"Jazz is not just Music. It's a way of Life, It's a way of Being, A way of Thinking". Nina Simone

Le morceau du mois

Nina SIMONE / I Wish I Knew (How It Would Feel To Be Free)


"I Wish I Could Be Like A Bird In The Sky"

Disques

Airelle BESSON / Try

Six ans après "Radio One" la trompettiste Airelle Besson est de retour avec son quartet (Isabel Sörling - Voix, Benjamin Moussay - Piano, Fender Rhodes & Fabrice Moreau -Batterie).
Dès la première plage "The Sound Of Your Voice? Pt 1", on est saisi par le jeu aérien et délicatement romantique d'Airelle Besson.
S'ensuivent des pièces tour a tour enlevées, voire tempétueuses (Patitoune) ou apaisées (Uranus et Pluton). L'album se clôt par "Lulea's Sunset", une sorte de rêverie qui met particulièrement en valeur la voix ensorceleuse d'Isabel Sörling. C'est un album exigeant qui nécessite plusieurs écoutes  pour en apprécier toute la richesse et la subtilité.
En tout cas, l'essai (Try) est parfaitement transformé !

"En enregistrement, il y a beaucoup d'imprévus et de spontanéité. C'est Isabel Sorling qui disait : "On ne connaît pas nos limites". On peut aller où on veut. On sait que chacun d'entre nous a une énorme écoute, nous sommes tous attentifs les uns aux autres.  Le jazz, c'est de l'improvisation. Il y a une partition, évidemment, mais à l'intérieur, chacun est libre de faire ce qu'il a envie. C'est ce que j'aime, quand chacun amène sa patte sonore".
Airelle Besson sur France Culture

http://www.airellebesson.com/              https://www.isabelsorling.com/

       

https://www.benjaminmoussay.net/              https://fabricemoreau.com/

Un disque à découvrir ou à redécouvrir

Phineas NEWBORN Jr. / Fabulous Phineas

Cela fait bien longtemps que je n'avais pas écouté Phineas Newborn Jr.
Et puis, j'ai récemment entendu "Sugar Ray" sur une radio Jazz en ligne et cela m'a donné l'envie de ressortir ce "Fabulous Phineas".
Le pianiste l'a enregistré en 1958 avec son frère Calvin (guitare), George Joyner (basse) & Denzil Best (batterie). Phineas Newborn Jr., originaire de Memphis (Tennessee) s'est formé à la musique à l'école du Rhythm And Blues.
Il a débuté sa carrière professionnelle en accompagnant B. B. King et Lionel Hampton. Encouragé par Count Basie, il s'est installé à New York en 1956 et a aussitôt enregistré ses premiers disques. Jusqu'à son décès en 1989, à l'âge de 59 ans, il aura enregistré une vingtaine d'albums sous son nom. C'était un technicien virtuose et un improvisateur hors pair, enfant du Swing et du Bop. Enjoy !

Un morceau, une histoire

Billy TAYLOR / I Wish I Knew (How It Would Feel To Be Free)

Le pianiste Billy Taylor est né en 1921 à Greenville en Caroline du Nord et décédé en 2010 à New York. Parmi ses 300 compositions, "I Wish I knew (How It Would Feel To Be Free)" est son morceau le plus connu. Il l'a enregistré pour la première fois en 1963 sur l'album "Right Here, Right Now". Dans un style qui rappelle celui de Vince Guaraldi, ce morceau est devenu, à la fin des années soixante, l'hymne du "Civil Rights Movement", le mouvement Afro-Américain des droits civiques dont les figures emblématiques étaient Martin Luther King et Rosa Parks. Outre l'enregistrement original, la version de Nina Simone sur l'album "Silk And Soul" (1967) et en Live à Montreux (1976) que j'ai mise à la une de cette Newsletter est évidemment excellente mais comment pourrait-il en être autrement avec elle !
A écouter également, celles du Septet de Wynton Marsalis Feat. Susan Tedeschi & Derek Trucks (album "United We Swing" 2003 - 2007) et de Lara Downes (album "Some Of These Days" 2020).

Billy Taylor était également un infatigable promoteur du Jazz, que ce soit à l'université, à la télévision, à la radio ou encore à travers son organisation "Jazzmobile". Fondée en 1965, elle proposait des concerts gratuits, en plein air, dans les quartiers défavorisés de New York.

