"Jazz is not just Music. It's a way of Life, It's a way of Being, A way of Thinking". Nina Simone

Le morceau du mois

Herbie HANCOCK & Joni MITCHELL / The Man I Love

Disques

Keith JARRETT / New Vienna


"New Vienna" est le quatrième album live publié sur le label ECM pour rendre compte de l’ultime tournée européenne de Keith Jarrett en solo. Il fait suite à "Munich 2016", "Budapest Concert et "Bordeaux Concert". Il a été enregistré le 9 juillet 2016 dans la salle dorée du Musikverein à Vienne où, au siècle dernier,  Arnold Schoenberg, Alban Berg et Anton Webern ont créé des œuvres qui ont transformé le cours de la musique moderne. Le titre "New Vienna" fait référence à un précédent enregistrement, le "Vienna Concert" enregistré le 13 juillet 1991 à l'opéra d'état de Vienne. L'album est une longue improvisation en 9 parties, tour à tour enflammées ou plus calmes et mélodiques. C'est d'ailleurs dans ce dernier registre que je le préfère. "Somewhere Over The Rainbow" interprété en rappel en est la meilleure preuve. C'est du grand Keith Jarrett mais est-ce vraiment surprenant ?
Keith Jarrett qui vient de fêter ses 80 ans a été victime de deux accidents vasculaires cérébraux en 2018. Il ne peut plus jouer de piano. Sa main droite est en voie de récupération mais sa main gauche reste paralysée. Il a lui-même annoncé sa propre "mort musicale".

              

Paolo FRESU / Kind Of Miles


"Kind Of Miles" est le troisième opus de la trilogie entamée par Paolo Fresu avec "Tempo Di Chet" (2020) et poursuivie par "Tango Macondo" (2021). Il est né d'un projet théâtral qui a vu le jour dans le Teatro Stabile de Bolzano dans le nord de l'Italie. Le spectacle visait à reconstituer la vie et l'univers créatif de Miles Davis à travers la combinaison entre une narration par un acteur et la musique du groupe de Paolo Fresu. Mêlant compositions originales et classiques du répertoire de Miles Davis, ce double album est divisé en deux parties. La première, "Shadows", est consacrée à des balades acoustiques et des standards du Jazz cool sur lesquels son toucher délicat et son sens de la nuance sonore font merveille. La deuxième, "Lights", explore des sonorités électriques inspirées de la période fusion de Miles. Le résultat, une œuvre respectueuse tout en étant innovante grâce au talent de Paolo Fresu. Le trompettiste Sarde revendique l'héritage de Miles mais aussi celui de Chet Baker et il prouve une nouvelle fois qu'il est digne de ses prestigieux prédécesseurs.
"Jazz is definitely a contemporary music because it captures the present. Living in the present time means being aware of the constant and different evolutions in the music world". Paolo Fresu

              

              

Un morceau, une histoire

Sonny ROLLINS / Airegin


En 1954, Miles Davis enregistre pour le label Prestige l'Album "Bag's Groove" avec Sonny Rollins (tenor saxophone), Horace Silver (piano), Percy Heath (bass) et Kenny Clarke (drums). "Airegin" est l'un des trois morceaux composés par Sonny Rollins pour l'album (les deux autres sont "Oleo" et "Doxy"). Il témoigne de l'intérêt de "Newk" pour les racines Africaines du Jazz. A l'époque, il avait indiqué avoir été très impressionné par une photo de danseurs Nigérians, vue dans un magazine et avoir dédié le morceau à ces danseurs, "Airegin" signifiant Nigeria épelé à l'envers. Miles Davis enregistre à nouveau "Airegin" en 1956 sur l'album "Cookin' With The Miles Davis Quintet" avec cette fois John Coltrane au saxophone Ténor.

 "Davis said that Rollins hadn’t even finished the tunes when he brought them in: He rewrote them right in the studio. He would be tearing off a piece of paper and writing down a bar or a note or a chord". Miles Davis

"Airegin" a fait l'objet de nombreuses reprises, en voici quelques-unes : Art Pepper "+ Eleven" (1959), Wes Montgomery "The Incredible Jazz Guitar Of Wes Montgomery" (1960), Phil Woods "Musique du Bois" (1974), Stan Getz & Chet Baker "The Stockholm Concerts" (1983), The Manhattan Transfer "Vocalese" (1985), Brad Mehldau Trio "Where Do You Start" (2012).

