A la une

Hommage à Barney WILEN - 20 ans déjà !

Le 25 mai 1996 disparaissait prématurément Bernard Jean Wilen dit "Barney" Wilen, il avait 59 ans.
Né à Nice d'un père Américain et d'une mère Française, il commence par se produire dans les clubs de sa ville natale avant de "monter" à Paris en 1953. Il joue alors aux côtés de Jimmy Gourley et de Bobby Jaspar et accompagne les musiciens Américains de passage dans la capitale, ceux-ci se montrent d'ailleurs très impressionnés par le talent du jeune homme.

la notoriété précoce et fulgurante
En 1957, il a tout juste 20 ans quand il rentre dans l'histoire du Jazz en participant à l'enregistrement de la Bande originale du film "Ascenseur pour l'échafaud" de Louis Malle, aux côtés de Miles Davis. L'année suivante, il obtient le prix Django Reinhardt de l'Académie du Jazz. On le qualifie alors volontiers de surdoué mais il s'en défend "Je possédais un peu d'avance parce que j'avais profité d'un séjour imposé aux Etats-Unis, où ma famille s'était réfugiée pendant la guerre, pour apprendre le saxo. Et quand je suis revenu en France, tout gosse, je jouais. Un peu n'importe comment et aussi n'importe quoi. Seulement, quand le Jazz est arrivé, j'y étais préparé. J'avais écouté les grands orchestres, Sinatra, tout çà ... Alors favorisé, d'accord. Mais surdoué, pfff !".
Pourtant, en écoutant les disques de cette époque, on ne peut qu'être saisi par son immense talent.

La dispartion et le silence
Au milieu des années soixante, il se tourne vers le Free Jazz et le Rock. C'est à cette époque qu'il enregistre son disque le plus surprenant "Auto Jazz Tragic Destiny Of Lorenzo Bandini", un hommage, mélant Jazz d'avant garde et effets sonores, au pilote de course Lorenzo Bandini, disparu tragiquement pendant le grand prix de Monaco 1967. Il part en Afrique en 1969 et à son retour, Il publie le double album "Moshi" sur le label "Saravah" de Pierre Barouh. Suite à l'insuccès de ce disque, il disparait complétement de la scène musicale.

"Un immense musicien de jazz et je suis heureux que son disque avec Saravah soit devenu culte au Japon. Je n’ai jamais cru au classement des genres, à ce marketing-là, tout ça ne m’a jamais parlé. Je suis ému ou pas par un artiste, par une chanson. Son disque a fait le tour de la planète. Sa mort ? Non, moi je n’arrive pas à penser à lui au passé. Il est toujours présent parmi nous".

Pierre Barouh

Les années 80 - Le retour triomphal

Alors que certains le croyaient perdu pour le Jazz, Barney réapparait au milieu des années 80.
Qui mieux que Philippe Vincent, producteur de "La Note Bleue" pouvait évoquer cette période ?
Il m'a fait l'amitié d'écrire le texte ci-dessous.

PETITE HISTOIRE D’UNE NOTE BLEUE

"On m’a souvent dit que la publication simultanée de La Note Bleue en bande dessinée et en disque  était un joli « coup » de marketing. En réalité, il ne s’est pas agi d’une opération commerciale longuement préparée mais d’un enchaînement d’évènements qui a conduit à enregistrer une sorte de bande-son de la BD qui allait du même coup ramener le saxophoniste Barney Wilen sur le devant de la scène.