              

Début sur un tempo d'enfer ... - La chronique de Philippe VINCENT

Comme s’il fallait nous secouer de la somnolence où nous confinent les temps moroses que nous vivons, la chronique de ce mois commence sur un tempo d’enfer grâce au nouveau disque de Pierrick Pédron. Depuis vingt ans et son premier disque en compagnie de Baptiste Trotignon, Pédron a mené une sorte de double carrière, d’un côté avec des enregistrements dans la plus pure tradition bebop (rappelons-nous son premier CD newyorkais avec Mulgrew Miller) et de l’autre avec des projets plus électriques comme son Cheerleaders paru chez ACT.  Arrivé à la cinquantaine, et comme s’il ne voulait pas choisir, il se propose de sortir dans l’année deux albums se faisant l’écho de ces deux directions esthétiques et on a le premier dans les mains : « Fifty-Fifty / New York Sessions » (Gazebo / L’Autre Distribution). Immergé dans la fournaise newyorkaise qui rend l’appétit plus grand et l’inspiration plus affutée, il nous propose un bop intense très actuel et plein de liberté. En sa compagnie, trois musiciens hors normes qui le poussent vers les sommets : Sullivan Fortner (l’un des pianistes les plus originaux d’aujourd’hui), Larry Grenadier (bassiste historique du trio de Brad Mehldau), et le flamboyant batteur Marcus Gilmore (petit fils de l’inoubliable Roy Haynes). Avec  une telle section rythmique, Pierrick Pédron signe déjà  l’un des meilleurs disques de l’année !

              

Autre saxophoniste français parmi les meilleurs (pilier du big band de Claude Bolling et du Duke Orchestra de Laurent Mignard), de quelques années l’aîné de Pédron, Carl Schlosser a repris la flûte (je devrais dire les flûtes) de ses débuts pour signer un magnifique « We’ll Be Together Again » (Camille Productions / Socadisc) en duo avec le pianiste Alain Jean-Marie. L’instrument comme la formule orchestrale choisie incitent à une atmosphère moins bouillonnante que dans le précédent album mais Schlosser arrive à nous faire oublier que cet instrument plein de grâce et de légèreté n’existait pour nous en jazz que sur les lèvres de Jeremy Steig, de Roland Kirk ou d’Eric Dolphy. Avec sa sonorité, son phrasé, sa technique cachée derrière une belle inspiration, Schlosser nous fait entrer dans un univers plein de douceur et de poésie où Alain Jean-Marie est comme un poisson dans l’eau. Et dire que cette bande superbe fut enregistrée en 2002 ! Merci au producteur Michel Stochitch de l’avoir fait sortir de je ne sais quel tiroir.

Après un saxophoniste qui fit ses armes dans le bebop et un autre dans un jazz plus classique (mais les étiquettes ont-elles encore un sens aujourd’hui avec des musiciens avides de jouer des choses très différentes), voici une formation à l’esthétique plus contemporaine qui se fait l’écho de musiques où se rencontre l’Orient et l’Occident. Créé il y a une dizaine d’années par le batteur Srdjan Ivanovic, le Blazin’ Quartet nous offre un « Sleeping Beauty » (Coolabel / Absilone) qui nous fait voyager des Balkans aux plaines poussiéreuses chères à Sergio Leone et magnifiées par Ennio Morricone. La trompette d’Andreas Polyzogopoulos se fait aérienne, soutenue par la guitare multiforme de Federico Casagrande et la basse discrète mais efficace de Mihail Ivanov. Avec la flûte de Magic Malik invitée sur plusieurs morceaux. Il faut découvrir la beauté endormie du Sleepin’ Quartet.

              

Nous avons commencé avec la fougue du quartet de feu de Pierrick Pédron et nous allons terminer avec le recueillement du piano seul de Marc Copland qui a voulu rendre hommage à la mémoire de son vieil ami John Abercrombie disparu en 2017. Et quand les doigts d’or d’un des plus grands pianistes d’aujourd’hui rencontrent les compositions d’un des plus grands guitaristes de la même génération, on peut imaginer que le sublime n’est pas loin. Dans ce « John » (Illusions Mirage / L’Autre Distribution), on sent que Marc Copland a mis tout son cœur à faire revivre sous ses doigts des morceaux qu’il avait enregistré avec son vieux pote et on se sent enveloppé d’une intimité qu’il nous fait partager au fil d’une sorte de paix intérieure qui  nous gagne petit à petit. Si l’on ajoute un son de piano d’une grande beauté (bravo à Gérard de Haro et à l’instrument qui trône dans son Studio La Buissonne), on ne peut que vous inciter à vous immerger dans cet univers splendide et rédempteur. Une fois de plus, Marc Copland signe un chef d’œuvre.
 