              

              

              

              

La chronique de Philippe VINCENT

Régulièrement nous découvrons des musiciens qui nous étaient inconnus auparavant et c’est encore le cas ce mois-ci avec Mario Ponce-Enrile qui n’est pourtant pas un débutant. Originaire des Philippines, il est installé en France depuis une vingtaine d’années et c’est en tant que batteur qu’il s’est fait connaître dans le milieu du jazz après un séjour à Rome où Steve Grossman fut son mentor. “From This Moment On” (Jazz Family/Socadisc) est son premier disque comme chanteur et son attachement au répertoire des standards nous a fait tomber sous le charme d’un parfum un peu “vintage” tant la tradition du jazz vocal est perceptible à travers son style. Les reprises qu’il fait ne font pas partie des morceaux les plus connus mais sa nonchalance alliée à une belle rigueur rythmique nous rappellent avec bonheur certaines grandes voix masculines du jazz.

https://marioponceenrile.com/

              


Plus de vingt ans aussi que le flûtiste israélien Itai Kriss est installé à New-York où il s’est fait un nom dans le jazz (Avishai Cohen, Eric McPherson, Omer Avital) mais aussi auprès des meilleurs musiciens latinos. Je ne sais si “Daybreak” (Jojo Records/Socadisc) est son premier disque comme leader mais on sent que parmi sa culture musicale le blues et le hard bop doivent être en bonne place à côté des rythmes latins. D’ailleurs il reprend le célèbre thème d’Horace Silver No Smoking et sa composition “Drivin” transpire le même esprit, le trompettiste Benny Benack III nous gratifiant d’un superbe solo. Et avec la belle rythmique new-yorkaise qu’il a avec lui (Adam Birnbaum, Luke Sellick, Anthony Pinciotti), le pari est vraiment réussi. Sans doute dans un style plus classique que ne le fut celui de Roland Kirk, Eric Dolphy ou Jeremy Staig, Itai Kriss redonne ses lettres de noblesse à la flûte qui est souvent le parent pauvre du jazz.

https://www.itaikriss.com/
 

              

Dans un genre immédiatement identifiable, Angelo Debarre, Serge Camps et Franck Anastasio réactivent le trio qui fit la renommée du cabaret parisien “La Roue Fleurie” et ce Gypsy Guitars 2 (Label Ouest) fait donc suite à un premier volume paru en 1989 et qui lança la carrière du technicien hors pairs qu’est Angelo Debarre. Les trois compères ont gardé la même recette que sur le premier album, mélangeant un tiers de morceaux tsiganes souvent empruntés aux folklores roumain ou hongrois et deux tiers de morceaux swing. Parmi eux, d’inévitables clins d’œil à l’univers de Django Reinhardt (The Sheik of Araby), quelques originaux et Cousin Django que Claude Bolling écrivit pour la musique du film “Le Gitan”. Une occasion de se replonger dans la musique manouche que ces trois éminents spécialistes interprètent si bien.

              

Si le blues fut l’un des parents du jazz, il doit aussi assumer sa paternité vis-à-vis du rhythm’n’blues et du rock’n’roll, deux genres musicaux qui participèrent à surchauffer les ambiances des ballrooms des années 50 et 60. Alors on s’en voudrait de ne pas se faire l’écho ici de ces musiques cousines du jazz. Cecilya and the Candy Kings nous en donne l’occasion avec la parution de leur troisième album, “Parisian Mambo” (Dixiefrog/Rock & Hall), nous montrant une fois de plus que cet orchestre est l’un des meilleurs représentant actuel du genre. Guitare cinglante, saxophone rugissant et rythmique endiablée soutiennent avec force le style vocal très convainquant de Cecilya Mestres qui nous immerge dans une époque où la danse se pratiquait encore à deux jusqu’à l‘aube. Alors, remettez une pièce dans le jukebox !

https://www.cecilyamestres.com/?locale=en

              

Philippe Vincent



Directeur de la Société OMD (1983 - 1996) spécialisée dans la distribution de labels Jazz
(Enja, Timeless, Muse, Sunnyside, GRP, etc), créateur du label IDA Records (1984 - 1998)
qui enregistra Barney Wilen, Louis Sclavis, Laurent De Wilde, Enrico Pierannunzi
et bien d'autres, Philippe Vincent est membre de l'Académie du Jazz et collaborateur
régulier de Jazz Magazine depuis 2008.

Bad New

Brian Wilson (20/06/1942 - 11/06/2025)


En 1961, Brian Wilson a 19 ans. Avec ses frères Carl & Dennis, son cousin Mike Love et un ami Al Jardine, il fonde ce qui n'est alors qu'un petit groupe local, "The Beach Boys". L'année suivante, ils signent chez Capitol Records et ce sera le début d'une formidable carrière qui va les porter au firmament de la musique Californienne. Brian Wilson était le bassiste et l'un des chanteurs des Beach Boys, mais surtout le compositeur de la plupart des succès du groupe. On peut citer "I Get Around", "Wouldn't It Be Nice", "Sloop John B", "Good Vibrations", "Fun, Fun, Fun" ou encore "God Only Knows". En 1966, les Beach Boys sortent "Pet Sounds", leur onzième album. Il marque l'apogée de la carrière du groupe et il est aujourd'hui considéré comme l'un des enregistrements les plus importants de la Pop music. Dès les années soixante, Brian Wilson souffre de dépression nerveuse, il abuse des drogues et sa santé mentale se détériore au point qu'il est interné en psychiatrie. Dès lors, ses contributions au groupe deviendront épisodiques. Atteint de démence et placé sous tutelle, il s'est éteint à l'âge de 82 ans.
Un souvenir personnel, j'ai eu la chance de voir les Beach Boys en 2011 sur la scène du Grand Rex à Paris. Certes, Brian Wilson n'était pas présent mais la magie fonctionnait toujours à merveille !

