A la une

Happy Birthday Keith JARRETT !

Les artistes qui ont véritablement marqué l'histoire du Jazz contemporain ne sont finalement pas si nombreux. Keith Jarrett qui fête ses 70 ans, ce 8 mai, en fait évidemment partie. D'ailleurs, à son sujet, je pense même qu'on peut parler de génie tant son talent est exceptionnel. Comme tous les êtres hors du commun, il a aussi ses faiblesses, se laissant parfois aller à la facilité et se montrant d'une intransigeance obsessionnelle lorsqu'il se produit sur scène, quelques toussotements du public pouvant suffire pour qu'il quitte immédiatement la scène. J'ai eu la chance de le voir il y a quelques années, en trio, avec Gary Peacock (Bass) et Jack DeJohnette (drums), un souvenir impérissable.

Parmi son abondante discographie, quelques albums que j'aime particulièrement :

- "Facing You" (1972) Piano Solo

- "Belonging" (1974) avec, en particulier, l'excellent saxophoniste Jan Garbarek

- L'incontournable "Köln Concert" (1975)

- "Sun Bear Concerts" (1976) Un coffret de 6 CD enregistrés lors d'une tournée au Japon

- "Jasmine" (2010) en duo avec Charlie Haden

Le morceau du mois

Billy MAY And His Orchestra / Perfidia

Disques

MAGMA / Slag Tanz

 

 

Un nouvel album de Magma, un vrai, on n'osait l'espérer car depuis quelques années, le groupe est plutôt dans une démarche rétrospective et historique. 46 ans après sa fondation, son leader charismatique, Christian Vander, est toujours aussi inspiré. La preuve avec ce "Slag Tanz", un pièce de 20 minutes, foisonnante et d'une richesse incroyable. Comme toujours, l'écriture de Christian Vander est puissante et enflammée. Pour peu qu'un auditeur attentif fasse l'effort d'entrer dans cet univers qui, je le concède, n'est pas d'un abord facile, il est alors véritablement envouté par ces chants incantatoires. Les ingrédients habituels de Magma sont bien là. La batterie infiniment subtile, la basse omniprésente et les voix magnifiques, aériennes, en particulier celles des filles, Stella Vander et Isabelle Feuillebois. De la grande musique qui dépasse les frontières des genres et des époques.

 

En 1970, Philippe Paringaux écrivait "Magma sera la bombe qui pulvérisera toutes les conventions d'une musique qui commence à se complaire un peu trop dans le beau. Enfin une musique qui dérange, Magma ne peut être comparé à rien de ce qui s'est fait jusqu'à présent". Avec la sortie de ce disque, cette phrase conserve toute son actualité.

Outre son charisme et son talent de compositeur, Christian Vander est un immense batteur, un des meilleurs du monde, un des seuls à parfaitement maîtriser la fameuse indépendance des quatre membres, ce qui lui permet de se libérer totalement des contraintes de la technique de l'instrument. Il faut savoir qu'il a été à bonne école. Enfant, sa mère lui a permis de cotoyer Elvin Jones et Kenny Clarke et sa première batterie lui a été offerte par Chet Baker. Deux artistes ont été véritablement décisifs dans la construction musicale de Christian Vander, Otis Redding et surtout John Coltrane à qui il voue une admiration sans bornes.

Si vous en voulez un peu plus, regardez aussi "Hhai" et "Otis". Avec Magma, pas de demi-mesure, soit vous détesterez, soit comme moi, vous serez irrémédiablement conquis.

La musique de Magma est éternelle.

En préparant cette chronique, j'ai appris avec beaucoup de tristesse le décès, le 13 mars dernier, de Daevid Allen le fondateur de "Soft Machine" et de "Gong", figure de proue du Rock Psychédélique dans les années 70. Si vous voulez vous plonger dans l'univers "Space" de Gong, écoutez l'album "Camembert Electrique" (1971).

Jacky TERRASSON / Take This

Un peu plus de deux ans après "Gouache" (voir les News de Novembre 2012), voici "Take This", le nouvel opus du pianiste Franco-Américain Jacky Terrasson. Il faut dire qu'on l'attendait un peu au tournant, allait-il encore réussir à nous surprendre. Sans hésiter, la réponse est OUI ! Jacky Terrasson a l'art de recréer les oeuvres qu'il s'approprie, que ce soit des standards de Jazz ("Take Five" de Paul Desmond), de la Pop ("Come Together" des Beatles), ou de la chanson ("Maladie d'amour" d'Henri Salvador). Il a réuni autour de lui un groupe plutôt hétéroclite. Le bassite Américain Burniss Travis, le batteur Cubain Lukmil Perez, le percussioniste Malien Adama Diarra et le chanteur et rappeur Français Sly Johnson. Jacky Terrasson parvient à fédérer tout ce beau monde et à en tirer la quintessence.
Un bémol toutefois, le plaisir est un peu gâché par un mixage qui privilégie beaucoup trop les percussions.

