"Jazz is not just Music. It's a way of Life, It's a way of Being, A way of Thinking". Nina Simone

Le morceau du mois

Sara GAZAREK / After You've Gone

Disques

Cecil L. RECCHIA / Play Blue

J'avais découvert Cecil L. Recchia avec son précédent album "The Gumbo" dans lequel elle rendait hommage aux musiques de rue de la Nouvelle Orléans (voir la Newsletter de septembre 2018). Elle nous revient avec "Play Blue". Cette fois, elle revisite vocalement des instrumentaux qui ont fait les grandes heures du Label Blue Note. Sur des arrangements originaux du batteur David Grebil, on retrouve ainsi des morceaux comme "The Sidewinder" (Lee Morgan), "Moanin'" (Bobby Timmons) ou encore "Soulville" (Horace Silver). Mon titre préféré, le "Driftin'" d'Herbie Hancock qui met particulièrement en valeur le Feeling de Cecil Recchia et sa voix claire et limpide. Une bonne occasion d'ailleurs de réécouter la version originale sur l'album "Takin' Off" (1962). Cecil L. Recchia apporte, avec la grâce et la délicatesse qu'on lui connait, sa touche personnelle à ce beau projet.
L'album sera en vente le 5 novembre, vous pouvez l'acquérir les yeux fermés.

"Play Blue poursuit notre recherche autour de la diversité rythmique sur des sentiers peu, voire non explorés vocalement. J'en ai écrit tous les textes (à l'exception du titre Moanin'). Projet profondément respectueux du son Blue Note conçu par les fondateurs du label mythique (Alfred Lion et Francis Wolff, auxquels est consacré le texte du titre Sidewinder). Play Blue puise dans les racines du blues, le groove et s'inscrit dans une esthétique résolument Hard Bop". Cecil L. Recchia

https://cecilrecchia.com/

       

Adonis ROSE And The New Orleans Jazz Orchestra Feat. Cyrille AIMÉE / Petite Fleur


La chanteuse Cyrille Aimée est originaire de Samois sur Seine, la ville d'adoption de Django Reinhardt. Cette excellente scatteuse s'est fait remarquer très jeune dans les plus grands concours internationaux, en étant en particulier finaliste en 2010  de la prestigieuse "Thelonious Monk International Jazz Competition". Après s'être installée à Brooklyn, elle a quitté "Big Apple" en 2018 pour "Big Easy" (la Nouvelle Orléans).
Par l'intermédiaire du trompettiste Nicholas Payton, elle a rencontré le batteur 
Adonis Rose qui est par ailleurs le directeur artistique du NOJO (New Orleans Jazz Orchestra). Cyrille Aimée a souhaité travailler avec le NOJO et de cette collaboration est né l'album "Petite Fleur", un voyage musical entre la France et la nouvelle Orléans.
On se balade ainsi entre Jelly Roll Morton et Michel Legrand en passant par Sidney Bechet. Le NOJO sonne comme les plus grands orchestres et Cyrille Aimée lui apporte sa fraicheur et son swing.

C'est un album remarquable, tout en suavité, qui m'a vraiment conquis.



https://cyrillemusic.com/            https://www.thenojo.com/

       

Je vous recommande également un autre album du NOJO, "Book One" qui a obtenu, en 2010, le Grammy Award dans la catégorie "Best Large Jazz Ensemble Album".

       

​​Une artiste à découvrir ou à redécouvrir

Lynne ARRIALE


Lynne Arriale est une pianiste américaine, relativement peu connue en France, mais qui jouit d'une belle réputation outre atlantique. Elle a d'ailleurs reçu le grand prix de la première édition de la "Great American Jazz Piano Competition" en 1993. Elle a 15 albums à son actif et pour la découvrir, je vous propose "Arise" enregistré en trio en 2002 avec Jay Anderson (Bass) & Steve Davis (Drums).
On retrouve chez elle un peu de Keith Jarrett et un soupçon de Monty Alexander.
Lynne Arriale se consacre également à l'enseignement. Elle est professeur de piano Jazz à l'université de Jacksonville en Floride.

"La musique de Lynne Arriale se situe à l'intersection synaptique où le cerveau rencontre le cœur, où le corps rencontre l'âme. Elle établit un lien spécial et profond avec son public, et l'énergie circule dans les deux sens. L'authenticité émotionnelle de Lynne Arriale permet à son public de ressentir et de penser avec elle". JazzTimes

http://www.lynnearriale.com/

              

​The Blues Corner

Joe BARR With Breezy RODIO / Soul For The Heart


Cet album marque le retour sur le devant de la scène du "Chicago Blues", un style qu'on avait à vrai dire un peu oublié.
Il est né de la rencontre entre Joe Barr, Soul Singer emblématique de la "Windy City" et Breezy Rodio, l'un des meilleurs guitaristes de Blues de la ville. A leur côtés, l'excellent Chris Foreman à l'orgue Hammond ainsi que Johnny Reed (Bass), Lewis Powell (Drums) et une section de cuivres.
Le morceau d'ouverture, "Drown In My Own Tears" (Ray Charles) nous prend véritablement aux tripes et donne le ton de l'album. Le reste est à l'avenant, en particulier les superbes reprises de "Ain't Nothing You Can Do" de Bobby Bland et de "To Know You Is To Love You" de B. B. King. Du Blues intemporel comme on l'aime.

