La version en Anglais de la Newsletter, traduite par Sonia B.,
est disponible à l'adresse suivante :

http://jazznicknames.over-blog.com/2018/02/the-news-2018-april.html

The Newsletter is now available in English. Click on the link above

Le morceau du mois

Pharoah SANDERS / Heart Is A Melody Of Time

Disques

Tom IBARRA / Sparkling

On le présente volontiers comme l'étoile montante du Jazz hexagonal et l'écoute de "Sparkling", son deuxième album, confirme que ce qualificatif élogieux n'est absolument pas usurpé. Tom Ibarra, guitariste et compositeur, n'a que 18 ans mais il fait déjà preuve d'une maturité musicale exceptionnelle. N'allez pas croire pour autant qu'il a la grosse tête.
En dépit de son succès grandissant, il poursuit assidûment ses études musicales, au Centre des Musiques Didier Lockwood à Dammarie les Lys.
Tom a évidemment été très affecté par la disparition brutale du violoniste qu'il connaissait depuis qu'il a onze ans et qui était en quelque sorte son mentor. Virtuose de la guitare et excellent compositeur, il nous propose ici un Jazz fusion brillant et inventif. On pense bien sûr à Pat Metheny mais Tom Ibarra est tout sauf une pâle copie de son prestigieux aîné.
A ses côtés, de jeunes musiciens très talentueux, Jeff Mercadier (Saxophone), Auxane Cartigny (Claviers), Antoine Vidal (Basse) et Pierre Lucbert (Batterie) ainsi que deux invités, le saxophoniste Stéphane Guillaume et le bassiste Michael League.

Vous aussi, laissez-vous séduire par ce disque littéralement "pétillant" !

Merci enfin à Michel qui m'a fait découvrir Tom Ibarra.

    

https://www.tomibarra.com/

Le 2 mars dernier, Tom Ibarra était l'invité d'Open Jazz, l'émission d'Alex Dutilh sur France Musique.
Vous pouvez  la réécouter à partir du lien ci-dessous.

https://www.francemusique.fr/emissions/open-jazz/l-actualite-du-jazz-tom-ibarra-une-confirmation-scintillante-58806

Un disque à découvrir ou à redécouvrir

Nina SIMONE / Little Girl Blue

Connu également sous le titre de "Jazz As Played In An Exclusive Side Street Club", "Little Girl Blue" est le premier album de la pianiste et chanteuse Nina Simone. Adolescente, Eunice (son vrai prénom) rêve de devenir concertiste classique mais née dans une famille très pauvre et victime des préjugés raciaux, elle doit se résoudre à renoncer. A partir de 1955, elle se produit alors régulièrement dans un bar d'Atlantic City et pour que ses parents ne l'apprennent pas, elle prend le pseudonyme de Nina (petite fille en Espagnol) Simone (comme Simone Signoret qu'elle a vue dans le film de Jacques Becker, Casque d'Or). Elle acquiert ainsi une certaine notoriété qui lui permet d'enregistrer cet album sur le label Bethlehem (1958). Le disque est bien accueilli, en particulier le titre "I Loves You Porgy", mais ce n'est que bien des années plus tard, en 1987, que "son" standard "My Baby Just Cares For Me" deviendra un énorme succès, après avoir été utilisé dans le spot publicitaire d'une marque de parfum. A l'écoute de l'album, on est frappé par l'étonnante maturité dont elle fait preuve tant vocalement que par son jeu de piano très influencé par son amour de la musique classique.
Elle n'a pourtant que 25 ans.


Je voudrais ici m'attarder sur le morceau qui donne son titre à l'album. "Little Girl Blue" a été composé par Richard Rodgers (music) et Lorentz Hart (lyrics) pour la comédie musicale "Jumbo", créée à Broadway en 1935. Ce n'est certes pas le standard le plus connu du célèbre duo à qui l'on doit notamment "Blue Moon", "My Funny Valentine", "Falling In Love With Love" ou encore "My Romance", une autre chanson de "Jumbo", mais c'est l'un de mes préférés.

En 1962, sort le film "Billy Rose's Jumbo" dans lequel la chanson est interprétée par Doris Day. La beauté de la mélodie et le texte poétique de "Little Girl Blue" ont séduit les plus grands interprètes. On peut ainsi citer Chet Baker, Ella Fitzgerald, Coleman Hawkins, Gerry Mulligan, Anita O'Day, Frank Sinatra, Stan Getz, Sarah Vaughan, Diana Krall, Stacey Kent, Keith Jarrett et très récemment, Sarah McKenzie, mais aussi, en dehors du Jazz, Linda Ronstadt, Carly Simon et bien sûr Janis Joplin.