Philippe Paringaux avait écrit un scénario contant la vie chaotique d’un saxophoniste de jazz et il avait donné au dessinateur Loustal (dont la culture musicale était plutôt rock) plusieurs photos de musiciens pour qu’il puisse se faire une image du héros qu’ils étaient en train de créer. Parmi les clichés, c’est celui de Barney Wilen qui inspira le plus Jacques de Loustal. Et pendant toute la conception de la BD, les deux auteurs appelèrent leur personnage « Barney » en se disant qu’ils lui trouveraient bien un autre nom le moment venu. Mais il fut trop difficile de renommer le fantôme qui leur avait tenu compagnie pendant des mois …

A l’époque (1986), le magazine A Suivre , revue de référence de la bande dessinée, avait l’habitude de publier en exclusivité un extrait d’une nouveauté à sortir en en faisant sa une. Et lorsque Barney Wilen vit ce qu’il croyait être sa tête dans les vitrines des kiosques à journaux, son sang ne fit qu’un tour. Il débarqua dans le bureau de Philippe Paringaux et lui fit comprendre qu’une seule chose pourrait calmer sa colère : que Philippe mette à profit ses connaissances dans les maisons de disques (il était alors rédacteur en chef de Rock & Folk) pour lui faire faire un nouveau disque, lui qui n’avait pas enregistré depuis des années. L’idée de la « bande-son » se fit vite jour mais le jazz étant le parent pauvre de l’industrie musicale depuis des lustres, aucune des major companies contactées ne fut intéressée.

Il restait les labels indépendants et c’est comme ça que Paringaux me contacta et que Barney, le vrai, débarqua dans mon bureau (j’avais créé Ida Records trois ans plus tôt). Pour moi, c’était le Ciel qui m’envoyait le jeune prodige des années 50 qui avait enregistré Ascenseur pour l’échafaud avec Miles Davis, d’autant plus que j’avais pu constater deux mois plus tôt au club Le Sunset qu’il jouait toujours merveilleusement bien. Portés par une même envie d’aboutir, on se mit vite d’accord sur la composition de l’orchestre et sur les conditions matérielles et financières de l’enregistrement que l’on fit deux mois plus tard au Studio Gimmick d’Hervé Le Guil.

La sortie du disque fut saluée par toute la presse, jusqu’au journal  Le Monde qui annonça à sa une « Le retour du saxophoniste Barney Wilen » sous la plume de Michel Contat. Le Petit Opportun, célèbre club de jazz de l’époque, ne désemplit pas cinq soirs de suite, quelques stars de la chanson et de la musique s’y pressant autant que les amateurs de jazz. La carrière de Barney était relancée pour des années durant lesquelles nous fîmes quatre autres disques ensemble et où il fit chanter son saxophone aux quatre coins de l’Europe et jusqu’au Japon. Jusqu’à ce jour de mai 1996 où le silence avec lequel il aimait jongler dans sa musique s’imposa à lui pour toujours. Quelques temps avant, il avait donné son dernier concert à Rennes, le terminant par le splendide morceau de Gordon Jenkins, Goodbye".

Philippe VINCENT

Directeur de la Société OMD (1983-1996) spécialisée dans la distribution de labels de jazz (Enja, Timeless, Muse, Sunnyside, GRP, etc), créateur du label IDA Records (1984-1998) qui enregistra Barney Wilen, Louis Sclavis, Laurent de Wilde, Enrico Pieranunzi et bien d'autres, Philippe Vincent est un collaborateur régulier de Jazz Magazine/Jazzman depuis 2008. 

Outre "La Note Bleue", Philipe Vincent a produit quatre autres albums de Barney Wilen sur son label IDA Records.
"French Ballads" (1987), "Wild Dogs Of The Ruwenzori" (1989), "Sanctuary" (1991) et "Talisman" (1993).

         

Ces disques sont devenus aujourd'hui quasiment introuvables et je forme ici le voeu qu'ils soient un jour enfin réédités.

Aussi brillant au Tenor qu'au Soprano, Barney Wilen était le digne héritier de Lester Young et de Sonny Rollins, il laissera une trace indélébile dans le panthéon du Jazz.

"Je me souviens du saxophoniste Barney Willem".
235e "Je me souviens" de Georges Perec (les fautes dans l'orthographe du nom sont d'origine !).

