle vague cinématographique sont intimement liés. Ce disque est bien mieux qu'un hommage, c'est une cure de jouvence.

Disques

Fred HERSCH Trio / Floating

 

 

Le nouvel opus de Fred Hesch aurait évidemment eu sa place dans "les disques de l'année 2014" mais je viens tout juste de l'écouter et avec quel plaisir ! L'album débute par un standard "You And The Night And The Music" et se termine avec un morceau de Thelonious Monk "Let's Cool One". Entre les deux, sept compositions originales pour la plupart sous forme de dédicaces, "Arcata" pour Esperanza Spalding, par exemple. Comme toujours chez Fred Hersch, on retrouve ici sa sensibilité et son toucher qui en font un artiste unique.

Peg CARROTHERS / Edges Of My Mind

 

Sur ce Blog, on connait bien et on adore Bill Carrothers. Bill est un musicien prolifique. En revanche, son épouse Peg se fait plus discrète. Son précédent et premier album "Blue Skies" date de 1999. Depuis, elle a cependant collaboré à plusieurs projets de Bill dont l'excellent "Sunday Morning" paru l'an dernier. Avec "Edges Of Mind", elle nous propose un album d'une grâce infinie dans lequel, outre une composition personnelle, elle reprend en se les appropriant des morceaux aussi différents que "Once Upon A Summertime" de Michel Legrand ou "Sympathy For The Devil" des Rolling Stones ! Sa voix fraiche et aérienne installe une athmosphère qui nous envoute littéralement. Elle est superbement soutenue par Bill (piano), Dean Magraw (guitare et banjo), Billy Peterson et Gordy Johnson (contrebasse). Un disque absolument indispensable.

 

Ran BLAKE / Cocktails At Dusk : A Noir Tribute To Chris Connor

 

Plus de cinquante ans après son duo mythique avec Jeanne Lee, le pianiste Ran Blake rend ici hommage à son amie Chris Connor, décédée en 2009. Que ce ce soit sur les plages en solo ou sur celles en duo avec Rick Ford (saxophone Tenor) ou avec la chanteuse Laika Fatien, cet album est un véritable enchantement. Ran Blake ne se contente pas de réinterpréter les titres les plus fameux du répertoire de Chris Connor dans une sorte de "Best Of", il leur apporte sa propre couleur. Et puis, il a Laika Fatien que je connaissais mal et qui est proprement époustouflante dans un "All About Ronnie" de haute volée. Un disque qui se savoure avec délectation.

Ce n'est pas du Jazz, mais !

Gene PARSONS / Kindling

Multi instrumentiste (batterie, guitare, banjo, harmonica), Gene Parsons est surtout connu pour avoir été le "Drummer" des Byrds et des Flying Burrito Brothers. Il a enregitré "Kindling" en 1973, juste après la séparation des Byrds, un album aux teintes Country Folk. A noter sa remarquable version de "Willin", le morceau de Little Feat, également très bien interprété par Linda Ronstadt sur l'album "Heart Like A Wheel". A son sujet, une bien triste nouvelle puisqu'elle a elle-même annoncé qu'elle ne chanterait plus jamais. L'égérie de la Pop Californienne des années 70, âgée de 68 ans, est atteinte de la maladie de Parkinson. "Personne ne peut chanter avec la maladie de Parkinson, quels que soient les efforts que vous faites". Le 28 juillet 2014, Barak Obama lui a remis la médaille des Arts et Lettres.

        

Un morceau, une histoire

Art Blakey & The Jazz Messenger / Moanin'

Les Jazz Messengers ont été fondés en 1953 par Art Blakey et Horace Silver. Ce dernier a quitté le groupe en 1956 et ensuite, pendant plus de trente ans, Blakey a dirigé cet orchestre qui a été un formidable templin pour des générations de jeunes musiciens. On dit souvent de lui qu'il était "la définition même du Hard Bop" et ce disque en est la meilleure illustration. Enregistré en 1958 pour Blue Note, il réunit autour de Blakey (batterie), Benny Golson (saxophone), Bobby Timmons (piano), Jymie Merritt (contrebase) et Lee Morgan (trompette). Le morceau qui donne son titre à l'album, "Moanin'" (gémissements), composé par Bobby Timmons, est devenu l'un des thèmes emblématiques du Hard Bop, tant il est représentatif de ce style. Sur l'album figure également "Blues March" qui deviendra l'indicatif des Jazz Messengers.