"Why won't somebody send a tender blue boy to cheer up little girl blue".

Gerry Mulligan / California Concerts (1954)                      Janis Joplin / I Got Dem Ol' Kozmic Blues Again Mama 1969)

    

La version de Nina Simone reste cependant pour moi la plus belle, toute en feeling et en émotion. Elle est aussi la plus originale car elle mêle avec bonheur la mélodie de Richard Rodgers avec celle de "Good King Wenceslas", un chant de Noël inspiré d'un air du 14e siècle. Cette forme musicale, appelée "Quodlibet", a été aussi bien utilisée par les compositeurs classiques (Bach, Mozart) que modernes (John Cage).

Un morceau, une histoire,

Miriam MAKEBA / Nongqongqo ((To Those Who Love)

Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama, dite Miriam Makeba, est certainement la chanteuse Sud-Africaine la plus célèbre. Sa notoriété tient principalement à un titre, "Pata Pata". Cette chanson très dansante reflète une joie de vivre et une insouciance qui n'étaient pourtant guère de mise dans les "Townships" de Johannesburg, à la fin des années cinquante. Mais on ne saurait réduire la carrière de celle qui était surnommée "Mama Africa" à ce seul morceau, même s'il est très réussi. Infatigable militante contre l'Apartheid, Miriam Makeba a utilisé sa musique comme une arme contre la ségrégation qui sévissait en Afrique du Sud. En 1965, elle enregistre l'album "An Evening With Belafonte / Makeba" pour lequel elle reçoit un Grammy Award. "Nongqongqo" est le morceau phare de ce disque. Sa mélodie est à la fois tendre et puissante et le texte rend hommage à des héros de la lutte contre l'Apartheid comme Walter Sisulu, Robert Sobukwe, Nelson Mandela ou encore Albert Luthuli (Prix Nobel de la Paix en 1960). On ne peut qu'être pris d'une intense émotion à son écoute. Vous remarquerez les "Clics", ces claquements de la langue, typiques de certaines Langues d'Afrique Australe.
D'exil en exil, Miram Makeba quitte peu à peu la chanson même si elle connait à nouveau le succès en 1987, en participant à l'enregistrement de "Graceland", le superbe album de Paul Simon.
Elle est décédée le 9 novembre 2008, à Castel Volturno en Italie, des suites d'un malaise, après un concert de soutien à l'écrivain Roberto Saviano, traqué par la mafia.

       

Histoires de Contrebasse - La chronique de Philippe VINCENT

S’il y a bien un instrument qui a pris son essor avec le jazz jusqu’à en devenir l’une des pièces emblématiques, c’est la contrebasse. Rarement en première ligne dans la musique classique et supplantée dans le rock par la guitare basse qui voulait faire cracher ses  graves dans des sonos de plus en plus puissantes, elle est restée un élément fondamental de tout orchestre de jazz, s’affranchissant de son rôle rythmique pour devenir soliste et faire de celui qui la joue un leader à part entière. De Ray Brown à Charlie Haden en passant par Charles Mingus et bien d’autres, les contrebassistes sont devenus compositeurs et chefs d’orchestre, donnant d’autres horizons que le tempo à la « grand’mère » qu’ils serraient dans leurs bras. Trois parutions récentes témoignent de cette évolution engagée depuis longtemps et deux sont signées par des musiciens français installés à New-York depuis des années, faisant preuve d’une remarquable maîtrise de leur sujet.

En cédant au swing de l’Amérique où il s’est expatrié, Clovis Nicolas s’était peut-être fait oublier du public français, lui qui était pourtant ici l’un des meilleurs contrebassistes de sa génération. Avec « Freedom Suite Ensuite » (Sunnyside/Socadisc) il nous revient de la plus belle des manières à la tête d’un projet plein d’audace qui rend hommage à Sonny Rollins et à son trio pianoless du début des années 60. A côté de compositions personnelles qui montrent combien il s’est pétri de la musique du saxophoniste, Clovis Nicolas réinterprète la fameuse « Freedom Suite » composée par Rollins, gardant l’esprit de la version du maître mais substituant un quartet au trio d’origine. A côté d’un Kenny Washington des grands jours devant ses tambours, l’aisance harmonique et mélodique et la chaleur de la sonorité du ténor de Brandon Lee font merveille. Quant aux trompettistes qui interviennent en alternance selon les morceaux, la mesure de Brandon Lee n’a d’égale que la fougue de Bruce Harris. Voilà un album totalement réussi qui comblera d’aise les amateurs d’un jazz éternel.

