Le morceau du mois

Julie LONDON / Memphis In June

Disques

Youn Sun Nah / She Moves On

J'avais pris le soin de pré-commander le nouvel opus de Youn Sun Nah et comme prévu, je l'ai trouvé dans ma boite aux lettres le 19 mai. Je l'ai laissé un peu dans son emballage, essayant d'imaginer quels trésors il pouvait contenir, en regardant la pochette (un peu austère à mon goût). Et puis, bien sûr, je l'ai écouté, plusieurs fois de suite. Verdict : Album excellent, bien sûr, comme d'habitude pourrions-nous dire. Toutefois, Youn Sun Nah ne se complaît pas dans un confort musical qui lui garantirait assurément le succès. A chaque nouvel album, elle va de l'avant (She Moves On !),
elle évolue. Ainsi, elle a complètement changé son environnement musical puisqu'elle est désormais accompagnée par un trio de musiciens Américains auquel s'est joint le guitariste Marc Ribot, sur cinq titres, ce qui donnent une couleur musicale nouvelle, parfois très "Funky" comme sur "Teach The Giften Children" de Lou Reed. En revanche, ce qui ne change pas c'est sa voix extraordinaire, aux nuances infinies et son phrasé reconnaissable entre mille.

 

Youn Sun Nah est une artiste éclectique comme le prouvent ses précédents enregistrements et cette fois encore, elle est allée chercher quelques pépites du répertoire musical comme "No Other Name" de Peter, Paul & Mary (album "1700"), "She Moves On" de Paul Simon (album "The Rhythm Of The Saints") ou encore "The Dawntreader" de Joni Mitchell (album "Song To A Seagull") qu'elle revisite, réinvente même, tant elle leur apporte sa touche personnelle.

Avec "She Moves On", Youn Sun Nah tutoie une fois de plus, l'excellence !

http://www.younsunnah.com/

       

Rozina PATKAI / Paraiso Na Terra

Le Jazz est une musique universelle et à l'instar d'une Youn Sun Nah, Rozina Pátkai en est une nouvelle preuve. Cette jeune chanteuse Hongroise, originaire de Budapest, est encore peu connue en France même si on l'a vue sur la scène du festival "Jazzycolors", à Paris en 2014. La même année, elle a obtenu un "Independent Music Award" dans la catégorie "Vocal latin Song". De formation classique, elle s'est orientée il y a quelques années vers le Latin Jazz et plus particulièrement la Bossa Nova. Après un premier album "Voce E Eu" (2013) dans lequel elle reprenait les grands classiques du genre, voici "Paraiso Na Terra", beaucoup plus abouti et personnel, puisque, à l'exception de "O Que Sera" de Chico Buarque, il s'agit de compostions originales. Sa voix claire, fluide et aérienne, empreinte de la "Saudade" chère aux Brésiliens, s'accorde à merveille à ce répertoire et aux musiciens qui l'entourent, en particulier, Balazs Pecze, excellent au Bugle.

Je vous invite vraiment à découvrir cette artiste pleine de promesses.

http://www.rozinapatkai.com/

       

Un disque à découvrir ou à redécouvrir

Roland KIRK / We Free Kings

J'ai toujours eu une "relation musicale" complexe avec Roland Kirk. D'un côté, je suis fasciné par ce multi instrumentiste de génie dont je trouve la première partie de carrière remarquable. Mais de l'autre, je n'ai jamais réussi à comprendre sa trajectoire musicale, qui a abouti à une musique destructurée que je trouve encore aujourd'hui inaudible. Peut-être n'ai je pas l'esprit assez ouvert pour l'apprécier ! Ce "Wee Free Kings" date de 1961, juste avant sa collaboration avec Charlie Mingus. Roland Kirk y développe déjà son incroyable technique du souffle qui lui permet notamment de jouer de deux saxophones en même temps, en particulier sur le "Blues For Alice" de Charlie Parker. "The Haunted Melody" (la mélodie hantée) est mon morceau préféré de l'album. Son titre en reflète parfaitement l'atmosphère sombre et déchirante. Roland Kirk joue alternativement du Manzello et du Saxophone Tenor. Il faut savoir qu'il aimait inventer des instruments de musique et qu'il avait conçu le Manzello à partir du Saxophone Soprano.

Victime d'une attaque d'hémiplégie en 1975, "Rahsaan" Roland Kirk, puisque c'est le nom qu'il s'était donné à la fin des années soixante, continue néanmoins à enregistrer et à se produite sur scène jusqu'à son décès en 1977. Pour cela, il modifie ses instruments de façon à pouvoir en jouer d'un seul bras !

