"Jazz is not just Music. It's a way of Life, It's a way of Being, A way of Thinking". Nina Simone

Le morceau du mois

Nina SIMONE / I Wish I Knew (How It Would Feel To Be Free)
Live At Montreux 
(03/07/1976)

Disques

Nina SIMONE / The Montreux Years

Le Montreux Jazz Festival et le label BMG viennent de lancer "The Montreux Years", une collection d'albums qui regroupent les prestations d'artistes qui ont fait la légende du festival depuis sa création en 1967. Les deux premiers volumes sont consacrés à Etta James et à Nina Simone. Je me contenterai d'évoquer ici celui qui est consacré à cette dernière. L'album comprend des titres enregistrés lors de ses cinq concerts à Montreux (1968, 1976, 1981, 1987 & 1990) ainsi que l'intégralité de sa prestation de 1968. Toutes ces pépites proviennent de l'immense collection rassemblée par Claude Nobs, le fondateur du festival. Elles nous permettent de retrouver Nina qui rêvait dans sa jeunesse, d'être la première grande pianiste classique noire et qui est devenue une icône du Jazz. La retrouver ici, c'est tout simplement beau et émouvant.

Seul petit bémol, la pochette que je trouve vraiment très laide !

Les deux prochains volumes de la collection, à paraître le 27 août, seront consacrés à Muddy Waters et à Marianne Faithfull.

"Le Montreux Jazz Festival a toujours été une vitrine de premier plan pour la scène musicale internationale, ainsi qu'un lieu de rencontre pour les musiciens et les mélomanes. La magie de Montreux résidait dans les rencontres entre musiciens. Il y avait des événements uniques qui ne se répéteront jamais. L'idée était de permettre aux artistes de sortir des sentiers battus et d'éviter de rejouer leur répertoire habituel". Thierry Amsallem – PDG de Montreux Sounds

https://www.montreuxjazzfestival.com/fr/

       

Pharoah SANDERS, Floating Points & The London Symphony Orchestra / Promises

Inattendu et inespéré, voici le grand retour de Pharoah Sanders,
une véritable légende du Jazz.

A 80 ans, le natif de l'Arkansas, compagnon et héritier spirituel de John Coltrane a croisé la route du musicien Britannique Sam Shepherd, alias Floating Points. 15 ans après son dernier album (With A Heartbeat), le génial saxophoniste nous offre une longue pièce de 46 minutes en neuf mouvements.
Le résultat, une musique aérienne et en quelque sorte hors du temps.
Contrairement à l'album de Nina Simone, la pochette réalisée par la plasticienne Américaine Julie Mehretu est magnifique.

"Nous cherchons toujours une musique qui peut nous emmener plus loin. Il y a quelque chose avec le saxophone avec la façon dont il amplifie la respiration de celui qui en joue et qui vous donne l’impression que vous êtes à l’intérieur de son corps. En entendant Pharoah jouer sur cette pièce, c’était comme si l’instrument était une extension de son corps, un mégaphone pour son âme". Sam Shepherd
 

              

La sortie de cet album est une excellente occasion de réécouter "Karma" (1969), l'album emblématique de Pharoah
Sanders et en particulier le somptueux "The Creator As A Master Plan".

Un disque à découvrir ou à redécouvrir

Jutta HIPP / With Zoot Sims

Quelle curieuse histoire que celle de Jutta Hipp. Elle naît en 1925 à Leipzig en Allemagne. Elle découvre le Jazz dans les années quarante, à une époque où les nazis  qualifient le Jazz de "musique noire dégénérée". Elle prend des leçons de piano et commence à composer, influencée par Teddy Wilson, Fats Waller et Art Tatum. En 1946, elle devient musicienne professionnelle et en 1954, elle est remarquée par le producteur et critique musical Léonard Feather. Il l'aide à immigrer aux Etats-Unis et elle s'installe à New-York.
En 1956, elle publie trois albums dont ce magnifique "
With Zoot Sims" sur lequel elle exprime avec talent son style inspiré de celui d'Horace Silver. Quant à Zoot Sims, l'ex "Four Brothers", il démontre une fois de plus qu'il fait parties des maîtres d'un Jazz, certes classique, mais habité par le Swing.
L'album est enregistré par Rudy Van Gelder et produit par Alfred Lion pour le label Blue Note. 
En 1958, minée par le trac et l'alcoolisme, Jutta Hipp abandonne définitivement la musique pour devenir couturière dans une usine de vêtements. Elle s'adonne par ailleurs à la peinture, au dessin et à la photographie. Elle réalise notamment une série de caricatures de musiciens de Jazz (ci-dessous, Horace Silver).