"One of the best soul singers in the world, one of the greatest organ players in the world and one of the hottest guitarists on the present Blues scene. This unique and outstanding combo brings tears, joy, fire and soul into your soul". Blues and Soul Magazine

              

Un morceau, une histoire

Duke ELLINGTON, Juan TIZOL & Irving MILLS / Caravan


"Caravan", l'un des plus célèbres standards du Jazz, a été composé en 1936 par le tromboniste Juan Tizol. Duke Ellington qui cosigne le morceau en a écrit les arrangements  et Irving Mills les paroles. "Caravan" est caractéristique du style "Jungle" de l'époque, mâtiné d'un peu d'exotisme. Il a été enregistré pour la première fois en 1936 par Barney Bigard mais c'est l'année suivante qu'il acquiert une véritable notoriété dans la première version du Duke.

On dénombre une multitude de versions de "Caravan", en voici quelques-unes : Thelonious Monk - Album "Plays Duke Ellington" (1955), Wes Montgomery - Album "Movin' Wes" (1964), Monty Alexander & John Clayton - Album "Duke Ellington Songbook" (1983) et la merveilleuse interprétation de Michel Petrucciani - Album "Solo Live" (1997).

       

       

Tradition et modernité - La chronique de Philippe VINCENT

L’histoire et la vie du jazz sont un éternel va-et-vient entre le passé et le présent, les musiciens puisant leur inspiration dans l’un pour nourrir l’autre. Une fois de plus, les albums que nous avons choisis ce mois-ci illustrent bien le phénomène, les trois premiers faisant référence avec évidence à une longue tradition et les deux autres affirmant davantage une modernité qui n’en oublie pas moins ses racines.


"Flowing" (Camille Productions/Socadisc) réunit deux musiciens que l’on attache souvent à un courant dit de “jazz classique” bien que cet étiquetage nous semble beaucoup trop réducteur pour eux. Le pianiste Pierre Christophe, dont on a déjà parlé ici, a fait une partie de son apprentissage à New-York aux côtés de Jaki Byard (inoubliable compagnon de route de Charles Mingus avec qui il enregistra quelques chefs d’œuvre) avant de revenir en France quérir le Prix Django Reinhardt de l’Académie du Jazz en 2007. Quant à Hugo Lippi, également couronné par le même prix en 2019, c’est un guitariste devenu incontournable de la scène nationale. Entre ces deux fortiches, la tentation aurait pu être grande de former un duo de compétiteurs mais ce n’est que de musique dont il est question ici. Si les compositions sont toutes signées du pianiste (les connaisseurs y retrouveront les influences aussi variées que celles de Ravel, Chopin, Ellington ou Jobim), c’est bien d’un véritable dialogue sans bavardage que nous offrent deux artistes aux doigts d’or sur un répertoire où la grâce le dispute à l’intelligence.

 

Autre pianiste de talent, c’est en quintette qu’Adrien Chicot a choisi d’enregistrer « Babyland » (Gaya/L’Autre Distribution). On connaissait ses albums précédents en trio mais c’est avec bonheur qu’il a enrichi sa palette de deux cuivres et pas des moindres, le trompettiste Julien Alour (un de ses vieux complices) et l’excellent saxophoniste cubain Ricardo Izquierdo dont on aime la sonorité voluptueuse et le jeu plein de fluidité. Si on ajoute une paire rythmique de première classe constituée de Sylvain Romano et d’Antoine Paganotti, on obtient une formation d’excellence dans laquelle les racines bebop sont subtilement réactualisées. Une architecture soignée qui n’est pas sans évoquer la grande époque Blue Note et où le plaisir de jouer des musiciens n’a d’égal que celui de nos oreilles.

http://adrienchicot.com/


 

              


Mais comment invoquer la tradition sans parler d’Alvin Queen et de son album « Night Train To Copenhagen » (Stunt/UVM). Né dans le Bronx mais émigré au Canada puis en Suisse dans les années 70, ce batteur au drive métronomique fut d’abord le protégé d’Elvin Jones dès son adolescence avant de jongler avec ses baguettes derrière Horace Silver, Oscar Peterson, Charles Tolliver ou George Benson. Le répertoire de ce disque est d’ailleurs une forme d’hommage à Peterson puisqu’il est emprunté en grande partie à deux des meilleurs albums des années 60 du grand pianiste canadien, « Night Train » (d’où le titre) et « We Get Requests ». Si on n’est pas étonnés du swing qui a toujours habité ce batteur aussi élégant qu’efficace, on découvre avec bonheur deux jeunes musiciens scandinaves, le pianiste suédois Calle Brickman (étonnant “dans le rôle de” Oscar Peterson) et le danois Tobias Dall. Décidément, Alvin Queen est un homme de goût !