"Sur une petite estrade, cinq musiciens blacks. Un saxo, un trompettiste, un pianiste, un bassiste et un batteur dont l'âge allait de la vingtaine (le saxophoniste) à soixante-dix ans bien sonnés (le gars au piano) produisaient le genre de boucan endiablé que d'aucuns appellent "Free Jazz". L'endroit était bondé et plus de la moitié de l'assistance s'agglutinait autour de la scène, rendue aux trois quarts catatonique par la violence du déchaînement musical en cours".

Douglas Kennedy / Cet instant-là

Un morceau, une histoire

Cole PORTER / Just One Of Those Things

 

Encore un standard composé par Cole Porter pour une comédie musicale, en l'occurence "Jubilee" créée à Broadway en 1935 et dans laquelle on trouve également une autre de ses plus célèbres compositions "Begin The Beguine". En dépit de la récession, 10 comédies musicales furent créées cette année là, dont le fameux "Porgy And Bess". La chanson a été également reprise dans deux films interprétés par Doris Day, "Lullaby Of Broadway" (1951) et "Young At Heart" (1954) où elle est chantée par Frank Sinatra.

Carmen McRae "By Special Request" (1955)                          Ella Fitzgerald "Sings Cole Porter Songbook" (1956)

       

Blossom Dearie "Give Him The Ooh-La-La" (1957)                  Artie Shaw "Begin The Beguine" (1938)

       

Disques d'hier et d'aujourd'hui - La chronique de Philippe VINCENT

Après un siècle d’existence, le patrimoine discographique du jazz est si important que depuis quelques années les nombreuses rééditions nous permettent de retrouver des disques oubliés ou d’en découvrir d’autres qui nous étaient inconnus. Plusieurs labels se sont spécialisés dans l’édition en CD d’enregistrements tombés dans le domaine public (en France 50 ans) et les plus sérieux nous offrent souvent des titres devenus presque introuvables en soignant la présentation de leurs produits (renseignements discographiques, iconographie, textes) et en les proposant à des prix modérés.
C’est le cas du label barcelonais American Jazz Classics (distribué en France par PIAS, le repreneur d’Harmonia Mundi) qui vient de mettre sur le marché toute une série de belles choses où le jazz vocal n’est pas oublié. Retenons d’abord un CD de Shirley Horn regroupant son premier disque, "Embers and Ashes" (1960) et Where Are You Going enregistré douze ans plus tard. Unité artistique parfaite dans cette réunion de deux perles où la chanteuse fait vivre la musique en apesanteur du bout de ses lèvres et de ses doigts caressant le clavier.
Splendide aussi est le "Cool Heat" (1959) d’Anita O’Day chantant sur les arrangements de Jimmy Giuffre avec un combo réunissant la fine fleur de la west coast de l’époque.

     

Quant à Dinah Washington, sont réunis en un CD ses albums en hommage à Fats Waller et à Bessie Smith, ce dernier nous faisant vite comprendre pourquoi on la surnommait "The Queen of the Blues". Enfin, à côté de ce trio de reines du jazz vocal, retenons sur le même label la réunion sur un même CD de deux chefs d’œuvres que Lee Konitz commit en 1959, "You and Lee" et "Lee Konitz Meets Jimmy Giuffre".

 

     

Mais le jazz vit sa vie et ne saurait se morfondre dans une mélancolie le corsetant dans le passé. Si de multiples influences l’ont nourri depuis toujours, c’est aussi parce que les musiciens du monde entier se le sont approprié, et les français n’ont jamais été en reste, comme en témoignent aujourd’hui deux de nos meilleurs représentants. Pierre Boussaguet a longtemps été considéré comme un bassiste de « jazz classique », mais ce disciple de Ray Brown adoubé par son maître a plusieurs cordes à son arc.
"Le Semeur", enregistré il y a déjà trois ans en septette (Label Jazz aux Remparts), montre ses talents d’arrangeur pour quatre saxophones et une rythmique et, s’il est dédié à Guy Lafitte, ce n’est en rien un hommage stylistique au saxophoniste mais plutôt une œuvre consacrée à son instrument.

Enfin, on ne saurait passer sous silence le magnifique travail d’un autre arrangeur français, Laurent Cugny, qui, depuis quelques années, a remonté un orchestre voué à la musique du regretté Gil Evans dont Cugny est l’un des meilleur spécialiste européen. Sous sa direction, ce Gil Evans Paris Workshop signe aujourd’hui un double album qui est une petite merveille, "Spoonful" chez Jazz & People), réunissant le travail de l’arrangeur français et celui du chef américain. Un lien de plus entre le jazz d’hier et celui d’aujourd’hui qui montre combien cette musique est intemporelle.