J'ai eu la chance de les voir sur scène le 16 novembre 1985 et je garde le souvenir impérissable de l'arrivée surréaliste des Messengers, dans leurs costumes impeccables, sous le chapiteau dressé pour l'occasion sur le campus pluvieux de l'université de Clermont Ferrand. Parmi les musiciens que Blakey venait d'intégrer dans l'orchestre, on retrouvait ce soir là, Terence Blanchard (trompette), Jean Toussaint (saxophone tenor), Donald Harrison (saxophone alto), Mulgrew Miller (piano) et Lonnie Plaxico (contrebasse) !

Spirit / Nature's Way ((1970)

Qui se souvient encore aujourd'hui de "Spirit", groupe emblématique du Rock psychédélique Californien des années 60 - 70 ? Spirit a été fondé en 1967 par le guitariste et chanteur Randy California et a été un acteur phare de ce mouvement, au même titre que "Grateful Dead", "Jefferson Airplaine", "Quicksilver Messenger Service" ou "It's A Beautiful Day". En 1970, le groupe publie l'album "Twelve Dreams Of Dr Sardonicus" sur lequel figure "Nature's Way", un morceau dans lequel l'harmonie des voix est particulièrement mise en valeur. On pense à Neil Young, mais aussi aux Fleet Foxes.

       

Spirit est au coeur d'une polémique qui agite le monde musical depuis de nombreuses années. Sur le premier album de Spirit, sorti en 1968, figure un instrumental intitulé "Taurus". La même année, lors d'une tournée aux USA, Led Zeppelin joue à Denver avec Spirit en première partie. En 1970, les deux groupes se produisent plusieurs fois dans les mêmes festivals. En 1971, sort l'album Led Zeppelin IV avec le célebrissime "Stairway To Heaven" dont l'intro de guitare ressemble furieusement à "Taurus". Alors, simple inspiration ou véritable plagiat, difficile à dire. On peut toutefois noter que Jimmy Page, le guitariste et compositeur de Led Zeppelin a été plusieurs fois accusé de s'être "largement inspiré" d'autres compositions. Exemples : "Whole Lotta Love" et "You Need Love" de Willie Dixon, "The Lemon Song" et "Killing Floor" de Howlin' Wolf ou "Black Mountain Side" et "Black Water Side" de Bert Jansch. En 1997, Randy California est décédé accidentellement, à l'âge de 46 ans, en tentant de sauver son fils de la noyade. Les autres membres du groupe ont alors demandé que son nom soit crédité sur "Stairway To Heaven" mais Led Zeppelin a toujours refusé. Aux dernières nouvelles, Mark Andes, le bassiste du groupe, et les ayants-droit de Randy California envisageraient de déposer une plainte pour atteinte au droit d'auteur. Pour en revenir à la controverse, je retiendrais toutefois la phrase de Mick Wall, l'un des biographes de Led Zeppelin qui disait : "ce qu'a fait Jimmy Page équivaut à prendre un morceau de bois dans un abri de jardin et à en faire une cathédrale". A vous de juger.

Bad News

Le chanteur Joe Cocker est décédé le 22 décembre 2014, à Crawford - Colorado. Il était âgé de 70 ans. Avec lui disparait une figure majeure du Blues / Rock Anglais. Comme beaucoup de monde, je l'avais découvert sur les enregistrements du Festival de Woodstock (1969) avec son incroyable version de "With A Little Help For My Friends " des Beatles. Dés le début des années 70, alors qu'il était promis à une grande carrière, il commence une longue descente aux enfers à cause de ses problèmes de drogue et d'alcool. Au cours des années 80, il parvient à remonter la pente et connait à nouveau le succès, notamment avec "You Can Leave Your Hat On" et "Unchain My Heart". Ces dernières années, il faisait quelques apparitions épisodiques dans les festivals mais le lustre d'antan était bien loin. On se souviendra de sa voix rocailleuse et de sa façon toute particulière de gesticuler pendant qu'il chantait, comme habité par la musique.

A lire

Eric VUILLARD / Tristesse de la terre

 

"Tristesse de la Terre" est un ouvrage original et fascinant, ni roman, ni essai, ni fiction, ni tout à fait biographie. Dans une langue superbe, il nous conte la fin du mythe de l'ouest Américain, ses horreurs et ses bassesses avec comme pretexte, l'épopée du "Wild West Show" de Buffalo Bill. Au fil des pages, on y croise Sitting Bull, le vieux chef Sioux ou Annie Oakley, l'as de la carabine que ce même Sitting Bull avait surnommée "La petite femme au tir sûr" mais surtout, on découvre l'histoire tragique de Zintkala Nuni.

