"Jazz is not just Music. It's a way of Life, It's a way of Being, A way of Thinking". Nina Simone

Le morceau du mois

Bill EVANS Trio / Autumn Leaves

Disques

Jazzmeia HORN / A Social Call

Le Jazz vocal féminin a décidément un bien bel avenir. Jazzmeia Horn (quel nom prédestiné !) en est une nouvelle preuve éclatante. Comme son aînée Cécile McLorin Salvant, elle a remporté le prestigieux concours organisé par le  "Thelonious Monk Institute Of Jazz" et ce premier album vient pleinement confirmer cette distinction. Le disque s'ouvre par le "Tight" de Betty Carter (superbe dialogue avec le saxophone de Stacy Dillard) qui rivalise avec mon interprétation préférée, celle du grand Kurt Elling (album "Nightmoves" - 2007). Il se termine en beauté par "I'm Going Down", le Hit du Rhythm And Blues popularisé par Mary J. Blige. Le reste de l'album est à l'avenant, en particulier le superbe Medley qui regroupe "Lift Every Voice And Sing" que l'on présente souvent comme l'hymne national des Afro-Américains et le "Moanin" de Bobby Timmons, sans oublier une version très très personnelle du standard de Mongo Santamaria "Afro Blue". Aprés la version "Balinaise" de Lou Tavano (Album "For You"), il est évident que même un morceau aussi connu et joué qu'Afro Blue, peut être véritablement recréé, pour peu qu'on en ait le talent ! Et puis il y a la perle du disque, un "I Remember You" vif, joyeux et sans fioritures superflues, avec un Scat comme je n'en ai pas entendu depuis longtemps ! (c'est le cas aussi de celui de "Moanin"). On attend avec impatience de la voir sur scène mais aucune date de concert n'est prévue pour l'instant en France. En revanche, elle sera du 27 au 30 décembre au "Umbria Jazz Winter Festival" à Orvieto, près de Pérouse en Italie.
Je ne dirais pas comme on le fait trop souvent qu'une nouvelle diva du Jazz, égale des Billie, Ella ou encore Sarah, est née. Ce serait bien prématuré pour un premier disque. L'avenir nous dira ce qu'il en est. Contentons-nous donc de savourer cet album pour ce qu'il est, un excellent disque.

https://www.theartistryofjazzhorn.com/

       

       

Laurent COQ / Kinship

Une nouvelle fois, le financement participatif (Crowfunding) a permis à un nouveau beau projet de voir le jour. Ce "Kinship" est un album concept.
Les onze compositions originales de Laurent Coq rendent hommage à onze musiciens qui constituent "des modèles et des sources d'inspiration" pour lui. Parmi eux, les saxophonistes Walter Smith III et Mark Turner ou encore le guitariste Sandro Zerafa.
Laurent Coq qui revient ici à la formule classique du Trio Piano - Basse - Batterie s'est entouré de deux des meilleurs musiciens de la scène New-Yorkaise, le contrebassiste Joshua Crumbly et le batteur Johnathan Blake.

Des compositions tour à tour tendres ou explosives, toujours empreintes d'un grand lyrisme, voici le cocktail très réussi de ce bien bel album.

Vous pourrez les retrouver sur scène le 10 octobre, à Toulouse (Jazz sur son 31), les 11 et 12 au Sunside à Paris, le 18 au Jam à Marseille et le 19 au Tourcoin Jazz Festival.

"Kinship, en Anglais, signifie la parenté. Une notion qui renvoie autant à la famille de sang qu'à celle qu'on se constitue dans un parcours de musicien. Ce disque rend hommage à onze membres de cet entourage. A mes côtés depuis plus de vingt ans pour certains, ces dix frères et une soeur m'ont inspiré la musique que j'ai écrite et les décisions professionnelles que j'ai prises pendant toutes ces années. C'est à eux que je pense, et à d'autres musiciens qui ne tiendraient pas sur un seul disque, quand je travaille, écoute, compose, accompagne, improvise ou enseigne".