Si l’on connait François Moutin depuis longtemps pour sa participation de sideman à de nombreux orchestres, il est rare de le voir en tête d’affiche, si ce n’est au sein des formations qu’il dirige avec son frère. Pour ce faire, il n’a pas choisi la facilité et c’est en duo avec une jeune chanteuse new-yorkaise d’origine indienne, Kavita Shah, qu’il co-signe « Interplay » (Dot Time/Socadisc). Le titre n’aurait pas pu être mieux choisi pour un enregistrement où les deux discours s’entrelacent, se répondent et se complètent avec autant de grâce que d’intelligence. Il faut dire que le sens de l’improvisation de Kavita Shah s’accommode à merveille des morceaux sans paroles qui ponctuent un  répertoire où des standards côtoient Horace Silver, Bill Evans et Martial Solal. Et le pianiste français est bien là sur ses deux morceaux, montrant qu’à 90 ans il a encore des doigts de jeune homme ! Quant à Sheila Jordan, invitée également sur deux morceaux, son âge avancé ne nous permet pas de la retrouver pleinement mais l’émotion de son chant ne peut que nous toucher. Voilà une rencontre surprenante entre un as de la basse (un son de toute beauté et quelques solos époustouflants) et une jeune chanteuse étonnante.

Contrebassiste allemand, Dieter Ilg est peu connu en France malgré sa participation aux orchestres de Charlie Mariano, Randy Brecker ou Albert Mangelsdorff. Idem pour son compatriote Till Brönner, l’un des meilleurs trompettistes de sa génération outre-Rhin dont l’identité musicale s’est parfois dissoute dans des projets trop variés. Pour le premier album qu’ils signent en duo (« Nightfall »/Okey-Sony), ils font preuve d’une complicité remarquable en entrecroisant leur discours sans que ni l’un ni l’autre ne tire la couverture à soi. A la belle sonorité et à l’agilité de Brönner tant au bugle qu’à la trompette répond le talent de Ilg dont les solos sont aussi inspirés que son tempo est solide. Sur un répertoire où Ornette Coleman, Bach, Leonard Cohen et McCartney cohabitent sans problème avec quelques standards, voilà un autre duo qui nous a mis sur le cul !

Mais il n’y a pas que la basse dans le jazz et je ne voudrais pas clore cette rubrique sans évoquer deux autres nouveautés. Le jeune pianiste Joran Cariou signe son premier disque, « The Path Up » (Unit Records). Formé au Centre des Musiques Didier Lockwood, il a invité le guitariste Pierre Perchaud à se joindre à son trio pour quelques titres sur un album léché et fluide où le souci mélodique est une constante des compositions, toutes originales.

Face à cette petite formation plutôt intimiste résonne le Duke Orchestra de Laurent Mignard et son « Jazzy Poppins » (Juste Une Trace). Adaptation du roman Mary Poppins de Pamela Lyndon Travers et du film qu’en tira Walt Disney, l’image nous manque à l’écoute du CD bien que ce formidable orchestre nous enchante dans ses interprétations des arrangements que Duke Ellington fit en 1964. Allez donc voir le spectacle si vous en avez l’occasion et vous entendrez cette superbe machine à swing en direct !

 Directeur de la Société OMD (1983-1996) spécialisée  dans la  distribution de  labels de jazz (Enja, Timeless,  Muse,  Sunnyside, GRP,  etc), créateur du label IDA  Records (1984 - 1998) qui enregistra  Barney Wilen, Louis  Sclavis,  Laurent de  Wilde, Enrico Pieranunzi et  bien  d'autres, Philippe Vincent est membre de  l'Académie du  Jazz  et collaborateur régulier de Jazz Magazine/Jazzman  depuis  2008.

Ce n'est pas du Jazz, mais ...

O'CONNOR BAND / Coming Home & Live !

 

Mark O'Connor est un violoniste virtuose Américain, originaire de Seattle, qui exprime son talent dans différents styles, la Country, le Bluegrass et le Jazz. Parmi ses influences majeures, il cite Stéphane Grappelli et le guitariste Chet Atkins. Il a notamment publié en 2000, l'album "Appalachian Journey" en compagnie du violoncelliste Yo-Yo Ma et du bassiste Edgard Meyer.
En 2015, il a fondé le "O'Connor Band" avec à ses côtés, son épouse Maggie (Violin), son fils Forrest (Mandolin), sa fille Kate Lee (Violin and Vocals) ainsi que Joe Smart (Guitar) et Geoff Sanders (Bass).
Ils ont publié deux formidables albums, "Coming Home", en 2016, couronné par un Grammy Award et "Live !" (2017).
Leur musique, tout simplement un exceptionnel Bluegrass inspiré par les racines de la musique des Appalaches.