"Pour nous, le jazz est une sorte de religion. On a vraiment dû se battre pour ça. Je me souviens de nuits où nous n'allions pas au refuge parce que nous écoutions des disques. Et bien que les bombes aient frappé autour de nous, nous nous sentions en sécurité ou du moins, si nous avions été tués, nous serions morts avec de la belle musique".
Jutta Hipp (A propos de la période de la seconde guerre mondiale).

              

Pour découvrir mieux encore Jutta Hipp, écoutez également les deux volumes du "Live At The Hickory House" (1956).

              

Un morceau, une histoire

Alex NORTH & Hy ZARET / Unchained Melody

 

Cette chanson, l'une des plus enregistrées au XXe siècle, a été composée en 1955 par Alex North, pour le film "Unchained" (Prisons sans Chaines) dans lequel elle était interprétée par Todd Duncan. Le film passe inaperçu, la chanson aussi ! Elle devient un succès en 1956 dans la version d'Harry Belafonte puis un véritable tube planétaire dans celle des Righteous Brothers en 1965. Parmi les versions remarquables, on peut citer celles de Willie Nelson (album "Stardust" - 1978), de George Benson (album "Livin' Inside Your Love" - 1979) et de Joni Mitchell (album "Wild Things Run Fast" - 1982).
Et puis, il y a aussi l'étonnante interprétation "A Capella" des Fleetwoods, un groupe d'Olympia dans l'état de Washington qui l'enregistre sur l'album "Mr Blue" (1959). 

              

              

              

Grand piano - La chronique de Philippe VINCENT

Si les américains utilisent le vocable grand piano pour parler d’un piano à queue, par opposition à un piano droit, il est tentant de refaire traverser l’Atlantique à l’expression pour parler non pas de l’instrument mais de la musique que l’on joue avec lorsque c’est du “grand art”. Aussi, ne boudons pas notre plaisir à user de ce glissement sémantique pour évoquer le dernier enregistrement de trois grands artistes du clavier.


A 92 ans, Martial Solal faisait, Salle Gaveau il y a deux ans, son dernier concert. Après plus de 70 ans de carrière au plus haut niveau, du solo qu’il affectionna bien vite au big band dont il contribua à moderniser le genre, Solal nous donne à entendre une fois de plus la magie sonore avec laquelle jonglent ses dix doigts que les affres du temps ne semblent pas atteindre.
Dans ce “Coming Yesterday – Live at Salle Gaveau 2019 (Challenge Records) le maestro, seul face à l’ivoire, choisit pour l’essentiel de vieux standards inusables qui sont pour lui autant de prétextes à inventer de la musique  autour d’un thème et de ses harmonies en jouant sur les mélanges de tonalités, de rythme ou de style. On a déjà disserté des heures sur son immense technique pianistique, son génie de l’improvisation, sa grande culture musicale, sa façon de dompter la liberté acquise à force de travail ou son humour délicieux qu’il aime glisser entre les notes.

Mais nous retiendrons d’abord la fraîcheur qui se dégage de son jeu tout au long de ce splendide récital, comme si le temps n’avait aucune prise sur son art. Sans doute parce que cette musique est éternelle et universelle.
 

              

Enfant de la génération suivante, Enrico Pieranunzi a lui aussi derrière lui un long parcours (un demi-siècle de carrière). S’il est un grand admirateur de son aîné, son style est différent et s’est forgé sous l’influence majeure de l’immense Bill Evans. Mais il partage avec Solal un rapport fusionnel avec le piano et le privilège d’avoir été l’un des deux seuls pianistes européens à s’être produit au fameux Village Vanguard de New-York. Dans une discographie impressionnante où rien n’est à jeter, le romain a toujours entretenu une relation privilégiée avec les contrebassistes, que ce soit Charlie Haden, Hein Van de Gein ou Marc Johnson avec qui il forma un duo superbe. C’est le cas aujourd’hui avec Thomas Fonnesbaeck, digne héritier d’une école danoise de la basse initiée par le grand Niels Henning Orsted Pedersen. Comme dans leur album précédent enregistré en public il y a quatre ans, “The Real You” (Stunt / UVM) montre une connivence musicale saisissante entre les deux musiciens. On retrouve l’extraordinaire sens mélodique du pianiste où la couleur poétique est rehaussée par un touché de piano unique. Quant à Fonnesbaeck, il rend coup pour coup, ou plutôt caresse pour caresse, nous rappelant une fois de plus qu’il est l’un des contrebassistes les plus doués de la scène actuelle. Un duo haut de gamme où la grâce le dispute à l’élégance.

