"Jazz is not just Music. It's a way of Life, It's a way of Being, A way of Thinking". Nina Simone

Le morceau du mois

Susie ARIOLI / Call Collect On Christmas

Disques

Esbjörn SVENSSON / Home.s

Le 14 juin 2008, le pianiste Suedois Esbjörn Svensson disparaissait tragiquement dans un accident de plongée sous-marine, il n'avait que 44 ans. Son décès provoqua alors une véritable onde de choc dans le monde du Jazz, tant sa musique était appréciée. Né en 1964 à Västeras, Esbjörn Svensson est éduqué à la musique par sa mère, elle-même pianiste. Il poursuit ses études à l'école Royale supérieure de musique de Stockholm. Il forme ensuite son trio, E.S.T, avec Dan Beglung (Contrebasse) et Magnus Öström (Batterie) qui le propulse au firmanent du Jazz. Les trois acolytes publient douze albums, en particulier "Strange Place For Snow", mon préféré,  en 2002. La parution de Home.s est un véritable évènement puisque c'est l'unique album solo d'Esbjörn Svensson, enregistré dans sa maison quelques semaines avant sa mort. Il est resté pendant plus de dix ans dans les archives de sa femme Eva. Elle raconte "After Esbjörn passing, I made sure all the contents of his computer were saved to back up hard drives. And then I basically left them untouched for the next ten years .../... When the solo piano recordings were found at our home, it felt like getting a message smuggled over the border. This music is like having Esbjörn's voice in the room. It couldn't be anybody else thad played". Celui qui revendiquait sa filiation avec Jan Johansson, Chick Corea et Keith Jarret nous émerveille avec les 9 titres de ce "Home.s".

https://esbjornsvensson.se/

       

Baiju BHATT & Red Sun/ People Of Tomorrow


Belle découverte que ce violoniste Suisse d'origine Indienne. "People Of Tomorrow" est le troisième album de Baiju Bhatt. Il est placé sous le signe de la fusion entre la tradition de la musique Indienne et la modernité du Jazz Rock. Accompagné par son groupe, Red Sun et par une pléiade d'invités (Nguyên Le, Mohini Dey, Veronika Stalder, Raphaëlle Brochet...), il nous propose quinze compositions originales, sublimées par son jeu véritablement flamboyant. N'oublions pas qu'il a été l'élève de Pierre Banchard, mais aussi de Didier Lockwood et de Jean-Luc Ponty. La musique de Baiju Bhatt, telle un plat épicé aux multiples saveurs, nous entraine dans un passionnant voyage musical.

https://baijubhatt.com/fr/page-principale-fr/#red_sun

Un disque à découvrir ou à redécouvrir

Ernestine ANDERSON / My Kinda Swing

Un peu oubliée aujourd'hui, Ernestine Anderson n'en est pas moins une très grande chanteuse de Jazz. Née en 1928 à Houston au Texas, elle commence à chanter dès l'âge de 6 ans dans une chorale Gospel. Sa famille ayant déménagé à Seattle, elle se produit pour la première fois, alors qu'elle n'est encore qu'une adolescente, au Washington Social Club, dans un groupe qui comprend deux jeunes musiciens promis au plus bel avenir, Quincy Jones & Ray Charles. C'est le début d'une carrière qui va la mener au firmament du Jazz. Elle enregistre de nombreux disques mais à la fin des années soixante, à une époque où le Jazz est supplanté par le Rock'N Roll, elle cesse toute activité musicale. Elle survit grace à de petits emplois (femme de chambre, standardiste). Elle revient à la musique en 1975 et enregistre jusqu'en 2003 avant, cette fois, de cesser définitivement de chanter.
Pour la découvrir ou la redécouvrir, je vous propose l'album "My Kinda Swing" enregistré en 1960 pour le label Mercury. Je pense que, comme moi,  vous apprécierez sa voix chaleureuse, empreinte de Gospel et de Blues.