     

Vu sur le Net

Catherine RUSSELL & John PIZZARELLI &  / Billie And Blue Eyes

Catherine Russell & John Pizzarelli présentent actuellement sur les scènes Américaines, un spectacle en hommage à Billie Holiday et Frank Sinatra. J'espère (sans trop y croire toutefois) que nous aurons la chance de les voir en France.

Un peintre à découvrir ou à redécouvrir

Giovanni BOLDINI (1842 - 1931)

Giovanni Boldini est un peintre Italien surnommé "Le Maître de Ferrare", sa ville natale. Il s'initie très jeune à la peinture dans l'atelier de son père, restaurateur d'Art. A 20 ans, il s'installe à Florence et se spécialise dans le portrait, genre pictural qui fera sa renommée. Il voyage ensuite beaucoup, se lie d’amitié avec Edgar Degas et John Singer Sargent puis s'installe à Paris où il devient un portraitiste très prisé par la haute société qui apprécie son style raffiné et son admirable traitement de la couleur.

A noter que Giovanni Boldini détestait la photographie dont il disait qu'elle ne fait que représenter le monde tel qu'il est, au contraire de la peinture qui s'attache à dépasser les structures et à déconstruire l'espace qui nous est familier.

Giovanni Boldini - La Divina In Blu - Aquarelle 50 X 36 (1905)

Giovanni Boldini - Cleo De Merode - (1901)

Une photo, une histoire

Tasmanie - Hobart - 14 janvier 2013

La Tasmanie ou Île de l’inspiration se situe à 240 Km de la côte sud de l'Australie au niveau des redoutés quarantièmes rugissants. Sur le port de Hobart, la ville principale de l’île, on peut admirer une série de sculptures en bronze.
Elles sont l'œuvre de l'artiste Australien Stephen Walker. Elles ont été réalisées à la mémoire du physicien et astronome Louis Bernacchi qui participa à plusieurs expéditions en Antarctique, à la fin du XIXe siècle.

Le mois prochain sur le Blog

La Newsletter de Mai sera presque exclusivement consacrée à Chet Baker, à l'occasion du trentième anniversaire de sa disparition.

 

Une photo, une histoire sur Adobe Spark

Chaque mois où presque, je publie une photo sur ce Blog, dans la rubrique "Une photo, une histoire". J'en ai rassemblé quelques-unes (et d'autres) sur "Adobe Spark". Vous pouvez les retrouver en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://spark.adobe.com/page/9eTFQOBye1l7a/

Photos et histoires de New York sur Adobe Spark

"Photos et histoires de New York" un 2e album photos est en ligne sur "Adobe Spark" à partir du lien ci-dessous :

https://spark.adobe.com/page/kYq4mBZWIMkaZ/

Souvenirs de Florence - La ville où l'Art est Roi

"Souvenirs de Florence" un 3e album photos est en ligne sur "Adobe Spark" à partir du lien ci-dessous :

https://spark.adobe.com/page/OO4sTcaYF54lT/

@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

Retrouvez Jazznicknames sur Twitter : @jazznicknames

https://twitter.com/jazznicknames

@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

Florence - Museo Novecento - 4 mars 2018
Alberto Magnelli - Contadini Col Carro - Huile sur Toile (1914)

http://www.museonovecento.it/en/

Ce Blog amateur est sans but lucratif. Certaines photos et certains logos sont sous copyright. Les personnes ou les sociétés disposant des droits sur ces images, qui souhaiteraient les voir retirer, sont invitées à me contacter. Les extraits musicaux et les liens vidéos ne figurent sur le Blog qu'à titre d'illustration. Ils ne constituent en aucun cas, une quelconque incitation au téléchargement illégal.

"Le Blog de Jazznicknames" is an amateur Blog with no lucrative reasons for being. Some pictures and logos are protected by copyright laws.  If you have the rights to these pictures and / or logos and wish to have them removed from this website, please contact me by E mail.
The musical and video excerpts on this site are only used to quote and illustrade. They have not been included in any way to entice illegal downloading.

jazznicknames@gmail.com

Retour à l'accueil