Disques
John PIZZARELLI / Double Exposure
 
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Décidemment, qu'est-ce que j'aime ce type ! Il ne jouit pas d'une tres grande estime dans le monde du Jazz pour la simple raison que ce n'est pas un innovateur. Et pourtant, la musique se nourrit également de ces artistes qui sont en réalité des re-créateurs qui perpétuent l'héritage.
Ce nouvel opus est tout simplement excellent. Mêler des standards du Jazz avec des morceaux issus de cette "Pop Music" qu'il affectionne n'aurait pu être qu'un habile démarche marketing. C'est en réalité une création artisitique parfaitement réussie. Il suffit d'écouter, par exemple,
"I Feel Find" / "The Sindewinder" qui unit The Beatles & Horace Silver ou "Traffic Jam" / "The Kicker" (James Taylor & Joe Henderson) pour être bluffé par autant de talent.
Les critiques que j'ai pu lire sont pour une fois excellentes. Peut-être enfin une reconnaissance tellement méritée !
"I didn't want to just cover these songs, but rather find a way to present them that was unusual and interesting'" says Pizzarelli. "I think growing up in a household that had two specific record collections became the inspiration -- my father's jazz records, my sisters' record collection and records brought around by their friends."
J'ai eu la chance de voir John Pizzarelli sur la scène du Queen Elisabeth Theatre, le 3 juillet 2010, dans le cadre du Vancouver International Jazz Festival. Ce fut une vraie leçon de Swing !
 
Fred HERSCH - Nico GORI / Da Vinci
 
Fred Hersch - Nico Gori - Da Vinci
Fred HERSCH et le clarinettiste Nico GORI se sont rencontrés en 2010 au North Sea Jazz Festival. C'est là qu'ils ont éprouvé le désir de jouer ensemble. Quelques concerts plus tard dans des petits clubs et voici ce disque, enregistré en une après-midi, à Udine. Une musique lumineuse qui saisit d'émotion dès le premier titre "Old Devil Moon" . Du beau et grand Jazz.
      
Marc COPLAND / Some More Love Songs
 
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Toujours accompagné par Drew Gress (Bass) & Jochen Rückert (Drums), Marc Copland nous prropose de "nouvelles chansons d'amour" (Some More Love Songs), après "Some Love Songs" publié en 2005. Ce disque met en valeur le touché et la sensibilité exceptionnelle de ce pianiste
de Philadelphie. Un "My Funny Valentine" de référence et une reprise de joni Mitchell (décidemment, elle devient incontournable !) "Don't Know Where I Stand" sont les deux morceaux phares de ce disque. Une fois de plus "l'art du trio" confirme qu'il est la source de bonheurs musicaux toujours renouvelés.
 
Ce n'est pas du Jazz, mais ...  
Poor Moon / Illusion
 
Poor Moon - Illusion
 
Premier album (EP - 5 titres) pour ce nouveau groupe de Seattle.
Il réunit Christian WARGO & Casey WESCOTT (Fleet Foxes) ainsi que les frères Ian & Peter MURRAY (Christmas Card). Le nom du groupe a été choisi par Christian Wargo par référence au titre éponyme d'un morceau de Canned Heat (son favori). Le disque a reçu un excellent accueil du public Américain et de la presse spécialisée. Voici ce qu'en dit le site "sensationrock.net" :
"Christian Wargo et Casey Wescott s'émancipent un instant des Fleet Foxes pour offrir un premier EP lumineux et prometteur.../... L'influence ou plutôt les gènes des Fleet Foxes restent toujours présents, c'est indéniable. "Widow" est un morceau folk typique des compos de Robin Pecknold, choeurs à l'appui. De même avec "People In Her Mind" qui lui en revanche nous ramène à une époque plus lointaine, celle du Fleet Foxes EP, uniquement vendu sous le manteau. Avec une influence plus 70's. Cette époque qui hante "Anyplace", où Crosby, Stills & Nash régnaient en maitre. Et cinq morceaux suffisent à Poor Moon pour atteindre des sommets. "Once Before" est un bijou de pop californienne. Et "Illusion",sous ses faux airs de folk norvégien, est une formidable compo ambiant, à la réverb' aérienne. Illusion EP est donc une superbe découverte, prémices d'une première longue production à paraitre dans l'année. Et on se languit déjà."
Un excellent disque ! 
Tant qu'on y est et dans la même veine, il ne faut rater sous aucun prétexte "Gentle Spirit", le superbe album de Jonathan WILSON. Ce trentenaire, originaire de Caroline du Nord, est installé à Laurel Canyon, lieu mythique s'il en est de la musique Californienne. Ce disque est évidemment plein de références à la musique des années 70 mais empreint du talent et de la personnalité de son auteur. Il se revendique d'ailleurs comme un artiste (lucide) de son époque :
"Je suis très heureux de vivre en 2011, je ne regarde pas dans le rétro en pleurnichant parce que je n’ai pas vécu Woodstock. Mais je pense que l’enregistrement numérique, MySpace et compagnie ont abîmé la création. Ça a rendu les choses faciles et le niveau moins bon. Je crois qu’il faut travailler dur pour écrire une belle chanson et la produire correctement. Je ne suis pas pour le numérique. Les types téléchargent un effet et nous bassinent avec pendant dix ans.
 