Un morceau, une histoire

Duke JORDAN / No Problem

 

 

Irving Sidney "Duke" Jordan est un pianiste Bop a qui l'on doit notamment deux standards, "Jordu" et "No Problem". En 1959, Marcel Romano sollicite Art Blakey pour participer à l'enregistrement de la bande originaile du  film de Roger Vadim "Les liaisons dangereuses". A ses côtés, on retrouve Bobby Timmons (piano), Jymie Merritt (Contrebasse), Lee Morgan (trompette) et Barney Wilen (saxophone). "No Problem" est le morceau phare du disque, dans deux versions, l'une classiquement "Bop" et l'autre, très Latino, intitulée "No Hay Problema". 

Bad News

Leandro "Gato" BARBIERI (18/11/1932 - 02/04/2016)

 

Le saxophoniste Tenor Argentin Gato Barbieri est décédé le 2 avril, il avait 83 ans. Figure majeure du "Latin Jazz" et du "Free", il possédait un son unique, reconnaissable entre tous et un lyrisme très Sud-Américain. En 1972, il avait connut une notoriété qui dépassait largement les frontières du Jazz avec la musique originale du film de Bernardo Bertolucci "Le dernier tango à Paris". Jusqu'en novembre dernier, il se produisait encore chaque mois au Blue Note à New York.

Dans son abondante discographie, je vous recommande plus particulièrement les albums "El Pampero" (1972) et "Bolivia" (1973).

Merle HAGGARD (06/04/1937 - 06/04/2016)

Dans la Newsletter de septembre dernier, je vous avais présenté "Django And Jimmie", l'album en duo de Willie Nelson & Merle Haggard. Ce dernier est décédé le 6 avril, le jour de ses 79 ans. Avec ce fils spirituel de Johnny Cash disparait l'une des dernières légendes de la "Outlaw Country". Surnommé "Le poète de l'homme ordinaire", car il était la voix de la "Working Class", on lui doit de nombreuses chansons dont "Mama Tried", morceau autobiographique, popularisé par le groupe Californien "Grateful Dead" et dont une toute récente version a été enregistrée par Rhonda Vincent, en hommage à son ami Merle.

"My Merle passed away this morning peacefully surrouded by his loved ones after a long hard battle with his health. Today April 6, 2016, witch was his 79 th birthday. He left to go to a much better place. He was the best singer, songwriter and performer I've ever seen. Not only did he write the sonds he sang, he was the music. I will miss him forever".

Theresa Haggard

Joe MEDICINE CROW - High Bird (27/10/1913 - 03/04/2016)

Celui qui était la mémoire du peuple indien d'Amérique du Nord est décédé à Billings - Montana, à l'âge de 102 ans. D'une enfance bercée par les récits de son grand oncle maternel qui avait participé à la funeste bataille de "Little Big Horn", il avait acquis le goût pour l'histoire de la nation Indienne. En 1939, il fut l'un des tous premiers "Native American" à obtenir un Master à l'université (Anthropologie). Mobilisé en 1943, il se conduisit héroiquement au combat, gardant toujours sous son uniforme, des peintures rituelles et une plume d'aigle sacrée. Il travailla ensuite, pendant plus de trente ans au bureau des affaires Indiennes, la "Crow Agency" dans le comté de Big Horn - Montana. Avec lui disparait le dernier passeur entre deux cultures des Etats-Unis.

Festivals d'été

     

Avec le printemps sortent les premières programmations des festivals d'été. Je vous laisse le soin de les découvrir sur le Net. Comme chaque année, on retrouve les mêmes un peu partout, au moins en ce qui concerne les "grands" festivals. Attendons donc que des manifestations moins médiatiques, comme le "Respire Jazz Festival" de Puyperoux nous livrent leur programmation pour être surpris !

Une photo, une histoire


Miami - 6 février 2005

Le "Miami Beach Achitectural district" ou "Art Deco District" rassemble des immeubles Art Deco construits des années 20 à nos jours. Ils sont principalement situés sur Collins Avenue et sur Ocean Drive. Celui-ci, situé à l'intersection de la 5e Rue et de Washington Avenue, a été construit par Thomas Kramer. Il est l'un des plus photographiés de la ville. A l'autre extrémité du globe, une petite ville est également remarquable pour ses batiments "Art Déco", il s'agit de Napier, dans l'île du sud de Nouvelle Zélande.

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