Laurent Coq

       

http://www.laurentcoq.com/

Ecoutez Français ! - La chronique de Philippe VINCENT

Si l’expression « jazz français » m’a toujours un peu agacé car la musique ne saurait avoir de nationalité (et le jazz  moins encore), il faut bien reconnaitre que la formule est pratique pour parler de ce que font les musiciens de l’hexagone, quelle que soit l’hétérogénéité de leur production. Et en cette rentrée nous sommes gâtés par la qualité des sorties nationales dont nous sélectionnons ici les œuvres récentes de deux vétérans (pas si vieux) et de deux musiciens (pas si jeunes) de la génération suivante. Histoire de constater que les premiers n’ont pas semé dans le désert et que les seconds ont trouvé leur chemin.

On connait Patrice Caratini depuis belle lurette, lui qui fut l’un  des pionniers du renouveau du jazz en France à la fin des années 70 et au début des années 80, d’abord avec son duo avec le guitariste Marc Fosset qui écuma la plupart des salles de France et de Navarre, ensuite avec son fameux « Onztet » qui fut le précurseur du Jazz Ensemble qu’il dirige depuis une vingtaine d’années. Ceux qui auraient raté les différents épisodes discographiques de ce formidable orchestre vont pouvoir se rattraper avec ces « Instants d’Orchestre » (Caramusic/L’Autre Distri) qui regroupent quelques-uns des meilleurs moments que nous a offert la bande à Cara.

Pas évident de « réduire en une heure de musique vingt années de recherches, de doutes, d’obstacles, de réussites, d’échecs, de hasards, de contraintes, d’incertitudes, d’affirmations, de surprises, bref de tout ce qui fait les chemins de la création autant que l’histoire d’un orchestre », mais Caratini a parfaitement réussi son affaire qu’il ne veut pas affubler du vilain anglicisme de « best of ». En dix morceaux, du swing aux dérapages les plus contrôlés en passant par les ambiances latines, il émerveille son auditoire comme peu savent le faire sans temps morts. Entre son talent d’arrangeur et celui de directeur de casting, on se dit que Caratini, c’est un peu notre Gil Evans à nous !

 

Point question de big band pour Aldo Romano mais d’un trio comme il les aime, lui qui pense que « le piano, c’est un grand orchestre entre les doigts » (« Mélodies en Noir et Blanc » - Le Triton/L’Autre Distri). Et des pianistes, il nous en a fait découvrir un paquet, de ses concitoyens transalpins jusqu’à  Michel Petrucciani qu’il épaula dès son premier disque. C’est aujourd’hui au tour de Dino Rubino d’être sous le feu des cymbales du batteur dont le compagnon de longue date, Michel Benita, est aussi de la fête avec sa contrebasse. Excellent mélodiste, Aldo Romano aime les chansons et il n’a pas résisté à entonner, de sa voix cassée, « Il voyage en soitaire » de Gérard Manset pour clôturer un album dont il a composé tous les autres morceaux.

 

De vingt ans son cadet, Pierrick Pedron parait un jeunot à ses côtés bien qu’il en soit déjà à son 9ème album si j’ai bien compté (« Unknown » - Crescendo/Caroline). Saxophoniste surdoué et improvisateur hors pairs, ce breton d’origine a mené une carrière en zigzags d’un point de vue stylistique, s’aventurant parfois sur les chemins d’une pop sophistiquée (« Cheerleaders » - ACT- 2011) et revenant au bercail du bop avec des éclairs de génie (« Kubic’s Monk » - ACT- 2012). C’est dans cette veine que s’inscrit le dernier album de l’altiste dont la production artistique a été confiée à la compétence de Laurent de Wilde. Dès le premier morceau on est dans le vif du sujet : du jazz par un quartet de haut niveau. Drivé par une paire rythmique infernale d’efficacité (mais que cet enfer est bon : Thomas Bramerie on bass and Greg Hutchinson on drums), on découvre un jeune pianiste de 25 ans, Carl-Henri Morisset, qui ne devrait pas tarder à faire parler de lui. Quant au leader, il ajoute à sa virtuosité habituelle sur tempos rapides un cœur dans les ballades qu’on ne savait pas encore aussi gros chez lui. Un sans-faute qui ressemble à un grand disque.