Une date à retenir pour les Picto-Charentais, le 29 mai. Jacky Terrasson se produira en duo avec le trompettiste Stéphane Belmondo, dans la salle Charles Trenet de Chauvigny (Vienne).

Coup de Coeur

TOTRIO

Premier album pour le jeune groupe Clermontois ToTrio. Formé de Milan Ollier (guitare solo), Kader Berkani (guitare rythmique) et Nathan Vidal (contrebasse), il tient son nom des guitares "To#16" et "To#21" sur lesquelles jouent Milan et Kader. Elles sont l'oeuvre du luthier Auvergnat Rémi Petiteau, intallé à Saint Aubin Le Monial dans l'Allier http://guitares-to.fr/

ToTrio nous propose un Jazz Manouche d'excellente facture avec des compositions personnelles et des arrangements originaux de standards comme "Spain" (Chick Corea), "Place De Brouckère" (Django Reinhardt) et un superbe  "In A Mellow Tone" (Duke Ellington). Outre la qualité des musiciens et des arrangements, il faut souligner l'excellente prise de son qui contribue au plaisir de l'écoute. Une petite réserve (il en faut toujours une !), la reprise de "Comme d'habitude" qui dénote un peu (il faut dire que je déteste ce morceau !). Ceci dit, celà n'enlève rien à la valeur artistique de l'album de ToTrio que je vous invite vraiment à acquérir. Vous y prendrez vraiment du plaisir et puis, il faut aider les jeunes musiciens talentueux !

Si vous vivez en dehors de l'Auvergne, vous pouvez commander l'album sur le site du groupe http://totrio.com/, sinon vous pouvez le trouver à la Librairie des Volcans à Clermont Fd, à la Fnac de Vichy et au magasin Cultura de Montluçon pour la somme modique de 10 €.

Un morceau, une histoire

Spencer WILLIAMS / Basin Street Blues

"Basin Street Blues" est un standard du Jazz Dixieland composé, en 1926, par Spencer Williams. Le titre fait référence à "Basin Street", une des rue principale de "Storyville", un des quartiers historiques de la Nouvelle Orléans. A la fin du XIXe siècle, Storyville était le haut lieu du traffic d'alcool et de la prostitution. La légende veut que le Jazz y soit né dans ces années là. Le morceau a été ensuite complété par Jack Teagarden et Glenn Miller. Il a été enregistré, pour la première fois, par Louis Armstrong et son Hot Five, le 4 décembre 1928 à Chicago, avec notamment Earl Hines au piano et a fait l'objet de multiples reprises parmi lesquelles on peut citer celles de :

- Ella Fitzgerald "Lullabies Of Birdland" (1956)

- Duke Ellington "Back To Back" (1959)

- Dave Brubeck "Gone With The Wind" (1959)

- Ray Charles "The Genius Hits The Road" (1960)

- Miles Davis "Seven Steps To Heaven" (1963)

- Evan Christopher "The Road To New Orleans" (1998)

On en trouve également une version par Diana Krall sur l'album Live "Higher Ground Hurricane Relief Benefit Concert", enregistré au Lincoln Center de New York, le 22 novembre 2005. Il s'agissait d'un concert donné au bénéfice des victimes de l'ouragan Katrina qui ravagea la Nouvelle Orléans, le 29 août 2005.

On doit également à Spencer Wiliams d'autres titres célèbres comme "Royal Garden Blues", "I Ain't Got Nobody", "I've Found A New Baby" et "Everybody Loves My Baby".

A lire

Georges PEREC / Je me souviens

Georges Perec était-il cruciverbiste ? En tout cas, c'était un verbicruciste renommé !