A l'origine de ce livre, une photo de Zintkala Nuni, surnommée "Lost Bird", dont l'histoire a beaucoup marqué Eric Vuillard. Le 29 décembre 1890, l'armée Américaine massacre près de 300 Sioux dont les deux tiers sont des femmes et des enfants. Ce massacre, perpétré à Wounded Knee, est le plus tragique épisode des guerres indiennes dont il marque la fin. Quatre jours plus tard, des soldats découvrent sous le corps gelé d'une femme tuée pendant la bataille, une petite fille âgée d'environ 4 mois, miraculeusement vivante. Elle est adoptée par le Général Colby qui se sert ensuite d'elle comme intermédiaire dans son commerce avec les tribus indiennes. Devenue adulte, elle travaille dans le "Wild West Show", fait de la figuration dans quelques films, puis se prostitue pour survivre. Jamais acceptée par les blancs, rejetée par les indiens des réserves qui la trouvent trop "occidentalisée", elle décède prématurément, en 1920 de la grippe espagnole, à l'âge de 29 ans.

Dans le chapitre intitulé "Acheter une enfant" où il raconte l'histoire de Zintkala Nuni, Eric Vuillard écrit "Il existe une photographie d'elle, peu de temps avant qu'elle ne meure .../... Et si Zintkala Nuni, sur ce pauvre cliché commercial, nous semble travestie, ce n'est pas seulement parce que son regard triste et usé nous crie, à travers le costume et la mise en scène de cirque, que nous mourrons brûlés par nos masques .../... C'est bien plus terrible encore. Si, vêtue de cette manière, Zintkala Nuni, l'enfant de Wounded Knee, nous paraît être déguisée - c'est qu'elle n'est plus indienne".

Un livre qui se dévore d'une seule traite !

 

 

Zintkala Nuni

Vu sur le Net

Jazz On The Tube

"Jazz On The Tube" est un moteur de recherche de videos de Jazz. On y trouve des merveilles. De plus, on peut s'abonner et recevoir, chaque jour, un lien vers plusieurs videos. Une vraie mine d'or pour les amateurs.

http://www.jazzonthetube.com

Un artiste à découvrir

Ed PASCHKE (1939 - 2004)

Ed Paschke dans son atelier de Clark Street à Chicago

Depuis le mois dernier, j'illustre cette Newsletter avec une oeuvre d'Edward Francis "Ed" Paschke. J'ai découvert cet artiste en visitant l'Art Institute Of Chicago, en 2006 et j'ai été absolument saisi d'admiration devant une de ses toiles, "Minnie". 

Minnie

Ed Paschke est né à Chicago où il a suivi des études en arts plastiques. C'est dans les années 60 qu'il a commencé son activité d'artiste professionnel. Adepte du Pop Art, il se définissait lui-même comme un "faiseur d'images". Il puisait son inspiration dans le côté "Trash" de l'univers urbain comme en témoignent ses oeuvres où il privilégie l'exubérance et la saturation des couleurs fluorescentes.

         

    White Heat                                             Violencia

Son maître : Andy Warhol, son disciple : Jeff Koons.

       

   Margie                                         Elcina

Pour voir ses oeuvres, l'ideal, c'est d'aller à Chicago mais on en trouve quelques-unes au Centre Georges Pompidou, à Paris. C'est d'ailleurs au Centre Pompidou que s'est tenue la dernière exposition Française consacrée à Ed Paschke (13 décembre 1989 - 11 février 1990). Dans le catalogue de l'exposition, Jean-Pierre Bordaz écrivait : "Pour moi, déclare Ed Paschke, la différence s'amenuise chaque jour entre l'expérience directe et celle que les Mass Média nous renvoient déformée". D'emblée, cette prise de position constitue le ressort de l'oeuvre qui se développe pendant vingt ans ... / ... Si des thèmes dominants apparaissent dans l'oeuvre, ils s'expriment de manière discontinue dans une démarche qui se veut avant tout provocante et à contre-courant.

Pour en savoir plus sur Ed Paschke, visitez le site de sa fondation :

http://www.edpaschke.com

Duro Verde

Une photo, une histoire

Trelew - Argentine - 4 décembre 2008

Trelew est une ville de Patagonie située à 1 100 km au sud de Buenos Aires. Au XIXe siècle, la région a été colonisée par les Gallois (Trelew signifie "le village de Lew" en gaélique) et leurs descendants perpétuent encore aujourd'hui les traditions Galloises. A ne pas rater, le musée paléontologique Egidio Feruglio qui présente une collection de fossiles unique au monde, en particulier, des dinausaures très impresionnants. Alors, si vous passez par là ...

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Ed Paschke - Margie - Art Institute Of Chicago

Ed Paschke - Margie - Art Institute Of Chicago

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