"She is the best new jazz singer in a decade. She has good diction, time, an uncanny ability to phrase well, great warmth in her voice, a true tone and, on top of all that, she swings like mad". San Francisco Chronicle

       

Un morceau, une histoire

Jimmy MCHUGH & Dorothy FIELD / On The Sunny Side Of The Street


"On The Sunny Side Of The Street" a été composé en 1930 par Jimmy McHugh (musique) et Dorothy Field (paroles) pour la comédie musicale "International Revue" de Lew Leslie, créée à Broadway la même année.
On raconte qu'en réalité, la chanson aurait été composée par Fats Waller mais celui-ci, à court d'argent, en aurait cédé les droits au plus offrant.

Beaucoup de belles versions, en particulier celle de Billie Holiday (1944) mais aussi ces quelques autres.

Lester Young "The President Plays With The Oscar Peterson Trio" (1955), Ella Fitzgerald "Ella And Basie" (1963), Roberta Gambarini "Easy To Love" (2006), Sara Gazarek & Josh Nelson "Dream In Blue" (2015), Bill Charlap Trio "Notes From New York" (2016), 

              

              

Gainsbourg et le Jazz - La chronique de Philippe VINCENT

Serge Gainsbourg faisait partie de cette génération de musiciens qui se sont nourris au jazz avant de faire carrière dans la chanson. Pas étonnant que des musiciens d’aujourd’hui s’inspirent de lui pour leur répertoire, qu’il s’agisse de Daniel Zimmermann côté instrumental ou de Camille Bertault côté vocal.


Depuis une quinzaine d’années Daniel Zimmermann est devenu un tromboniste de référence sur la scène française. Dans le jazz bien sûr mais aussi dans d’autres genres musicaux y compris le monde de la chanson où il a fait le bonheur des orchestres de Nougaro, Lavilliers, Higelin ou Aznavour. Pas surprenant alors de le voir s’attaquer au répertoire de Gainsbourg dont il fait une relecture très personnelle avec des arrangements décalés de certains morceaux et des créations construites à partir d’éléments épars de l’œuvre du chanteur. Pour « L’homme à tête de chou in Uruguay » (Label Bleu/L’Autre Distri) la source d’inspiration est la période du Gainsbourg d’avant Gainsbarre, la plus intéressante d’un point de vue mélodique et, à la tête d’un quartet de haut vol, il emballe ça avec, parfois, l’énergie du rock et, toujours, avec la liberté créative du jazz. Suivant les moments ça groove, ça swingue ou c’est plein de tendresse mais ça sonne remarquablement bien d’un bout à l’autre d’un projet magnifiquement construit. L’un des meilleurs disques de cette fin d’année.

 

https://danielzimmermanntrombone.com/wp2016/wordpress/musique/

              

Registre bien différent pour la chanteuse Camille Bertault qui colle beaucoup plus à l’original pour le « Gainsbourg » qu’elle signe avec le Brussels Jazz Orchestra. Avec un big band de cette qualité derrière elle, elle laisse au BJO la partie la plus jazz, tant pour les arrangements (magnifiques) que pour les solos, se contentant de chanter de façon assez droite la dizaine de chansons sélectionnées  sans y apporter ce grain de folie qu’on a connu chez celle qu’on a appelée dès ses débuts “la nouvelle étoile française du jazz vocal”. Pas vraiment de scats ébouriffants ni d’improvisations vocales virtuoses comme elle en est capable mais une interprétation des textes assez classique (et parfaite), comme si elle hésitait à choisir entre le jazz et la chanson. Mais, n’en doutons pas, les amateurs du maître apprécieront ce bel hommage plein de révérence et de respect.

https://www.camillebertault.com/ 

https://www.brusselsjazzorchestra.com/gainsbourg/fr

              

