Disques

Meredith D'AMBROSIO / By Myself

  Meredith-D-Ambrosio---By-Mylsef.jpg

Il est des rencontres musicales que l'on n'oublie pas. C'est le cas avec Meredith D'Ambrosio que j'avais découverte en 1981, presque par hasard, à l'occasion de la sortie de son deuxième album "Another Time" sur lequel figurait une version absolument fascinante de "Someday My Prince Will Come". J'avais été vraiment séduit par cette artiste au style unique. Ensuite, je n'avais pas vraiment suivi sa carrière (il faut dire que les médias Jazz parlaient bien peu d'elle). Après un long silence de 6 ans, elle sort ce nouvel album, "By Myself", dédié aux compositions d'Arthur Schwartz. On y retrouve le ton intimiste et mélancolique propre à cette chanteuse qui s'accompagne elle-même au piano. Avec l'âge, la voix a gagné en profondeur et la magie est toujours présente. C'est vraiment du grand art, une dentelle musicale qui vous étreint d'émotion et que je ne peux manquer de rapprocher, dans un autre genre, de Joni Mitchell.

D'ailleurs, Meredith D'Ambrosio est également peintre et ses toiles respirent la même athmosphère feutrée que ses disques.

Autumn-In-New-Boston.gif

Autumn In New Boston - Watercolor 1997 

Laurent DE WILDE / Over The Clouds 

Laurent-De-Wilde---Over-The-Clouds.jpg

 Encore un disque qui mêle le passé et le présent. Ses enregistrements chez IDA Records m'avaient enthousiasmé. "Colors Of Manhhattan" en 1990, avec Eddie Henderson, Ira Coleman & Lewis Nash puis "Open Changes" en 1993 avec Coleman & Nash révélaient un talent très prometteur.

Nos chemins musicaux s'étaient ensuite séparés, au début des années 2000. A cette époque Laurent DE WILDE s'était orienté vers une muqiue électronique qui n'a jamais été ma tasse de thé !

Aujourd'hui, il revient avec un album en trio, accompagné par son complice de toujours, Ira COLEMAN à la basse et par le batteur Clarence PENN.

Ce retour aux sources est une véritable réussite. On sent le musiscien parfaitement heureux et épanoui. J'aime tout particulièrement la reprise de "Prelude To A Kiss" de Duke ELLINGTON ainsi que le délicat "Le bon médicament", interprété en solo.

Voici comment Laurent DE WILDE parle de son nouveau disque : "Le hasard de la vie et du temps qui passe ont fait que six ans se sont écoulés depuis mon dernier enregistrement en trio, mes expériences discographiques électroniques ayant pris le pas sur cette formule plus acoustique. Cette formation me manquait d'autant plus qu'il me tardait d'incorporer dans de nouvelles compositions les enseignements tirés des mes aventures sonores, d'élargir le vocabulaire traditionnel du trio, avec ses prises de risque, sa fragilité intrinsèque, son langage ancré dans une tradition qui ne cesse d'évoluer, et d'y mêler les formes, les mélodies, les matières musicales que j'ai vécues au cours de cette dernière décennie".

Concerts

Pour celles et ceux qui sont à Paris ou irons dans la capitale en mai, voici quelques concerts :

- Le 5 : Franck AMSALLEM Trio (Duc des Lombards) et Giovanni MIRABASSI (Musée de la Fédération Française de Tennis).

- Le 8 : Angelo DEBARRE Quartet (Atelier Charonne).

- Le 9 : Rick MARGITZA 4TET (Baisé Salé).

- Le 11 : Baptiste TROTIGNON Trio (Duc des Lombards) et Claude TISSENDIER Swingtime Quartet   (Jazz à Versailles).

- Le 12 : Sophie ALOUR (Jazz à Versailles).

- Le 14 : Fred HERSCH & Nico GORI (Sunside) et le Trio ROSENBERG (Jazz à Versailles).

- Le 23 : Yaron HERMANN Quartet (Jazz à Saint Germain des Prés).

- Le 24 : Laurent DE WILDE & Stephano DI BATTISTA (Jazz à Saint Germain des Prés).

- Le 26 : Monty ALEXANDER (Théâtre du Vésinet).

- LE 29 : Kurt ELLING (Jazz à Saint Germain des Prés).

- Le 31 : Kyle EASTWOOD Quintet ( Musée de la Fédération Française de Tennis).

Exposition - Louis JOOS

Du 31 mai au 16 juin, Louis JOOS expose à la Galerie Oblique - 17,rue St Paul - 75004 Paris 

"Dessiner, c’est se poser énormément de questions. Le dessin n’est, à mes yeux, pas un geste mais plutôt une mentalité".

 

Louis-Joos-Affiche-Expo.jpg

Louis JOOS est un illustrateur Belge né en 1940. Auteur de BD et de livres pour enfants, c'est avant tout un véritable amoureux du Jazz. On lui doit de nombreux dessins et recueils ainsi que des illustrations pour le magazine Jazzman et la collection de disques "BD Jazz".

Il parle ainsi de ses débuts :

"J'avais mon diplôme de dessinateur en poche et je ne savais pas dessiner. J'affichais néanmoins une curiosité certaine pour le jazz avec lequel je désirais créer mon imaginaire. Charlie Parker avait réalisé un travail considérable pour sortir de sa condition et créer son univers musical. Je voulais faire de même, dans mon domaine".