"Brian had that mysterious sense of musical genius that made his songs so ashingly special. The notes he heard in his head and passed to us were simple and brilliant at the same time. I loved him and was privileged to be around his bright shining light for a little while. How we will continue without Brian Wilson, God Only Knows". Paul McCartney

https://thebeachboys.com/

              

              

Bad New

Lalo SCHIFRIN (21/06/1932 - 26/06/2025)


Le pianiste, compositeur, arrangeur et chef d'orchestre Américano-Argentin Lalo Schifrin est décédé le 26 juin à l'âge de 93 ans. Le grand public le connait surtout pour le générique qu'il avait composé pour la série télévisée "Misson Impossible". C'était un musicien prolifique puisqu'on lui doit plus de 250 compositions pour des séries comme Mannix ou Starsky & Hutch et des films (Bullitt, l'inspecteur Harry...). C'était également un Jazzman. En 1952, il s'installe en France et travaille comme pianiste pour le label d'Eddy Barclay. De retour en Argentine, il fonde son propre orchestre avec le saxophoniste Gato Barbieri. En 1960, à New-York, il devient le pianiste du Quintet de Dizzy Gillespie puis de l'orchestre de Xavier Cugat. Il œuvre ensuite comme arrangeur pour le label Verve Records et travaille avec Stan Getz, Count Basie ou encore Sarah Vaughan. Il s'installe à Hollywood en 1963 où il devient l'un des musiciens les plus recherchés par les réalisateurs. En définitive, une longue carrière au cours de laquelle il a enchainé les succès. On se souviendra également qu'il avait signé les arrangements de l'album "Dizzy Gillespie & The Double Six Of Paris" (1964). Michel Legrand considérait que c'était l'un des plus grands compositeurs de musiques de films.

              

              

Un artiste à découvrir ou à redécouvrir

Antonio DE LA GANDARA (1861 - 1917)

Fils d'un Mexicain et d'une Anglaise, Antonio De La Gandara est un peintre, graveur, lithographe et pastelliste Français né et mort à Paris. Formé à l'école nationale supérieure des beaux-arts, il expose pour la première fois au salon des artistes Français en 1882. A la fin du XIXe siècle, il jouit d'une grande notoriété et fréquente assidument le milieu artistique. Anatole France, Alphonse Daudet, Paul Verlaine, Colette, Camille Saint-Saëns ou encore Gabriel Fauré sont ses amis. Vers 1900, il est au sommet de sa gloire, et devient un artiste très recherché jusqu'aux Etats Unis et en Argentine. Spécialiste des portraits mondains, son style n'est pas sans rappeler celui de Giovanni Boldini. Antonio De La Gandara décède prématurément d'un infactus à 58 ans, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

"Portrait de Madame Salvador" - Huile sur Toile - 188 X 132 (1901)
Marseille - Palais de Longchamp

Deux photos, une histoire

USA -  North Carolina - Concord - Charlotte Motor Speedway - 27 mai 2012
Jimmy Johnson Chevrolet Impala

La Nascar (National Association For Stock Car Auto Racing) est la principale organisation qui régit les courses de Stock Car (voitures de tourisme) aux Etats-Unis où cette discipline est la plus populaire. Elle a été fondée le 21 février 1948 par l'homme d'affaires et pilote de courses Bill France. Le championnat comporte trois divisions, la Craftsman Truck Series, la Xfinity Series et la plus prestigieuse, la Nascar Cup Series. L'ovale de Charlotte, construit en 1959, est situé à Concord. La course la plus longue du championnat (600 Miles) se déroule chaque année le week-end du Memorial Day. Charlotte est considérée comme le creuset de la Nascar puisque la plupart des écuries y sont implantées. On y trouve également le Nascar Hall Of Fame, le musée consacré à l'histoire de la compétition. Parmi les pilotes qui ont fait la réputation de la Nascar, on peut citer, entre autres, Richard Petty, David Pearson, Dale Earnhardt Sr & Jr, Jeff Gordon et Jimmy Johnson, sept fois champion ! Au cinéma, la Nascar est le sujet principal de "Days Of Thunder" (Jours de tonnerre), le film de Tony Scott (1990) avec Tom Cruise, Nicole Kidman et Robert Duval dans les rôles principaux.

USA -  North Carolina - Charlotte - Nascar Hall Of Fame - 27 mai 2012

"Musicians", mon album photos en ligne sur Adobe Express

 

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France - Provence - 11 novembre 2016

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Thelonious Monk

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