Autre grand ensemble, celui de Leïla Olivesi qui, avec « Astral » (Attention Fragile/L’Autre Distribution) présente un octet réunissant la crème des musiciens de sa génération plus deux invitées de marque, la chanteuse Chloé Cailleton et la saxophoniste Géraldine Laurent. Si la franco-mauritanienne est une grande admiratrice d’Ellington, elle ne présente pas ici un remake des œuvres du Duke mais un travail aussi personnel que remarquable s’inscrivant dans une esthétique actuelle. Arrangements et compositions sont de sa plume, excepté le Scorpio de Mary Lou Williams qu’elle réinvente avec goût. Et cette plume est aussi légère et raffinée que savante. Une heure d’orchestrations brillantes et limpides qui se termine par une petite suite de deux morceaux, Missing CC, en hommage à notre ami Claude Carrière qui fut l’un des plus grands ellingtoniens de l’hexagone mais aussi un partenaire de Leïla pour les conférences qu’ils donnèrent ensemble à la Maison du Duke. La classe jusqu’au bout !

http://www.leilaolivesi.com/

              


Autre compositeur au talent immense, Eric Séva nous habitue, au fil de ses disques, à voyager avec lui dans des univers musicaux aussi différents que passionnants. Avec « Adeo » (L’Autre Distribution) le saxophoniste a ajouté à son trio habituel un quatuor classique composé de deux bois et deux cordes pour créer une musique d’une suprême élégance qu’il ne faut chercher ni à classer ni à étiqueter. De par sa formation et son expérience de musicien, Eric Séva s’est toujours intéressé à la fois aux musiques populaires et à la musique savante et c’est donc tout naturellement qu’il jongle avec les timbres, les couleurs, les instrumentations. Et si on ajoute à son talent d’écrivain de la musique une grande sensibilité artistique et une sonorité de velours sur ses différents saxophones, on obtient une œuvre qui respire la beauté, la grâce et la sérénité. Chapeau bas Monsieur Séva !

https://www.ericseva.com/

              


D’une autre nature est le disque signé par Karl Berger & Kirk Knuffke et leur quartet. Le titre, « Heart Is A Melody » (Stunt/UVM) annonce la couleur et le free jazz européen le plus débridé que fréquenta  Karl Berger n’est pas au programme. Agé aujourd’hui de 87 ans, le vibraphoniste qui a fait entrer son instrument dans l’histoire du jazz d’avant-garde rappelle d’ailleurs qu’il a toujours aimé swinguer. A ses côtés, le formidable cornettiste Kirk Knuffke, aussi concerné par la tradition que par le jazz contemporain, a un parcours atypique qui en faisait le partenaire idéal pour ce projet auquel Jay Anderson et Matt Wilson apportent leur sens rythmique sans faille. Outre des compositions personnelles, on retrouve des thèmes de Don Cherry, Steve Lacy ou Pharoah Sanders, le tout formant une belle unité qui rappellera aux plus vieux d’entre nous des ambiances musicales des années 70 où certains musiciens essayaient de s’extraire des impasses du free-jazz. Un orchestre improbable qui est une heureuse surprise.

 

http://www.karlbergermusic.com/       https://www.kirkknuffke.com/

              

Enfin, une fois n’est pas coutume, nous oublierons le jazz pour une brève conclusion en chanson. En France, peu de gens connaissent la suisso-mexicaine Carolina Katun et c’est dommage. J’ai eu la chance de l’entendre sur scène et son assurance, pour la jeune artiste qu’elle est, est étonnante. Bien sûr, sa voix cristalline est enchanteresse mais son projet musical construit avec ses musiciens autour de musiques au caractère latin est très intéressant. Laura Caronni est au violoncelle, Pierre Perchaud aux guitares, Arthur Alard à la batterie et ce trio apporte une couleur originale à l’ensemble. Avec « Ritmos de tu ser » (The Orchard), découvrez Carolina Katun et laissez-vous envouter par ses belles chansons.

https://www.carolina-katun.com/

              

Philippe Vincent



Directeur de la Société OMD (1983 - 1996) spécialisée dans la distribution de labels Jazz
(Enja, Timeless, Muse, Sunnyside, GRP, etc), créateur du label IDA Records (1984 - 1998)
qui enregistra Barney Wilen, Louis Sclavis, Laurent De Wilde, Enrico Pierannunzi
et bien d'autres, Philippe Vincent est membre de l'Académie du Jazz et collaborateur
régulier de Jazz Magazine depuis 2008.