 

        Louis-Joos---Jazzman.jpgLouis-Joos---BD-Jazz.jpg

Le travail de Louis JOOS dépasse l'Art pictural, en réalité, il nous fait entendre la musique.

Les Festivals de l'été

La saison des Festivals approche. Les deux plus prestigieux festivals Français, Vienne et Marciac, ont publié leur programmation. On y retrouve tout le gratin internationnal qui effectue sa transhumance annuelle vers l'Europe. Je vous laisse le soin de consulter les sites pour avoir la liste exhaustive des concerts.

www.jazzavienne.com et www.jazzinmarciac.com

En ce qui me concerne, voici ce que je retiens, en dehors des incontournables et autres mastodontes que l'on retrouve chaque été.

A Vienne

Take 6 : Le fameux groupe vocal "A Capella" fête des 25 ans. A ne pas manquer car il se fait rare en France.

The Jazz Crusaders : Je ne pensais pas qu'on reverrait un jour ensemble, Joe Sample, Wayne Henderson & Wilton Felder. Et pourtant, ils seront à Vienne le 13 juillet. J'espère qu'ils proposeront une musique plus proche de celle des origines du groupe que des errements commerciaux des années 70.

Les Trios de Tigran Hamasyan et Avishai Cohen : Ils représentent l'avenir du Jazz.

Tigran-Hamasyan.JPG

  Tigran Hamasyan

A Marciac

Youn Sun Nah : J'aime particulièrement cette artiste fascinante à la voix exceptionnelle et au répertoire universel.

Youn-Sun-Nah.jpg

Harry Connick Jr : Un artiste mésestimé (il y est sûrement pour quelque chose) mais quand il fait vraiment du Jazz, il est excellent. A écouter, un album sorti en 2007 et passé complétement inaperçu "Chanson du Vieux Carré" dans lequel il rend hommage sa ville natale, New Orleans.

Harry-Connick-Jr.jpg

Et puis quand même, si vous ne les avez jamais vus sur scène, il y a aussi Bobby McFerrin, Chick Corea, McCoy Tyner, Kenny Barron, Pat Metheny, Eddy Louis, Bireli Lagrene, Larry Carlton, Tony Bennett ... à Vienne et Joshua Redman, Sonny Rollins, Wynton Marsalis, Stacey Kent, Kurt Elling ... à Marciac ! 

Jim.jpg

 

Souvenirs, Souvenirs !

"Regards sur les pianistes de demain", c'est le titre d'un article de François POSTIF paru dans le numéro 122 de juin 1957 de la revue Jazz Hot.

Jazz-Hot-n--122.jpg

Dans cet article, il parle d'une catégorie de pianistes qu'il appelle "les individualistes". Voici ce qu'il en dit :

"Etre individualiste représente une certaine dose d'originalité, de talent et d'audace. Le plus prometteur d'entre-eux est Randy WESTON.

Bill EVANS, vingt-huit ans, né dans le New Jersey et qui vient de signer un contrat d'exclusivité avec Riverside est la curiosité du moment .../... Je n'ai pas encore eu l'occasion d'entendre ses disques mais Riverside vient de lui consacrer un microsillon 30 cm qui a été salué d'une façon très enthousiaste par la critique Américaine. On dit que son phrasé se rattache à quantité d'autres pianistes, mais que l'influence prédominante est Lennie TRISTANO ce qui peut nous mettre l'eau à la bouche.

Ahmad JAMAL est ce jeune pianiste qui, sur un mouvement d'humeur, a disparu de la scène du Jazz. Son phrasé très élégant, sa percussion très neuve devait faire de lui un soliste très influent, directement inspiré par Erroll GARNER. Mais la formule trio à laquelle il semble très attaché est trop limitée pour son tempérament."

 

             Ahmad-Jamal---Blue-Note---New-York-2009.JPGAhmad Jam

Ahmad Jamal - Blue Note - New York 2009 

A méditer

"Accoutume-toi à penser que pour nous la mort n'est rien, puisque tout bien et tout mal résident dans la sensation, et que la mort est privation de nos sensations. Dès lors la juste prise de conscience que la mort ne nous est rien autorise à jouir du caractère mortel de la vie, non pas en lui conférant une durée infinie, mais en l'amputant du désir d'immortalité. Il s'ensuit qu'il n'y a rien d'effrayant dans le fait de vivre, pour qui est radicalement conscient qu'il n'existe rien d'effrayant non plus dans le fait de ne pas vivre.

Stupide est donc celui qui dit avoir peur de la mort non parce qu'il souffrira en mourant, mais parce qu'il souffre à l'idée qu'elle approche. Ce dont l'existence ne nous cause aucun trouble, à l'attendre fait souffrir pour rien ! Le plus effrayant des maux, la mort, ne nous est rien, disais-je, quand nous sommes, la mort n'est pas là, et quand la mort est là, c'est nous qui ne sommes pas ! Elle ne concerne donc ni les vivants ni les trépassés, étant donné que pour les uns, elle n'est point, et que les autres ne sont plus.                                                                                                                     

Epicure - Lettre à Mécénée

Retour à l'accueil