 

https://www.enricopieranunzi.it/       https://www.thomasfonnesbaek.dk/

Représentant une troisième génération de pianistes, Paul Lay s’est hissé au sommet en quelques années. On avait vite remarqué son talent au sein des quartettes de Géraldine Laurent et d’Eric Le Lann avant qu’il ne signe ses premiers albums en trio (magnifique “Deep Rivers” paru il y a quelque temps chez Laborie Jazz). Et voilà qu’il s’attaque au solo, exercice ardu qui ne souffre pas l’approximation. Et pour compliquer la chose, Paul veut s’inspirer de l’œuvre de Beethoven, ce qui n’a rien de gagné à l’avance quand on reprend des morceaux qui ont pu faire s’arracher les cheveux à beaucoup de voisins d’apprentis-pianistes (La lettre à Elise ou la Sonate au clair de lune). Mais le béarnais est loin d’être un débutant et son intelligence le fait traiter ces thèmes comme des standards de jazz dont on explore les  infinies possibilités rythmiques et harmoniques. Comme le fait Martial Solal dans un autre style il prend un infini plaisir à démonter, remonter, réinventer des morceaux qui ont une nouvelle vie sous ses doigts et auxquels il ajoute ses propres compositions, réalisant un ensemble homogène de toute beauté.  Ce garçon a tout compris du jazz et son gros  bagage technique lui permet de mettre en forme toutes les idées géniales qui lui passent par la tête dans ce “Full Solo” (Gazebo / L’Autre Distributioon). Une heure de bonheur en compagnie d’un authentique maître du clavier.

http://www.paul-lay.com/paul-fr

              

Mais après ces trois géants n’oublions pas les jeunes pianistes dont certains vont assurer la relève. Parmi eux, Baptiste Bailly (29 ans) a un itinéraire original. Il a commencé le piano en autodidacte à l’adolescence avant de se perfectionner au conservatoire et d’enrichir son bagage auprès de plusieurs pianistes dont Aaron Parks et Yonathan Avishai. Installé à Valencia après un séjour à Barcelone, il a intégré la scène espagnole et a monté un trio avec lequel il a enregistré sur le label Fresh Sound New Talent. Mais c’est en solo qu’il présente “Suds” (Neuklang / BigWax), un album très attachant où le piano acoustique est parfois soutenu par des nappes d’orgue ou des textures électroniques. Des univers sonores poétiques et oniriques y rencontrent des inspirations venant de la tradition du piano impressionniste ou parfois du flamenco, nous promenant d’un Sud à l’autre.
Un disque original à découvrir et un pianiste à suivre.

https://www.baptistebailly.com/

 

              

Philippe Vincent



Directeur de la Société OMD (1983 - 1996) spécialisée dans la distribution de labels Jazz
(Enja, Timeless, Muse, Sunnyside, GRP, etc), créateur du label IDA Records (1984 - 1998)
qui enregistra Barney Wilen, Louis Sclavis, Laurent De Wilde, Enrico Pierannunzi
et bien d'autres, Philippe Vincent est membre de l'Académie du Jazz et collaborateur
régulier de Jazz Magazine depuis 2008.

I Know, It's Only Rock 'N' Roll ...

While My Guitar Gently Weeps

Même si le Jazz reste ma musique de cœur, je n'oublie pas les autres styles qui m'ont marqué tout au long de ces dernières décennies, la musique classique, le Rock, la Pop Music, la Folk Music, le Blues, la Country Music ...

J'ai donc décidé de partager avec vous quelques moments que j'aime.
Voici le premier.

Le 29 novembre 2002, un an, jour pour jour, après le décès de George Harrison, ses amis musiciens se retrouvent au Royal Albert Hall de Londres pour un concert en hommage au Beatles disparu prématurément.
Sur scène, Eric Clapton, Paul McCartney, Ringo Starr, mais aussi Tom Petty, Albert Lee, Gary Brooker, Billy Preston, Klaus Voormann, Jim Capaldi ... et puis un tout jeune guitariste de 23 ans, Dhani Harrison, le fils de George.

Parmi les titres interprétés ce soir-là, un somptueux "While My Guitar Gently Weeps".