              

Bad News

Claude CARRIERE (1939 - 21/02/2021)

Claude Carrière nous a quittés le 21 février alors qu’il allait avoir 82 ans, après une vie dévolue  au jazz avec passion. Dans les années 60 il fut d’abord pianiste (aux côtés de Patrice Caratini dans le Swing Limited Corporation) et il le resta jusqu’à la fin de sa vie comme en témoigne sa participation il y a quelques années au Chamber Jazz Quintet avec André Villeger. Son érudition le fit vite rejoindre les rangs de la critique spécialisée, d’abord dans la revue Jazz Hot et plus tard dans Jazzman. Mais ce fut à la radio, sur France Musique, qu’il put donner la pleine mesure de son talent. D’abord dans l’émission Jazz classique à partir de 1975 avant d’entamer un extraordinaire marathon de 9 ans avec Tout Duke (1976-1984), une émission où il proposait de faire connaître l’intégralité de l’œuvre enregistrée de Duke Ellington, lui qui était l’un des plus grands spécialistes du Duke en Europe. Enfin, sa plus belle invention radiophonique fut sans doute Jazz Club, des retransmissions de concerts tous les vendredis soir. Il y eut 1300 épisodes où l’on entendit sa belle voix feutrée pendant 25 ans aux côtés de son ami Jean Delmas, son partenaire de la première heure. Il fut également président de l’Académie du Jazz (pendant plus de 10 ans), de l’association Grands Formats (qui regroupe les grandes formations françaises) et, bien sûr, de La Maison du Duke qui se propose de faire vivre l’héritage du grand Ellington. Il fut également l’auteur de nombreuses rééditions discographiques, que ce soit chez Cristal Records, pour la collection Masters of Jazz ou pour tous ceux qui voulaient avoir recours à son érudition. Et ils étaient nombreux !


J’avais rencontré Claude en 1983 dès mon arrivée à Paris  où j’étais venu rejoindre le petit monde du jazz. Il avait fait partie des quelques personnes qui avaient accueilli avec chaleur et bienveillance le jeune homme de 29 ans que j’étais et qui débarquait de sa province, comme lui 25 ans plus tôt. Nous nous voyions régulièrement dans les clubs lors de ses enregistrements et nous prîmes l’habitude de dîner de temps en temps ensemble avec Mimi Perrin et sa fille Isabelle. Se joignaient parfois à nous  sa femme Michèle et des musiciens comme Claude Tissendier et Laurent de Wilde qui étaient ses amis. Je me souviens d’un soir où il nous avait emmenés à l’Ambassade d’Auvergne où il voulait absolument nous faire goûter l’aligot de la maison (c’était un enfant de Rodez) et il fut très déçu quand je lui rappelai qu’Isabelle et moi ne mangions jamais de fromage. Mais il en fallait davantage pour qu’il perde son éternelle bonne humeur et son sens du partage. Nous n’entendrons plus sa belle voix chaude de l’Aveyron, que ce soit à l’antenne ou autour d’une table.

Philippe Vincent

Via le lien ci-dessous, retrouvez Claude Carrière lors d’une interview qu’il donna fin 2019, peu de temps avant de tomber malade. Pendant une heure et demie, il nous parle de ses rencontres avec de nombreux musiciens de jazz, plus ou moins illustres. Passionnant !

Bad News

Chick COREA (12/06/1941 - 09/02/2021)


L'annonce de la disparition de Chick Corea, victime d'un cancer foudroyant, a été un véritable choc pour le monde du Jazz. Les artistes qui ont vraiment marqué leur époque sont finalement peu nombreux, Chick en faisait partie.
Il se révèle dans les années soixante lorsqu'il remplace Herbie Hancock dans le groupe de Miles Davis avec qui il enregistre trois albums qui marquent la naissance du Jazz Fusion. Il poursuit cette expérience avec son propre groupe "Return To Forever". Il multiplie ensuite les expériences, en solo, avec ses groupes l'Akoustic Band et l'Elektric Band et collabore avec les plus grands artistes de son temps.