"Je me souviens" est un roman qui appartient à la forme littéraire dite du "fragment". Il a été publié en 1978 par Georges Perec. L'idée d'écrire sous cette forme lui avait été inspirée par la lecture des "I Remember" de l'écrivain Américain Joe Brainard. Selon les propres termes de Georges Perec, ces 480 "Je me souviens" sont "des petits morceaux de quotidien, des choses que, telle ou telle année, tous les gens d'un même âge ont vues, ont vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées. Elles ne valaient pas la peine de faire partie de l'Histoire. Il arrive cependant qu'elles reviennent, quelques années plus tard, intactes et minuscules, par hasard ou parce qu'on les a cherchées, un soir, entre amis. C'était une chose qu'on avait apprise à l'école, un champion, un chanteur ou une starlette qui perçait, un air qui était sur toutes les lèvres, un hold-up ou une catastrophe qui faisait la une des quotidiens, un best-seller, un scandale, un slogan, une habitude, une expression, un vêtement ou une manière de le porter, un geste, ou quelque chose d'encore plus mince, d'inessentiel, de tout à fait banal, miraculeusement arraché à son insignifiance, retrouvé pour un instant, suscitant pendant quelques secondes une impalpable petite nostalgie". Ces souvenirs font référence aux années 1946 à 1961, ils parleront donc moins aux plus jeunes lecteurs. Pour les autres, ils agissent comme une Madeleine de Proust collective qui nous ramène à notre histoire, notre mémoire, sans passéisme mais avec la conscience que toutes ces petites choses nous ont aidés à nous construire. Quelques-uns de ces "Je me souviens" évoquent le Jazz. Par exemple, "Je me souviens des disques du Modern Jazz Quartet que mon père écoutait le soir quand nous étions couchés" ou "Je me souviens que le trompettiste Clifford Brown est mort à 20 ans dans un accident de voiture" ou encore "Je me souviens que Lester Young était surnommé The Prez et Paul Quinichette The Vice-Prez".

En 1989, Samy Frey à merveilleusement interprété les "Je me souviens" à l'Opéra Comique, dans une étonnante mise en scène.

    

Pour les collectionneurs ou  les chineurs, on trouve dans le n° 272 de Jazz Magazine, de mars 1979, un entretien de Georges Perec avec Philippe Carles et Françis Marmande, intitulé "Je me souviens du Jazz". Et puis, si vous voulez vraiment connaître Georges Perec, lisez également "Les choses" (1965) et "La vie mode d'emploi" (1978).

Quelques "I Remember" de Joe Brainard

I Remember Judy Galand singing "Have Yourself A Merry Little Christmas" (so sad) in "Meet Me In St Louis".

I Remember the gazoline station in the snow in "the Umbrellas Of Cherbourg".

I Remember a dream I had rencently where John Ashbery said that my Mondrian period paintings were even better than Mondrian.

I Remember "The Tennessee Waltz".

Les Festivals de l'été

Jazz à Vienne - 26 juin au 11 juillet

 

 

La programmation très éclectique de la 35e édition du festival Isérois a été dévoilée. Parmi les invités, on peut relever notamment la présence de Tigran Hamasyan, le 2 juillet; George Benson & Avishai Cohen, le 7 et Roy Hargrove, le 11.

Mais pour moi, le concert phare aura lieu le vendredi 3 juillet avec Stéphane Kerecki, le duo Caetano Veloso / Gilberto Gil et Chucho Valdes.

 

Jazz in Marciac - 27 juillet au 16 août

Cette année encore, le festival Gersois propose une programmation exceptionnelle avec, en particulier, Kenny Garrett le 27 juillet, Alfredo Rodriguez le 28, Chick Corea & Stanley Clarke le 29, Lisa Simone le 31, Caetano Veloso & Gilberto Gil le 2 août, Chucho Valdes le 3, Stéphane Kerecki le 4, Jan Garbarek le 7, le New Orleans Preservation Hall Jazz Band & Wynton Marsalis le 8, Emile Parisien le 9 et Dr John le 11. 

 

Une photo, une histoire

Ho Chi Minh Ville - Hôtel Majestic - 11 mars 2012

L'hôtel Majestic est situé à l'angle des rues "Dong Khoi" et "Ton Duc Than", face à la rivière "Saigon". Il a été construit, en 1925, à l'initiative de l'homme d'affaires Chinois Hui Bon Hoa dans le style des grands hôtels de la Côte d'Azur Française. Pendant la seconde guerre mondiale, il fut reconverti en caserne par les occupants Japonais. Pendant la guerre du Vietnam, il servait de quartier général aux correspondants de guerre et ... aux espions. Après la chute de Saigon, en 1975, il fut utilisé par le nouveau régime pour recevoir les dignitaires étrangers. Aujourd'hui, c'est un des hôtels les plus réputés de la ville.

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Geneviève Trihan - Paysage - 1966 - Collection Privée

Geneviève Trihan - Paysage - 1966 - Collection Privée

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