​​Un artiste à découvrir ou à redécouvrir

Richard TUSCHMAN

Richard Tuschman est un artiste né à New York en 1956. Il a développé un style très personnel qui combine la peinture et la photographie. Ainsi, il assemble numériquement des décors peints en modèles réduits et des modèles humains photographiés en studio. Il a notamment créé une série d'images composites intitulée "Hopper Meditations", inspirée par l'œuvre d'Edward Hopper.

"J'ai toujours aimé la façon dont les peintures de Hopper, avec une économie de moyens, illustrent certains mystères psychologiques et la complexité de la condition humaine". Richard Tuschman

J’ai toujours aimé la façon dont les peintures de Hopper, avec une économie de moyens, illustrent certains mystères psychologiques et la complexité de la condition humaine.”

En savoir plus: https://www.pixfan.com/richard-tuschman-mise-en-scene-poetique/

Richard Tuschman - "Hotel By Railroad" (2012)

https://richardtuschman.com/

Edward Hopper - "Hotel By A Railroad" (1952)

Vu sur le Net

Les bergers érudits du sud-ouest

Je vous invite vraiment à prendre le temps de regarder ce formidable reportage réalisé en 1967 auprès des bergers des Pyrénées, au temps de la transhumance. A une époque où la culture est devenue une valeur marchande, ce retour en arrière est un véritable bain de jouvence et nous prouve que de simples paysans des années soixante étaient probablement plus érudits que nos énarques d'aujourd'hui.

Les albums photos en ligne sur Adobe Spark

Une photo, une histoire - Souvenirs du monde

"Une photo, une histoire" mon premier album photos en ligne sur "Adobe Spark". 
Vous pouvez l'ouvrir en cliquant sur le lien ci-dessous ou en scannant le QR Code avec votre smartphone

https://spark.adobe.com/page/9eTFQOBye1l7a/

Photos et histoires de New York - Souvenirs de "Big Apple"

"Photos et histoires de New York", un 2e album photos est en ligne sur "Adobe Spark"
à partir du lien ci-dessous ou en scannant
le QR Code avec votre smartphone

https://spark.adobe.com/page/kYq4mBZWIMkaZ/

Souvenirs de Florence - La ville où l'Art est Roi

"Souvenirs de Florence" un 3e album photos est en ligne sur "Adobe Spark" à partir du lien ci-dessous ou en scannant le QR Code avec votre smartphone

https://spark.adobe.com/page/OO4sTcaYF54lT/

Wild Wild West - Montana / Wyoming

"Wild Wild West - Montana Wyoming",
un 4e album photos est en ligne sur "Adobe Spark"
à partir du lien ci-dessous ou en scannant
le QR Code avec votre smartphone

https://spark.adobe.com/page/s3jlGRV26p3Hi/

Alaska - The Last Frontier

"Alaska - The Last Frontier",
un 5e album photos est en ligne sur "Adobe Spark"
à partir du lien ci-dessous ou en scannant
le QR Code avec votre smartphone

https://spark.adobe.com/page/mPQDKNV8IkkRk/

Fleurs du Monde

"Fleurs du Monde",
Le 6e album photos est en ligne sur "Adobe Spark"
à partir du lien ci-dessous ou en scannant
le QR Code avec votre smartphone

https://spark.adobe.com/page/SlSWDkktyzzRu/

Le Jardin des Tarots de Niki De Saint Phalle

 

https://spark.adobe.com/page/VU8NPXoBLsVhJ/

@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

Retrouvez le Blog de Jazznicknames sur Twitter

https://twitter.com/jazznicknames

@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

Paris - Centre National d'Art et de Culture Georges Pompidou - 30 octobre 2019
Raoul Dufy - "Les affiches à Trouville" - Huile sur Toile 65 X 81 (1906)

"I don't have a definition of Jazz. You're just supposed to know it when you hear it".
Thelonious Monk

Ce Blog amateur est sans but lucratif. Certaines photos et certains logos sont sous copyright. Les personnes ou les sociétés disposant des droits sur ces images, qui souhaiteraient les voir retirer, sont invitées à me contacter. Les extraits musicaux et les liens vidéos ne figurent sur le Blog qu'à titre d'illustration. Ils ne constituent en aucun cas, une quelconque incitation au téléchargement illégal.

"Le Blog de Jazznicknames" is an amateur Blog with no lucrative reasons for being. Some pictures and logos are protected by copyright laws.  If you have the rights to these pictures and / or logos and wish to have them removed from this website, please contact me by E mail.
The musical and video excerpts on this site are only used to quote and illustrade. They have not been included in any way to entice illegal downloading.

jazznicknames@gmail.com

Retour à l'accueil