 Directeur de la Société OMD (1983-1996) spécialisée  dans la  distribution de  labels de jazz (Enja, Timeless,  Muse,  Sunnyside, GRP,  etc), créateur du label IDA  Records (1984-  1998) qui enregistra  Barney Wilen, Louis  Sclavis,  Laurent de  Wilde, Enrico Pieranunzi et  bien  d'autres, Philippe Vincent est membre de  l'Académie du  Jazz  et collaborateur régulier de Jazz Magazine/Jazzman  depuis  2008.

Festivals

Respire Jazz Festival - Aignes et Puypéroux

Le festival Charentais, petit par la taille mais grand par sa belle programmation vient de dévoiler celle de son édition 2017.
Cette année, du 30 juin au 02 juillet, vous pourrez notamment retrouver le pianiste Baptiste Trotignon en duo avec le percussionniste Agentin Minino Garay, le quintet du saxophoniste Emile Parisien, le trio du pianiste Paul Lay et le quintet du pianiste Yonathan Avishai.
Trois belles soirées en perspective dans le cadre champêtre des jardins de l'Abbaye de Puypéroux.

Retrouvez la programmation complète sur le site du festival

http://www.respirejazzfestival.com/

       

       

Paris New York Heritage Festival

La 2e édition du Paris New York Heritage Festival se déroulera entre juin et juillet prochain à Paris, à New York et, pour la première fois, à Montréal. Comme l'indiquent ses organisateurs, le PNYH Festival est un voyage initiatique, historique et actuel au coeur des arts Afro-Américains et cette 2e édition entend illustrer plus particulièrement l'influence réciproque des musiques Africaines et Afro-Américaines. Parmi les concerts Parisiens, je vous recommade particulièrement Ruthie Foster, une des légendes du Folk / Blues, le 8 juin au Mona Bismark American Center, The Soul Rebels, le Brass Band Néo-Orléanais, le 4 juillet au New Morning et le vibraphoniste Roy Ayers, les 24 et 25 juillet, également au New Morning.

Retrouvez la programmation complète sur le site du Festival

http://www.pnyhfestival.com/paris

       

Ce n'est pas du Jazz, mais ...

Un disque à découvrir ou à redécouvrir

The Leisure Society / Alone Aboard The Ark

The Leisure Society perpétue, dans un style évidemment très différent de ses prédécesseurs, la tradition des grands groupes Pop Anglais comme King Crimson, Van Der Graaf Generator, Yes, Genesis (première période) ou The Kings. Ce n'est d'ailleurs sûrement pas un hasard si cet album, le troisième du groupe, a été enregistré dans le studio "Kong", de l'ancien leader des Kings, Ray Davies. Tout est séduisant dans la Pop baroque de Leisure Society, les compositions, les arrangements, les voix et les textes comme celui de "The Sober Scent Of Paper" qui s'inspire de la vie de la poétesse Américaine Sylvia Plath. Une "société de loisirs" comme celle- là, on en redemande !

Une photo, une histoire

Taiwan - Kaohsiung - Formosa Boulevard Station (détail du dôme) - 26 mars 2017

Située tout au sud de l'île de Taiwan, Kaohsiung est une métropole de près de 3 millions d'habitants. Le "Lotus Pond" et ses temples multicolores est un lieu très prisé des habitants et des touristes. Mais parmi les curiosités de la ville, il y a aussi la station de métro "Formosa Boulevard Station" (美麗島站) et son "Dome Of Light" (Dôme de lumière). Conçu par l'artiste Italien Narcissus Quagliata, ce magnifique dôme de verre de 30 mètres de diamètre, symbolise l'histoire de la vie. Cette station figure au 2e rang du classement des plus belles stations de métro du monde derrière celle du Champ de Mars, à Montréal.

Une photo, une histoire sur Adobe Spark

Chaque mois où presque, je publie une photo sur ce Blog, dans la rubrique "Une photo, une histoire". J'en ai rassemblé quelques-unes (et d'autres) sur "Adobe Spark". Vous pouvez les retrouver en cliquant sur le lien ci-dessous :

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Florence - Palazzo Pitti - Giuseppe Bellucci - La Firma Del Trattato Di Bruzzolo - 5 février 2015

Florence - Palazzo Pitti - Giuseppe Bellucci - La Firma Del Trattato Di Bruzzolo - 5 février 2015

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