https://alvinqueen.com/
 

              

Mais les scandinaves peuvent aussi « envoyer le steack » comme le disent les jeunes musiciens. Preuves en sont deux albums édités par le label norvégien Odin. Avec « Velhommen Hap » le groupe Flukten allie l’énergie du rock au discours sans compromis de certains courants du jazz actuel aux multiples influences. On y retrouve la saxophoniste Hanna Paulsberg (dont on a déjà dit grand bien ici) et Marius Klovning, un guitariste dont le jeu nous fait parfois penser à celui de Bill Frisell. Un quartet aux mélodies enjouées, aux harmonies parfois dissonantes et à la spontanéité vivifiante ! Autre formation d’allumés que nous présente le label du dieu nordique, The Source est un quartet sans instrument harmonique (Saxophone, trombone, basse, batterie) créé en 1994. Influencé à l’origine par Ornette Coleman et d’autres musiciens de l’époque free, il fit évoluer sa musique dans d’autres directions, coopérant avec plusieurs quatuors à cordes puis différents artistes orientaux tout en continuant leurs légendaires “concerts de Noël”. Après plusieurs albums dont un chez ECM (où enregistre aussi le saxophoniste du groupe Trygve Seim), il présente aujourd’hui « … but swinging doesn’t bend them down », un album dont le titre est emprunté à un poème de Robert Frost qui évoque le rêve d’un enfant grimpant à la cime des arbres et se balançant de branche en branche. Un disque aussi singulier qu’attachant qui rassemble beaucoup d’influences accumulées en trente ans d’activité. Ecoutez ! 

              

              

Philippe Vincent



Directeur de la Société OMD (1983 - 1996) spécialisée dans la distribution de labels Jazz
(Enja, Timeless, Muse, Sunnyside, GRP, etc), créateur du label IDA Records (1984 - 1998)
qui enregistra Barney Wilen, Louis Sclavis, Laurent De Wilde, Enrico Pierannunzi
et bien d'autres, Philippe Vincent est membre de l'Académie du Jazz et collaborateur
régulier de Jazz Magazine depuis 2008.

Vu sur le Net

Félicien BRUT / L'Odieuse Fugue

Félicien Brut est un jeune accordéoniste virtuose originaire de Clermont-Ferrand et disciple de Richard Galliano.
Son album "
Neuf" rend hommage à Ludwig Van Beethoven. Neuf compositeurs actuels ont relevé le défi d'écrire chacun une pièce inspirée d'un élément caractéristique de l'œuvre de Beethoven. L'odieuse fugue composée par Stéphane Delplace, à partir de la 9e symphonie, est particulièrement remarquable. A vous de juger !

https://www.felicienbrut.com/

Un artiste à découvrir ou à redécouvrir

Léon SPILLIAERT (1881 - 1946)

Le peintre Belge Léon Spilliaert est né le 28 juillet 1881 à Ostende et mort le 23 novembre 1946 à Bruxelles.
Il appartenait au mouvement symboliste Belge aux côtés de l'écrivain Maurice Maeterlinck et du poète Emile Verhaeren et revendiquait l'influence d'Edvard Munch.
 Il pratiquait l'aquarelle, la gouache, le pastel, les crayons de couleur, l'encre de chine et l'huile.
Son style se caractérise par l'utilisation du clair-obscur dans de œuvres où se mêlent mélancolie et tristesse.
La buveuse d'absinthe est typique du style de Spilliaert. La jeune femme aux yeux sombres est figée et  hébétée par les ravages de l'alcool.
Pour réaliser ce tableau, l'artiste a mêlé trois techniques, l'aquarelle, l'encre de chine et les crayons de couleur.

La buveuse d'absinthe (De Absintdrinkster) - 105 X 77 (1907)

Les albums photos en ligne sur Adobe Spark

Une photo, une histoire - Souvenirs du monde

"Une photo, une histoire" mon premier album photos en ligne sur "Adobe Spark". 
Vous pouvez l'ouvrir en cliquant sur le lien ci-dessous ou en scannant le QR Code avec votre smartphone

https://spark.adobe.com/page/9eTFQOBye1l7a/

Photos et histoires de New York - Souvenirs de "Big Apple"

 

https://spark.adobe.com/page/kYq4mBZWIMkaZ/

Souvenirs de Florence - La ville où l'Art est Roi

 

https://spark.adobe.com/page/OO4sTcaYF54lT/

Wild Wild West - Montana / Wyoming

 

https://spark.adobe.com/page/s3jlGRV26p3Hi/

Alaska - The Last Frontier

 

https://spark.adobe.com/page/mPQDKNV8IkkRk/

Le Jardin des Tarots de Niki De Saint Phalle

 

https://spark.adobe.com/page/VU8NPXoBLsVhJ/

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USA - Chicago - "Blue Chicago On Clark" - 09 septembre 2006

"I don't have a definition of Jazz. You're just supposed to know it when you hear it".
Thelonious Monk
 

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