Concert

Ibrahim MAALOUF - Niort - Le Moulin du Roc - 29/04/2013

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L'esprit de Miles DAVIS plane au dessus de ce "Wind Team Tour". Dès le début du concert, Ibrahim MAALOUF s'en explique. Son 4e album "Wind", est une commande de la cinémathèque Française. Il s'agissait de créer une Bande Originale pour un film muet de René CLAIR "La proie du vent", sorti en 1927. En composant cette musique Ibrahim Maalouf a voulu rendre hommage au Miles Davis qu'il préfère, celui de "Kind Of Blue" et "d'Ascenseur pour l'Echafaud". Un pari risqué mais complètement réussi. Ce qui n'aurait pu être qu'une pâle copie est une oeuvre personnelle et très aboutie. Ceci étant, il y a parfois un monde entre un enregistrement et un concert. En l'occurence, ce spectacle a été réellement prodigieux. D'abord, Ibrahim MAALOUF se révèle être un pesonnage très attachant. Avec beaucoup de gentillesse et de naturel, il dialogue avec le public, établissant ainsi une atmosphère pleine de complicité. Ensuite, il est épaulé par des musiciens exceptionnels, le fidèle Frank Woeste au piano et trois pointures New-Yorkaises. Au Tenor, le discret, presque timide, Mark Turner, un vrai grand saxophoniste dont on dit à juste titre qu'il est l'héritier de Lennie Tristano. A la Contrebasse, Ira Coleman au jeu sobre et élégant, pétri de musicalité (à noter que sur le disque, la basse est tenue par Larry Grenadier mais on ne perd pas au change). A la Batterie, Clarence Penn, un des meilleurs Drummer du moment. Enfin, il y a la musique et quelle musique ! Ici, c'est l'émotion qui prédomine. Elle nait de la sonorité suave et sensuelle de la trompette qui nous envoute littéralement. On perçoit les multiples influences qui ont forgé le style du musicien, le Moyen-Orient bien sûr, le Jazz, Cuba, mais aussi plus fugitivement, le Quintet d'Horace Sliver. "Wind" constitue évidemment l'essentiel du spectacle, mais Ibrahim Maalouf nous gratifie également d'une pièce classique pour rendre hommage à son père qui fut l'élève de Maurice André et d'une version pleine d'émotion de "la Javanaise" de Gainsbourg.

En guise de dernier rappel, Ibrahim Maalouf s'amuse à faire chanter le public sur une berceuse composée pour sa fille.

Et puis, les spectateurs sortent de la salle, des étoiles plein les yeux !

A noter enfin l'exceptionnelle qualité d'écoute du public Niortais.

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http://www.ibrahimmaalouf.com/ 

Les Standards

Un standard est, à l’origine, un morceau de musique populaire qui a acquis une notoriété suffisante pour lui permettre d’être connu de tous les musiciens de Jazz qui en assurent alors la pérennité. On peut distinguer 3 types de standards.

En tout premier lieu, les chansons des comédies musicales de Broadway qui sont une véritable mine pour les Jazzmen. Les années 20 et 30 connurent un véritable foisonnement créateur dont les principaux compositeurs étaient :

Georges GERSHWIN (Lady Be Good, The Man I Love, I Got Rhythm, But Not For Me, Summertime, A Foggy Day …)

Irvin BERLIN (Blue Skies, How Deep Is The Ocean, Cheek To Cheek …)

Cole PORTER (Love For Sale, Night And Day, Just One Of Those Things, I’ve Got You Under My Skin …)

Jerome KERN (Ol’ Man River, Yesterdays, The Way You Look Tonight …)

Jimmy MCHUGH (I Can’t Give You Anything But Love, On The Sunny Side Of The Street …)

Hoagy CARMICHAEL (Stardust, Georgia On My Mind, The Nearness Of You …)

Richard ROGERS (The Lady Is A Tramp, My Funny Valentine, My Favorite Things …)

Harold ARLEN (Stormy Weather, Let’s Fall In Love, Over The Rainbow …)

Vernon DUKE (April In Paris, Autumn In New York, I Can Get Started …)

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En deuxième lieu, des morceaux composés par les Jazzmen, eux-mêmes, et qui ont acquis le statut de standards par la reconnaissance de leurs pairs.