 

Peut-être moins expansive, la musique de FOX n’en est pas moins enchanteresse. Fondé il y a deux ans par le guitariste Pierre Perchaud et le contrebassiste Nicolas Moreaux et après un premier disque bloqué pendant huit mois dans les hangars d’un distributeur peu scrupuleux, ce trio où la batterie est tenue par le fabuleux Jorge Rossy (15 ans derrière le piano de Brad Mehldau !) a invité pour l’occasion l’un des meilleurs saxophonistes actuels, Chris Cheek  (« Pelican Blues » - Jazz & People/PIAS). Les quatre fines lames de ce trio ont fait fonctionner leur imagination fertile sur le thème de la Nouvelle Orléans comme des musiciens de jazz de grand talent qui redécouvre les bases d’un univers musical qu’ils vont enrichir et s’approprier en dehors de toute nostalgie. Des airs de Clifton Chenier au fameux When The Saints Go Marching In dont Chris Cheek a totalement revu la syntaxe, notre trio + one montre combien la musique dite savante peut se marier avec bonheur avec les thèmes populaires. Mais, finalement, n’est-ce pas là l’éternel défi du jazz ?

Philippe VINCENT

 Directeur de la Société OMD (1983-1996) spécialisée  dans la  distribution de  labels de jazz (Enja, Timeless,  Muse,  Sunnyside, GRP,  etc), créateur du label IDA  Records (1984-  1998) qui enregistra  Barney Wilen, Louis  Sclavis,  Laurent de  Wilde, Enrico Pieranunzi et  bien  d'autres, Philippe Vincent est membre de  l'Académie du  Jazz  et collaborateur régulier de Jazz Magazine/Jazzman  depuis  2008.

Un morceau, une histoire

Clay BOLAND & Moe JAFFE / Gypsy In My Soul

Cette jolie chanson a été composée en 1937 par deux jeunes diplômés de l'université de Pennsylvanie pour célébrer le cinquantième anniversaire de leur école. Elle n'a pas rencontré de véritable succès populaire mais paradoxalement, elle est cependant devenue un standard puisqu'elle a fait l'objet de plus de 100 enregistrements parmi lesquels en voici quelques uns que j'aime particulièrement. Eydie Gorme, album éponyme (1957), Lester Young, album "Laughin' To Keep From Cryin'" (1958), Ella Fitzgerald, album "Get Happy" (1959) et Sara Lazarus, album "It's Allright With Me" (2006).

       

       

Ce morceau est l'occasion de se souvenir d'Eydie Gorme, une artiste aujourd'hui totalement oubliée. A l'instar d'une Doris Day qui, entres parenthèses fêtera ses 96 ans le 3 avril 2018, ce n'était pas spécifiquement une chanteuse de Jazz, elle doit d'ailleurs sa notoriété à ses enregistrements inspirés de la Bossa Nova, en particulier l'album "Blame It On The Bossa Nova" (1963). Toutefois, elle savait swinguer comme le prouve l'album "Eydie Swings The Blues" (1957).

Festival

Jazz en Tête - 24 au 28 octobre 2017

Happy Birthday !

Le festival Clermontois fête (déjà !) son trentième anniversaire. Je garde encore en mémoire le souvenir impérissable du concert donné par le guitariste Joe Pass lors de la première édition, en 1988. Pour célébrer dignement cet événement, les organisateurs ont concocté un bien joli programme dans lequel je retiens particulièrement :

Le pianiste Tigran Hamasyan, en solo.