Jonathan Wilson - Gentle Spirit
          
Bad News - Doc Watson : 3 mars 1923 - 29 mai 2012
 
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Boone NC - Doc Watson assis près de sa statue
 
Doc Watson le glas ! comme l'ont écrit avec un humour morbide, donc de circonstance, les Inrocks. L'icône de la musique Folk Américaine, chantre du "Appalachian Style" et maître incontesté du "Picking" s'est éteint des suites d'une chute à l'âge de 89 ans, à l'hôpital de Winston Salem, tout près de la petite bourgade de Deep Gap où il était né et a vécu jusqu'à ses derniers jours. Il rejoint ainsi son fils Merle, lui-même guitariste de génie et décédé tragiquement en 1985.
Selon la légende, Arthel Watson participait à une émission de radio et alors que le présentateur lui faisait remarquer que son prénom était un peu désuet, un spectateur aurait alors crié "Call Him Doc". Le surnom qui fait référence au personnage de Conan Doyle lui est resté.
Devenu aveugle à l'âge de trois, il appris le banjo, puis la guitare et l'harmonica. Nourri musicalement dans le véritable creuset que représente la Caroline du Nord et dont est aussi originaire l'immense Elizabeth Cotten, il était l'emblème de cette musique authentique qui mèle Bluegrass, Folk, Country, Blues & Gospel.
2 anecdotes personnelles :
- Au milieu des années 70, alors qu'il ne s'est jamais beaucoup produit en France, j'ai eu le privilège de le voir sur scène à La Rochelle, accompagné par son fils Merle et par le bassiste Michael Coleman. Un grand moment, quelque peu surréaliste toutefois tant la présence d'un tel artiste sous le chapiteau de la fête locale du PC était tout à fait surprenante.
- Fin mai dernier, j'étais en Caroline du Nord, bien décidé à passer par Deep Gap et par la petite ville de Boone où est érigée la statue de Doc. Le 28 mai à Boone donc, lorsque j'ai demandé à un passant où elle se trouvait, celui-ci m'a renseigné non sans une émotion certaine, m'indiquant que Doc était hospitalisé dans un état critique. Les habitants, pressentant une fin proche avaient d'ailleurs commencé à fleurir la statue. Doc Watson est décédé le lendemain, 29 mai !
Nul n'est irremplaçable mais certains sont indispensables, c'était le cas de Doc
 
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  Boone - 28 mai 2012
Parmi son abondante discographie, je vous recommande "Ballads From Deep Gap" (1967), "Doc Watson On Stage" (1971) ainsi que l'album référence du Nitty Gritty Dirt Band "Will The Circle Be Unbroken" (1972).    
                                                                       
A méditer
 
"Réputé cartésien, le Français est un grand sentimental épris de justice, ennemi de l'inégalité, votant et décidant sur des principes, là ou d'autres votent sur les choses".
Alfred SAUVY
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