Vu sur le Net

La Suite Wilson / Eeny Meeny Miny Mo

 

C'est un peu par hasard que j'ai découvert "Eeny Meeny Miny MO", le premier album de La Suite Wilson, un orchestre formé autour du trompettiste Michel Bonnet. Prix Sidney Bechet de l'Académie du Jazz en 1995, membre du Big Band de Claude Bolling de 1993 à 2002, il a choisi de faire revivre la musique de la "Swing Era", en particulier celle du pianiste Teddy Wilson. A ses côtés, quelques pointures du "Jazz traditionnel" comme Nicolas Montier (saxophone Ténor) ou Jacques Schneck (piano).
C'est gai, enlevé, çà swingue, bref du pur bonheur !

Il n'y a pas que le Jazz dans la vie

Brennen LEIGH / Obsessed With The West


Vous le savez, le Jazz est ma musique de coeur mais j'apprécie également d'autres genres musicaux. Blues, Folk, Classique ou Country ... (nul n'est parfait !). Grâce à Nicolas que je remercie, j'ai récemment découvert Brennen Leigh. Née dans le North Dakota et élevée dans le Minnesota, Brennen Leigh a commencé à se produire sur scène dès l'âge de 14 ans. A 19 ans, elle s'est installée à Austin (Texas), la mecque de la musique du sud où elle a fait une rencontre décisive, celle de Ray Benson. Celui-ci, aujourd'hui âgé de 71 ans est une figure emblématique de la musique du sud, il a été une source d'inspiration importante pour Brennen Leigh. Pour la découvrir, je vous propose "Obsessed With The West", son 7e album (2022).

S'il vous arrive d'avoir le moral dans les chaussettes, écoutez "In Texas With A Band" (avec Ray Benson en Guest) et vous serez immédiatemnt requinqués par ce Western Swing !

https://www.brennenleigh.net/

       

Un artiste à découvrir ou à redécouvrir

George BELLOWS (1882 - 1925)

George Bellows est un peintre Américain originaire de Colombus dans l'Ohio. Il a effectué la majeure partie de sa carrière à New York, jusqu'à son décès prématuré en 1925. Il appartenait au groupe des peintres de la "Ash Can School" (littéralement, l'école de la poubelle). Ce style, appelé également réalisme Américain, se caractérisait par des représentations de la vie quotidienne dans les grandes métropoles. Parmi ses influences, on peut citer Edward Hopper et Henri Matisse. Ses sujets favoris, les scènes urbaines, les portraits, les paysages marins et le sport.

"Tennis At Newport" - Huile sur Toile - 109,2 X 134,6 Cm (Mars 1920)

Une photo, une histoire

USA - Montana - Garnet Ghost Town - 05 septembre 2014

La ville fantôme de Garnet est un témoignage de la ruée vers l'or dans le Montana au 19e siècle. Le site se mérite car il n'est accessible que par une piste peu carrossable mais à l'arrivée, quelle émotion de parcourir ces lieux où tant d'hommes ont souffert. 

Mon dernier album photos en ligne sur Adobe Express

My Favorite Pictures


Parmi les milliers de photos que j'ai prises au fil des années, j'en ai sélectionné quelques-unes, mes préférées.

https://express.adobe.com/page/SlSWDkktyzzRu/

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USA - Chicago - Grant Park - 31 août 2006

"I don't have a definition of Jazz. You're just supposed to know it when you hear it".
Thelonious Monk

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