 L'excellente chanteuse Charenee Wade qui a obtenu la deuxième place du concours du "Thelonious Monk Institute Of Jazz" en 2010, derrière Cécile McLorin Salvant.

Le Quintet de l'une des grandes figures du Jazz actuel, le trompettiste Roy Hargrove.

 

       

http://www.jazzentete.com/index.php

Ce n'est pas du Jazz, mais ...

Weyes BLOOD / Front Row Seat To Earth

Nathalie Mering, alias Weyes Blood, est une jeune artiste Californienne.
Elle a choisi ce nom de scène par référence à "Wise Blood", le roman de Flannery O'Connor (1952), porté à l'écran en 1979 par John Houston.
Dire que c'est une révélation est bien en dessous de la vérité tant ce disque est réussi. Weyes Blood porte un regard acéré, presque désenchanté, sur notre société et ses dérives. "
Nous vivons une nouvelle étape de la mondialisation à travers la technologie qui nous connecte et qui nous abreuve d’informations. Plus que jamais, le monde ressemble à une pièce de théâtre se déroulant sous nos yeux plutôt qu’à une réalité sur laquelle nous aurions encore prise", dit-elle. Il y a les textes certes, mais aussi sa voix ample et lumineuse. Weyes Blood s'impose comme la digne héritière de Joni Mitchell et de Judee Sill, mais aussi de Carole King et de Karen Carpenter. 

Elle sera au Trianon à Paris, le 11 novembre, en première partie de Father John Misty (voir les News de décembre 2015). Alors si vous êtes dans la capitale, ne ratez pas ces deux artistes majeurs de la nouvelle scène musicale Américaine.

Une anecdote

Bruce CHANNEL / Hey Baby

En 1962, le chanteur Américain Bruce Channel enregistre le Single "Hey Baby". Le titre devient rapidement n°1 dans les charts. La partie d'harmonica, qui donne sa couleur musicale à la chanson, est interprétée par le musicien Country, Delbert McClinton. John Lennon écoute beaucoup ce morceau qu'il a sur son JukeBox personnel. Lors d'une tournée en Angleterre de Bruce Channel, il rencontre McClinton qui lui donne quelques conseils pour jouer de l'harmonica. John Lennon en fera bon usage comme en témoigne en particulier "Love Me Do" sur l'album "Please Please Me" (1963).

       

Si vous aimez les Beatles, ne ratez pas le superbe film documentaire de Ron Howard "The Beatles : Eight Days A Week - The Touring Years".

Une photo, une histoire

Venise - Eglise de la Pietà - 21 août 2011

L'église de la Pietà se dresse sur la Riva Dei Schiavoni, à quelques pas de la place Saint Marc. Appelée également "Eglise Vivaldi", elle tient une place toute particulière parmi les 123 églises de la cité des Doges puisque le compositeur travailla, au début du 18e siècle, avec l'orchestre des jeunes filles de l'orphelinat "Ospedale Della Pietà" situé dans une rue toute proche. Dénommées les "Figlie Di Coro", ces jeunes filles devinrent des interprètes exceptionnelles sous la direction du "Prêtre Roux". En 1740, elles donnèrent, dans la Pietà, la première de l'une des oeuvres maîtresses de Vivaldi, le Concerto en Do Majeur - RV 558.

Une photo, une histoire - Souvenirs du monde

Chaque mois où presque, je publie une photo sur ce Blog, dans la rubrique "Une photo, une histoire".
J'en ai rassemblé quelques-unes (et d'autres) sur "Adobe Spark".
Vous pouvez les retrouver en cliquant sur le lien ci-dessous ou en scannant le QR Code avec votre smartphone

https://spark.adobe.com/page/9eTFQOBye1l7a/

Photos et histoires de New York - Souvenirs de "Big Apple"

"Photos et histoires de New York", un 2e album photos est en ligne sur "Adobe Spark"
à partir du lien ci-dessous ou en scannant
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New York Moma - 22 mai 2009 - Marc Chagall - "Homage To Gogol" (1917)

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