Chick Corea a enregistré une multitude d'albums. En ce qui me concerne, j'aime particulièrement deux disques en duo, "Play" (1992), avec Bobby McFerrin et "Duet" (2008), enregistré lors d'un concert à Tokyo avec la pianiste Hiromi.
Au cours de sa carrière, Chick Corea a reçu 23 Grammy Awards !

Dans un message rédigé quelques jours avant sa mort, il disait "Je veux remercier tous ceux qui, tout au long du voyage, m'ont aidé à faire briller les feux de la musique".

       

"Only play what you hear. If you don't hear nothing, don't play anything". Chick Corea

Bad News

Johnny PACHECO (25/03/1935 - 15/02/2021)


Johnny Pacheco, légende de la Salsa, est décédé le 15 février. IL avait 85 ans. Né en République Dominicaine, il émigre aux Etats-Unis à 11 ans. Il se forme à la pratique de différents instruments (accordéon, violon, saxophone, clarinette) et apprend à jouer des percussions à la Juillard School de New-York. En 1963, il forme son premier orchestre, "Pacheco y su Charanga". Puis, il fonde la maison de disques Fania Records qui deviendra le label majeur de la Salsa. Il enregistre des artistes comme Willie Colon, Hercor Lavoe ou Celia Cruz. Il collabore également avec les Jazzmen (Quincy Jones, Stan Kenton, George Benson, Sammy Davis Jr.). On lui doit plus de 150 chansons dont la plupart sont devenues des classiques de la Salsa.

 

       

Un peintre à découvrir ou à redécouvrir

William H. Johnson (1901 - 1970)

William H. Johnson est un peintre Afro-Américain originaire de Florence en Caroline du Sud. A 17 ans, il part pour New York où il étudie à la "National Academy Of Design". A l'âge de 25 ans, il s'installe à Paris où il découvre le mouvement expressionniste, en particulier Chaïm Soutine. A partir de la fin des années trente, son art évolue vers des formes simples et colorées et il puise principalement son inspiration dans la vie urbaine de Harlem, comme en témoigne l'œuvre ci-dessous. Il connait une triste fin de vie puisqu'il est interné en 1947 et il meurt après 23 ans d'enfermement.

"Harlem Cityscape With Church" - Tempera On Paperboard - 56 X 71 (1940)
Washington - Smithsonian American Art Museum

Les albums photos en ligne sur Adobe Spark

Une photo, une histoire - Souvenirs du monde

"Une photo, une histoire" mon premier album photos en ligne sur "Adobe Spark". 
Vous pouvez l'ouvrir en cliquant sur le lien ci-dessous ou en scannant le QR Code avec votre smartphone

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Photos et histoires de New York - Souvenirs de "Big Apple"

"Photos et histoires de New York", un 2e album photos est en ligne sur "Adobe Spark"
à partir du lien ci-dessous ou en scannant
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Souvenirs de Florence - La ville où l'Art est Roi

"Souvenirs de Florence" un 3e album photos est en ligne sur "Adobe Spark" à partir du lien ci-dessous ou en scannant le QR Code avec votre smartphone

https://spark.adobe.com/page/OO4sTcaYF54lT/

Wild Wild West - Montana / Wyoming

"Wild Wild West - Montana Wyoming",
un 4e album photos est en ligne sur "Adobe Spark"
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le QR Code avec votre smartphone

https://spark.adobe.com/page/s3jlGRV26p3Hi/

Alaska - The Last Frontier

"Alaska - The Last Frontier",
un 5e album photos est en ligne sur "Adobe Spark"
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https://spark.adobe.com/page/mPQDKNV8IkkRk/

Fleurs du Monde

"Fleurs du Monde",
Le 6e album photos est en ligne sur "Adobe Spark"
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https://spark.adobe.com/page/SlSWDkktyzzRu/

Le Jardin des Tarots de Niki De Saint Phalle

 

https://spark.adobe.com/page/VU8NPXoBLsVhJ/

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Personal Artwork - "Chocolate And Raspberries- 28 février 2021

"I don't have a definition of Jazz. You're just supposed to know it when you hear it".
Thelonious Monk
 

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