Concerts

New York - Blue Note - 23/08/2013

Roy HARGROVE Big Band With Special Guest Roberta GAMBARINI

Impossible d'imaginer un séjour à New York sans une soirée dans un club de Jazz. En été, les musiciens écument les festivals européens et la programmation des clubs de "Big Apple" n'offre pas un choix considérable. Pourtant, l'affiche du Blue Note est alléchante, le Big Band du Trompettiste Roy Hargrove avec, en invitée, la chanteuse Roberta Gambarini.

C'est toujours un régal de se retrouver au Blue Note, les ombres des plus grands Jazzmen habitent ces murs. Ce soir, Roy Hargrove et son Big Band prennent possession des lieux. Dès le premier morceau, le groove puissant du Band nous saisi. Roy Hargrove dirige de main de maître ses musiciens parmi lesquels se mettent particulièrement en évidence Saul Rubin (Guitar) et Bruce Williams (Alto Saxophone). Le répertoire oscile entre un Jazz de facture classique (September In The Rain notamment sur lequel Roy Hargrove fait scatter l'orchestre, à la Cab Calloway), le Funk et des fulgurances Latino, sur "Mambo For Roy" par exemple, composé par Chucho Valdes. Que ce soit à la trompette ou au bugle, Roy Hargrove distille des chorus fluides et inventifs, dignent de ses plus illustres prédécesseurs. Pour deux morceaux, "Everytime We Say Goodbye" et "Something Happens To Me" le Band est rejoint par la chanteuse Roberta Gambarini dont le registre fait penser à Sarah Vaughan (on aurait vraiment aimé l'entendre un peu plus). Ce Big Band n'a qu'un disque à son actif "Emergence" et se produit très rarement sur scène car comme le dit lui-même Roy Hargrove "financièrement parlant, c'est probablement la pire chose que je pouvais faire". Pour nous, en tout cas, c'est la meilleure !

Charlie PARKER Jazz Festival - New York - Harlem - 24/08/2013

Cécile MCLORIN SALVANT

Dans les news du mois dernier, je vous parlais de l'album "Woman Child" de la jeune chanteuse Cécile MCLORIN SALVANT. Hasard où nécessité, je me suis retrouvé le 24 août dernier, au coeur de Harlem dans le Marcus Garvey Park, pour assister à une après-midi du "Charlie Parker Jazz Festival". Au programme du jour justement, Cécile McLorin Salvant ! L'album m'avait séduit, le concert m'a enthousiasmé. A peine 24 ans et déja tout est parfait, la présence, le swing et la voix et quelle voix ! Une palette incroyable, du grave à l'aigu, toute en nuances et en sensibilité. L'exigeant public de Harlem ne s'y est pas trompé et l'a longuement ovationnée.

le répertoire est constitué de morceaux du récent "Woman Child". A retenir, en particulier, la Work Song "John Henry" et "You've Got To Give Me Some", le Dirty Blues de Bessie Smith avec son texte à double sens qui a fait s'exclaffer le public décidement conquis par cette artiste dont le chemin vers les étoiles est tout tracé.

Avant Cécile McLorin Salvant, nous avons pu écouter le jeune et prometteur saxophoniste alto Jaleel Shaw, au son profond et aux belles improvisations. En revanche, une réelle déception avec la "Drummer" Kim Thompson. Sa technique est irréprochable, mais c'est une "cogneuse" qui en réalité ne joue pas vraiment du Jazz.

Disques

Betty ROCHE / The Complete 1941 - 1961

La collection "Precious And Rare - The complete", consacrée aux grandes voix du Jazz et de la Soul a vu le jour en 2012 au Chant du Monde. On doit ce travail au producteur et collectionneur Gilles Petard. Elle regroupe quelques unes des plus grandes vocalistes du 20e siècle (Aretha Franklin, Nina Simone, Abbey Lincoln, Betty Carter, Carmen McRae, Sarah Vaughan ...). Elle permet également de découvrir des chanteuses bien moins connues mais pourtant excellentes. C'est le cas de Betty Roché. Elle débute sa carrière en 1939 à  l'Apollo de Harlem et connait la consécration dès 1943, avec Duke Ellington, en assurant la partie vocale de "Black, Brown And Beige". Avec le Duke, elle participe, en 1943, au film "Reveille With Beverley" dans lequel elle interprète "Take The A Train". Duke Ellington qui la considérait comme la meilleure chanteuse qu'il ait eue dans son orchestre disait d'elle "She never sounded like anybody but Betty Roche".

Ce n'est pas du Jazz, mais ...

Mickey NEWBURY - 1940 / 2002

Mickey Newbury occupe une place particulière dans les monde de la musique populaire Américaine. En effet, au de là de sa propre carrière, il aura contribué à l'émergence et à la notoriété de nombreux autres artistes. En 1969, il réussit à convaincre Roger Miller d'enregistrer la chanson "Me And Bobby McGee". Cet enregistrement sera à l'origine de la reconnaisance de son compositeur, Kris Kristofferson. Ensuite, la chanson sera reprise par de nombreux artistes (la version la plus poignante restant celle de Janis Joplin). Mickey Newbury aura aussi "lancé" deux formidables songwriters, Townes Van Zandt et Guy Clark. En ce qui concerne sa propre carrière, Mickey Newbury est surtout renommé pour "An American Trilogy", un Medley de trois chansons traditionnelles Américaines, "All My Trials", "Battle Hymn Of Republic" et "Dixieland". Il ne s'agit pas d'un simple assemblage mais d'une véritable création artistique, portée par la voix si sensible de Mickey Newbury.  Il se dégage une profonde émotion de ce titre même si les arrangements peuvent paraitre aujourd'hui quelque peu surannés. A noter que la version d'Elvis Presley, pourtant inférieure à mon goût à l'original, a connu un véritable succès médiatique. Il existe à ce jour près de 500 versions de "An American Trilogy".

Une Photo, une histoire

Harlem - 17 East 126 th Street -  12 août 1958

Dans les news 2011, je vous avais raconté l'histoire de cette photo légendaire. 55 ans plus tard, je suis passé sur les lieux. Je me suis assis quelques instants à l'endroit même où Count Basie s'était lui-même assis près des enfants du quartier. Nostalgie quand tu nous tiens ! A mon retour en France, c'est avec une grande tristesse que j'ai appris le décès, le 20 août, de la pianiste Marian McPartland, à l'âge de 95 ans. Elle figure sur la photo aux côtés de Mary Lou Williams. Je vous incite vraiment à découvrir cette artiste exceptionnelle. Plus de cinquante albums à son actif dont l'indispensable "Twilight World" et la mythique émission de radio "Marian McPartland's Piano Jazz" qu'elle anima sur NPR de 1978 à 2011. Une grande dame du Jazz nous a quitté.

Harlem - 17 East 126 th Street -  24 août 2013

Marian McPartland

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