Exemples : « Satin Doll » de Duke ELLINGTON ou « Round Midnight » de Thelonious MONK.

Enfin, certaines chansons, non américaines, qui sont devenues des standards en raison du succès qu’elles ont eues aux Etats-Unis.

Exemples : "Les feuilles mortes" (Autumn Leaves) de Joseph KOSMA, "Mon homme" (My Man) de Maurice YVAIN ou "Les moulins de mon coeur" (The Windmills Of Your Mind) de Michel LEGRAND.

A noter, par ailleurs, que certaines compositions des Be Boppers, écrites à partir de la structure mélodiques de standards, sont devenues elles-mêmes des standards.

Exemple : "Ornithology" de Charlie PARKER, composé à partir de "How High The Moon" de Morgan LEWIS.

L’interprétation d’un standard révèle les véritables qualités créatives d’un artiste, l’auditeur peut comparer les versions entre elles.

Il n’y a aucune obligation de fidélité dans la reprise d’un standard, la personnalisation du thème est au contraire valorisée.

La reprise n’est pas moins noble que l’original et elle peut même devenir une version de référence.

Exemple : "My Favorite Things", interprété à l’origine par Julie ANDREWS dans le film "The Sound Of Music" (La mélodie du bonheur) a été recréé par John COLTRANE qui en a fait l’un des enregistrements majeurs du Jazz moderne.

La plupart des standards sont regroupés dans un ouvrage "The Real Book", véritable bible pour les musiciens, qu’ils soient débutants ou confirmés. 

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Mon standard préféré : Lullaby Of Birdland

Il a été composé en 1952 par le pianiste Anglais George SHEARING. Le titre est un hommage à Charlie "Bird" PARKER et au "Birdland", le célèbre Club de Jazz New-Yorkais.

Aveugle de naissance, SHEARING a suivi une formation classique et découvert le Jazz en écoutant les disques de Fats WALLER. Dans les années 30, il fait une rencontre décisive avec Stéphane GRAPPELLI puis s’installe aux Etats-Unis où il poursuit définitivement sa carrière.        

A l’image de Bill EVANS, ses pairs le reconnaissent comme un improvisateur de premier plan.

A noter qu’il est également un excellent accordéoniste, le premier à avoir joué du Be Bop sur cet instrument. Georges SHEARING est décédé en 2011 à l'âge de 92 ans.

D’innombrables versions de Lullaby Of Birdand ont été enregistrées, voici mes préférées :

George SHEARING : Une des multiples versions enregistrées par le compositeur. Celle-ci date de 1952 avec Joe ROLAND au vibraphone. Une occasion de savourer le "Locked Hand Style", également appelé "Shearing Voicing", du pianiste.

Chris CONNOR : Un tempo lent pour cette magnifique version de 1954 sur laquelle la voix chaude de la chanteuse met particulièrement en valeur la mélodie.

Mel TORME : un enregistrement de 1956 avec l’orchestre de Marty PAICH, un des piliers du West Coast Jazz.

Sarah VAUGHAN : Une version assez proche de celle de Chris CONNOR avec le "Scat" en plus.

Les BLUE STARS de PARIS : Une version Française (La légende du pays des oiseaux) gravée en 1954. Les paroles ont été adaptées par Jean CONSTANTIN et les arrangements sont de Michel LEGRAND. Réunis autour de Blossom DEARIE, les Blue Stars étaient tout simplement le premier groupe vocal du Jazz moderne.

J'aurais pu également citer les version d'Ella FITZGERALD, de Stan GETZ ou de Bernard PEIFFER.

Une photo, une histoire

Nassau - Bahamas - 04/02/2005

Une tempète Homérique, une mer déchainée, un phare balayé par le vent. La Bretagne ? L'Irlande ? Non, l'entrée du port de Nassau aux Bahamas !

A méditer

Le problème avec les gens intelligents, c'est qu'ils ne sont jamais assez intelligents pour ne pas dire qu'ils sont les plus intelligents.

Boris VIAN

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